‹ L'ordonnance du medecin comedie vaudeville en un acteChapitre 3 sur 37 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE DOCTEUR

Ah ! que c’est différent, Lisette, que c’est différent •' ta maîtresse se portant à merveille, j’espère la sauver. ' ,

LISETTE, révoltée.

Comment! .. Madame n’est pas malade?... Quand en ce moment encore, couchée sur une chaise longue, là dans sa chambre, accablée, pâle. . . „ .

LE DOCTEUR. I-. ,

D’accord ; mais ici nous entrons dans un autre ordre d’expérimentation. il s’agit d’étudier le sujet... moralement...

LISETTE

Moralement? '•

LE DOCTEUn.

Ah! c’est un superbe état que celui de médecin de l’âme... un état que j’ai inventé... et quelle différence avec l’autre!

Air : Du baiser.

■ ' ' En SC faisant l'ilippocrate de l’ame

Des envieux on brave les efforts; •>.

On rit, surtout, de l’épigraininie

Que cliacnn lance au médecin du corps,

Et l'on n’a plus à redouter les morts.

De son côté, l'âme pour ses souffrances Nous mande avec sécurité,

Et peut sans peur suivre nas ordonnances.

Grâce à son immortalité.

,. I, l.’âme, sans peur, subit nos ordonnances,

Grâce à son immortalité.

LISETTE

-1 Nous ne demandons que cela, pardi! une ordonnance...

■n.P . , I.E DOCTEUR.

Je l’attends...

LISETTE. '• '

Comment?

• LE DOCTEUR

Elle doit venir à cheval.

LISETTE

L’ordonnance?

LE DOCTEUR

Lisette , préte-moi toute ton attention...

, , , LISETTE

J’ouvre mes oreilles...

LE DOCTEUR. , . ' '

Et retiens ta langue-., si tu peux..^ Lorsque Mlle ^raphine de

Digilized by Coogle

4 L’ORDONNANCE DU MÉDECIN

BePttlioo , épousa M- le marquis de Thian{50sfcf|Iô,'aV^lt âÜ^'/jui, quptQrae PC Comrneia le penses, on les sépara dès'que'ïà fût terminée. La nouvelle mariée rentra au couvent, 'el sbii mati partit avec son précepteur pour faire sa première campagne... J’étais déjà le médecin de la famille... Huit ans après, on réuriltMe nouveau les deux époux dans ce château.

•un

Et, celte lois... ' '• ‘ **’

LE DOCTEUR

Tu es dans l’erreur..*» Ja marquise, effrayée niaisement* des suites du mariage, s’enferma à double, tour, et le marquis dépité partit pour yers^illes, abandonna sa femme, renonçant à la présenter à la cour pii il reprit sa vie de bonnes fortunes... En s’éloignant il m’a confié madame de Thianges... J’ai la garde de son honneur... et du tien par-dessus le marché.

LISETTE. • I

Tudieu! monsieur le docteur, croyez-vous donc que les femmes ne savent pas se garder elles-mêmes? ■

' , LE DOCTEUR

Elles le savent, Lisette, mais elles l’oublient quelquefois... <

, LISETTE

Enfin? . , • . '

,.;,n 'i! -1 • LE DOCTEUR.

■ Enfin !i.*. depuis six mois madame la marquise languit..;

•I.1SETTE. ’ ‘ ,

' Parce que ? -. 1 *

LE DOCTEUR

Parce que... dame!... parce que... une femme sans son mari est comme une fleur sans... soleil... ça dépérit... im .I

LISETTE

.Je comprends... ce qu’il nous faudrait... c’est... le soleil? . ,

' ' LE DOCTEUR

Lisette, tu es pleine d'intelligence.

LISETTE

Eli ! bien, que monsieur le marquis revienne, pardi 1

LE DOCTEUR

Le soleil légitime ?... ne l’espère pas, j’ai fait vingt tentatives inutiles auprès de lui... il est piqué au jeu... dp son-coté, madame la marquise refuse de lui ^rmo'^ar orgueil...

LE DOCi-EUR'.’' ' ' t j,,','

Alors? voilà où mon génie éclate dans toute sa splendeur !

LISETTE. :ju« -j! .

Vraimen 1 1

Page 1