A FA V ART
DIRECTION DE ROECKEL.
D*r Freyschûtz; 6 avril 1830. Haitzinger, Wolterek, Fischer, Wieser, Rœckel, Mmes Schrœder-Devrient et Fischer, Roland. Faust, Spohr; 20 avril 1830.
Le Sacrifice interrompu, Winter; 27 avril 1830. Bibiana, Pixis (Jean-Pierre ; 1er mai.
Fidelio, Beethoven; 8 mai.
Oberon, C. M. de Weber; 25 mai.
Rœckel voulut faire chanter, dans Oberon, le chœur de chas-
(1) Voyez Planches, page 217, à la fin de la dernière portée.
seurs d'Enviante ; sachant que je l'avais intercalé dans la Forêt de Sénart, il vint me demander la musique de ce morceau capital. En la lui donnant, j'oubliai de dire que j'avais séparé les deux couplets de ce chœur au moyen d'une prière affectueuse et tendre, modestement accompagnée, ombre placée en avant du second tableau, dont je préparais ainsi la brillante explosion. Je me proposais de forcer le public à demander un bis auquel il n'aurait pas songé peut-être, le chœur de Weber se doublant sur lui-même à l'instant par l'arrivée du second couplet. Quelques heures après, m'apercevant d'un oubli qui pouvait jeter le trouble dans l'exécution du chœur, je courus au théâtre pour biffer tout ce que j'avais ajouté dans la partition, et mettre ainsi chanteurs et symphonistes sur le bon chemin. Je les trouvai chantant le premier couplet. Quand il fut terminé, je voulus arrêter Rœckel, et le sérieux capel-meister me rit au nez, continuant de battre la mesure. Jugez de ma surprise, lorsque je vis la troupe harmonieuse garder le pas, et dire ma prière en allemand. Rœckel avait saisi mon idée, et, l'adoptant avec ardeur, il s'était empressé de modeler quatre vers allemands sur mes rhythmes français.
Tout ce que je faisais étant condamné, proscrit, méprisé, bafoué d'avance par une cabale jalouse, implacable, je me gardais bien de me dire l'auteur d'une intinité d'airs, de duos, de chœurs, de finales que je donnais à l'Odéon, sous des noms supposés, et qui, de plein vol, passaient au Conservatoire pour y continuer un succès dont je riais de bon cœur mais sotto voce. Au Conservatoire! entendez-vous ? Comme le chœur de Weber était chanté depuis cinq ans, et deux fois chaque année, tel qu'on le disait à l'Odéon, de sourdes rumeurs s'élevaient contre moi. J'étais accusé de plusieurs forfaits du même genre, lorsque le brave Rœckel fit sonner le chœur à'Euriante dans la représentation VOberon du 2o mai 1830.
Mon humble prière, défilant au milieu de l'œuvre éclatante de Weber sur des paroles allemandes, m'avait frappé d'étonnement. La surprise de mes opposants fut bien plus grande lorsque la version de Rœckel sembla me prendre en flagrant délit
de plagiat, de vol , d'impudente usurpation. Ce fut un hourra formidable, un crescendo public, un chorus général, j'étais un homme mort, hfa jacet, si deux mots du poète allemand n'avaient apaisé la tempête.
Rœckel emporta ce chœur d'Eurianle ainsi disposé , le fit entendre en Allemagne, où depuis lors il est adopté, chanté sur tous les théâtres. L'empereur de Russie me le fît demander par M. le comte de Tolstoy.
La Famille suisse, Weigl ; 3 juin.
Cordelia , monodrame , Kreutzer Conradin); 18 juin. MD" Schrceder-Devrient.
VEnlèrement au Sérail, Mozart; 15 juin.
La Fiancée du Brigand, Ries (Ferdinand ; 2*2 juin.