De 400 à 500 piculs
S 2. — Prix de l’opium brut.
En Chine les cultivateurs d’opium vendent leur récolte à l’avance à des intermédiaires qui envoient des agents parcourir dès l’époque des semis ces régions reculées pour accaparer ainsi la future récolte ; ils consentent même souvent des avances d’argent aux cultivateurs qui sont en général indignement exploités par ces commerçants parce que ceux-ci abusent de leur ignorance et de leur éloignement de tout centre commercial. On exige d’eux pour ces prêts des intérêts mensuels de 12 et 20 °/.. Au reste on ignore à quel prix cet opium brut est payé au cultivateur : on connaît seulement les prix demandés par ces commerçants dans les villes où ils l’apportent.
Dansles villes du Yunnan le prix du kilogramme varie actuellement de 11 fr. 67 à 13 fr. 50. Mais sur un marché aussi vaste que la Chine et aussi privé des moyens de communication nécessaires au nivellement des prix, chaque région a un tarif différent.
Prix des transports. — Un facteur très impor-
tant du prix est le transport qui, dans ces vastes
(À Cet To
régions privées des communications modernes, double facilement à lui seul le prix de l’opium, et le fait varier suivant sa distance du lieu de production.
Dans plusieurs provinces le transport de l’opium se fait à dos d'hommes, les porteurs ont des charges atteignant jusqu'à 100 kilogrammes et font des étapes de 15 à 20 kilomètres par jour pour la somme de 25 à 30 centimes à la journée.
Dans d’autres provinces et en particulier au Yunpnan, le transport se fait par longues caravanes de chevaux et de muleis ou par jonques sur les rivières et les fleuves, et c’est là, quand c’est possible, le moyen de transport le plus pratique et le plus économique. La charge est en général de 90 kilogrammes seulement car les seules bêtes utilisables dans les régions montagneuses sont les poneys thibétains qui fournissent des étapes de 30 à 35 kilomètres. |
On les loue de 80 centimes à 1 franc par jour et par bête. Très souvent l’opium devra successivement utiliser ces trois modes de transport avant
d'arriver au centre commercial où il trouvera un
marché suffisant. En outre dans beaucoup de régions
il faut payer une escorte, soit parce qu'elle est réel-
lement nécessaire contre les pirates si nombreux encore, soit parce que les gouverneurs l'imposent pour en battre monnaie.
Aussi, bien que le prix de l’opium brut ne soit pas très élevé sur le lieu de la production, il sera plus que doublé lorsqu'il arrivera aux marchés de lacôte.
Au Yunaan l’opium brut vaudrait 200 taels le picul, ce qui fait un peu moins de 12 francs le kilo gramme (le tael étant de 3 fr. 50 et le picul de 60 kilogrammes), et encore ce prix est celui payé aux marchands en gros car le prix que ceux-cipaient aux cultivateurs est certainement très inférieur encore.
Pour donner une idée de ces frais qui viennent s’ajouter en route à l’opium, nous allons prendre comme exemple une tonne d’opium brut allant de Yunnan-Fou (ville importante du Yunnan) à Saïgon, car c’est le chemin suivi par la plus grande partie de l'opium du Yunnan, un des principaux
centres de la production chinoise.
Prix d’achat de la tonne (1.000 kilog.) au Vunnan Re HN SR SERRES MEN. MR ONE Emballage des boules et emballage extérieur
pesant à eux seuls 200 kilogrammes. RE 50
PIMTBREN TE
Report . .
Transport des 1.200 kilogrammes de Yunnan- Fou à Laokay (Tonkin), par caravanes et
routes fluviales.
Droits des likins (à l’intérieur) .
Droits de douanes (frontières) . . . .
Perte escomptée à 2 °/,
Prix de transport de Laokay à Saïgon.
Il faut ajouter les commissions à payer aux intermédiaires et enfin le bénéfice du commerçant, ce qui donne finalement comme
prix de la tonne rendue à Saïgon .