CHAPITRE PREMIER
Historique
S1 Krôünlein semble avoir eu le premier l’idée d'aborder le fond de l'orbite, après résection de la paroi externe, d’autres chirurgiens ont voulu, bien avant lui, intervenir dans cette cavité, sans énucléer le globe qui la ferme. L'historique de cette évolution, qui commence à Scarpa pour finir à Krôünlein, nous semble avoir quelque intérêt.
Cela fait, dans un classement tout schématique des affections de l'orbite, nous examinons les résultats qu'ont donnés dans chacune d’elles les procédés primitifsz ces cas admis, parfois mieux préférés pour les coupures à la méthode de Krônlein. Quarante-cinq à cinquante observations, les unes complètes, les autres résumées, serviront à appuyer nos conclusions et à légitimer nos préférences.
La première observation d’ablation de tumeur de l'orbite, faite sans énucléation, se trouve dans le Traité des maladies des yeux, de Scarpa.
Demarquay, dans sa thèse d’agrégation, la résume ainsi :
« Jeune homme : exophtalmie descendante. Tumeur intra-orbitaire appréciable à la paupière supérieure.
» Ablation en conservant le globe de l'œil. Guérison.
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La tumeur émanait des gaînes du nerf optique et se prolongeait entre le muscle s’élevant de la paupière et le droit supérieur ». |
Tous les auteurs qui se sont occupés de cette chirurgie rétro-bulbaire joignent, au nom de Scarpa, celui de Critchett. Avant ce dernier, Maisonneuve enleva une tumeur de l'orbite, sans énucléation préalable. Voici l’obser vation, in eælenso, qui servit de sujet de clinique au grand chirurgien.
OBSERVATION. — Tumeur de l'orbite. — Ablation sans énucléation (M. MAISONNEUVE, Gazette des Hôpitaux, 2 mars 1841).
La tumeur à enlever était une récidive, consécutive à une opération faite par Blandin.
M. Maisonneuve procède à l'opération de la manière suivante : « Une incision verticale divise la paupière supérieure dans toute sa hauteur en deux parties égales: une incision semblable divise la paupière inférieure. Les quatre lambeaux sont disséqués rapidement et écartés de manière à découvrir parfaitement toute la base de l'orbite et par conséquent le globe de l’œil et les tumeurs. L’opérateur commence par isoler la supérieure ; il y parvient facilement avec le doigt et quelques coups de ciseaux : il en fait immédiatement l’ablation. La tumeur inférieure offre plus de difficultés ; ce n’est qu'après une patiente et laborieuse dissection que le chirurgien parvient à la détacher du rebord orbitaire sur lequel elle se recourbe pour pénétrer dans la fosse canine. Cela fait, il la poursuit dans l'orbite où elle plonge à une grande profondeur. Enfin, il en atteint les limites près la fente sphénoïdale et l'extrait en l'énucléant.
» Après l’extirpation, les paupières sont rapprochées, leur solution de continuité réunie par quelques points de suture, et le tout maintenu par un pansement simple.
» Aujourd’hui, huit Jours se sont écoulés depuis l'opération; les sutures sont cicatrisées, le malade se trouve dans l’état le plus satisfaisant, l'œil est sain et la vue intacte ».
à L'auteur ne nous dit pas, malheureusement, ce que
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