PO QE
Edouard QuÉN& la faisait connaître dans son rapport à la Société de Chirurgie de Paris. |
L’abdomino-périnéale, répondant à tous les desiderata possibles quant à l’étendue de l’exérèse, resta alors pendant longtemps, et reste même encore pour certains chirurgiens, l'opération logique, classique, et les opérations par voie basse seule perdirent peu à peu du terrain.
Mais, si l’on avait fait beaucoup pour la vie, on avait négligé la fonction. Les opérés restaient des infirmes, avec leur anus iliaque définitif qui comportait, outre l’inconvénient d’être en situation anormale, celui d’être incontinent, et cela malgré tous les artifices de technique qu’avaient pu imaginer les chirurgiens les plus ingénieux. Les appareillages les mieux conçus n’obviaient que de façon très incomplète à cette infirmité obsédante. Les opérés soigneux souffraient beaucoup moralement, et ceux qui ne l’étaient pas étaient fort désagréables pour leur entourage. Un grand nombre devaient cesser de travailler.
On s’est alors demandé s’il ne serait pas possible, avec un pronostic vital comparable à celui de l’opération mutilante, de sauvegarder la fonction.
Pendant ces dernières années, les efforts ont convergé dans ce sens, et les résultats obtenus ont été tels qu’il nous semble qu’actuellement, entre des mains expérimentées, la résection du cancer du rectum, avec rétablissement immédiat de la continuité, doit être la règle, et l’amputation, l'exception.
Le problème est d’ailleurs d'actualité. Il était à l’ordre du jour au Congrès français de Chirurgie de 1946, où d’ALLAï- NES et DE VERNEJOUL ont fait un rapport particulièrement documenté sur « La conservation de la fonction sphinctérienne dans la cure opératoire du cancer du rectum ».
De fait, les travaux qui ont comparé les résultats de l’opération conservatrice avec ceux de la mutilante montrent que, si la première est plus délicate, elle ne donne pas, entre des mains exercées et avec des indications bien posées, une
ones
plus grande mortalité immédiate ni un pourcentage plus élevé de récidives que la seconde, à condition, toutefois, que lon reste fidèle au principe de la voie mixte. Les auteurs sont presque unanimes sur ce point. Certains, cependant, restent un peu réticents. Ils ont l'impression que les récidives sont un peu plus fréquentes avec l'opération conservatrice, mais beaucoup d’entre eux la pratiquent tout de même, car ils estiment que s’il existe une différence à ce point de vue entre les deux types d’opération, elle n’est pas suffisamment évidente ou suffisamment importante pour qu’ils se croient autorisés à priver leurs malades du bénéfice fonctionnel considérable que donne la conservation.
Mais si les partisans de la méthode conservatrice sont
nombreux, les techniques proposées sont variés. Il paraît difficile de se faire une opinion sur chacune. Quel est le bon procédé ? Nous n’avons pas la prétention de trancher une. question aussi complexe, et cela pour deux raisons.
La première, c’est que notre expérience est trop limitée, et nous n’aurions pas l’audace de comparer les quelques cas que nous avons pu étudier aux grosses statistiques françaises ou surtout étrangères.
La deuxième raison, c’est que l’entraînement de l’opérateur à une technique déterminée est un facteur primordial dans la qualité des résultats obtenus. On pourrait presque dire que toutes les techniques de conservation sont bonnes, à condition que l’opérateur ait celle qu’il emploie bien en main.
Notre dessein est très modeste. Un procédé nous a tenté, c’est celui qui a été mis au point par BaBcock, chirurgien à Philadelphie, et par son compatriote BACON.
C’est le Docteur ViLraAR, de Bordeaux, qui nous l’a fait apprécier et nous l’a proposé comme sujet de ce travail. Il nous a mis en relation avec le Docteur NaRp, de Libourne, qui, avec la plus grande amabilité, nous a invité à assister à ses opérations de BABcoCK, et nous a donné ses magnifiques observations.