‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 27 sur 129 · Baybaod : Op. cit., 11, p · texte numérisé non relu

Baybaod : Op. cit., 11, p

Sainte-Luce, en face de l'Hôtel prieural et fut enseveli dans la chapelle Saint-Jean. Il était fils de Jean de Vassadel, seigneur de Vaqueyras, au diocèse de Carpentras, et de Madeleine de Thésan. Il était présent au chapitre de 1607 et offrit 1500 livres pour la réfection des galères de TOrdre. Il était commandeur de Peyriès et Pézenas lorsqu'il fut nommé grand commandeur en février 1610. « Peu de temps après sa promotion il fut fait général des galères. Il avait servi pendant longtemps sur mer et s'était acquis une grande expérience dans la marine >. Le 22 juin 16 13 il fut nommé receveur général de l'Ordre en France, et enfin le 20 janvier 1619, Grand-Prieur de Toulouse (i).

Quatre ans plus tard, on ensevelissait dans la chapelle Saint-Jean, Gaspard de Barras-la-Pênne, commandeur de Salliers. Sur son tombeau se lisait cette inscriptiion :

HIC JACET SPECTABILIS EQUES SANCTI JOAN. HIEROS. GASPARD DE BARRAS QUI TRIENNALI TOTIUS TRIBUNATUS iERARII, ET DECENNALI PRIORATUS SANCTI iïGIDII REDI- TUUM EXIGENDORUM FUNCTIONIBUS IMPLEnS, SALEGUQyB PRiCCEPTORIA XIX ANN. INTEGRE GESTA BONORUM AUENA- TIONIBUS REVOCATIS, i«DIBUSQ.UE RENOVATIS, DEMUM SPA- TIO LVII IN SACRA MILITIA LAUDABIUS EMENSO ANIMUM CCELO REDOroiT ANNO ^«TAT. LXXIX, CHRIST! MDCXXm, XVlî KALEND. KOVEMBRIS.

Le chevalier de Gaillard (2) qui nous a laissé cette épitaphe la fait suivre des réflexions suivantes :

« Que Ton se fie aux inscriptions funèbres I Cet

t. Ratbaud : O/. «:/., n, pp. 176-181.

». BiUioth. Moûcîp. d'Arles. Ms. u* : Abbé Laiu«nt Boiiseaaiit : Mj^met: Jjmtifuitrst du» la pnaùire Uttre du dMvalier d« G«£lljud4

honnête homme détruisit entièrement les bois de Saliers où il fit frauduleusement une couppe immense qu'on évalue à la somme de 300.000 livres dont il ne donna qu'une indemnité modique à son Ordre. Et ce n'est pas le seul reproche auquel il ait donné lieu. Sa conduite fut très déréglée et fort scandaleuse. 11 eut des enfants qu'il établit aux dépens de la Religion et dont la postérité existe encore à Arles >(i).

Les immenses richesses du Commandeur de Saliers expliquent peut-être ses désordres, sans les excuser. Elles lui permirent en tout cas de tenir un rang princier et de recevoir dans ses maisons, et à ses dépens, les plus grands du royaume. Il laissa plus de 40.000 livres de dépouilles que l'Ordre retira à sa mort.

Les guerres de religion continuaient. Une seconde fois, en 1622, le couvent et l'église prieurale de Saint-Gilles furent abattus par les Calvinistes. Depuis lors les Grands-Prieurs qui ne restèrent pas à Malte vinrent habiter la maison Saint-Jean d'Arles. Ainsi le décret de 161 5 avait son accomplissement. Le Grand-Prieuré, tel est désormais le nom que prendra l'Hôtel de l'Ordre de Malte. Les chevaliers s'y réuniront périodiquement jusqu'à la Révolution, sous la présidence du Grand-Prieur, ou, à son défaut, de son lieutenant ou du religieux le plus ancien. Us y tiendront en mai le chapitre provincial auquel tous les commandeurs dépendant du prieuré étaient obligés d'assister, à moins de raison légitime, et dans lequel on s'occupait des intérêts

I. Le Commandeur de Saliers eut deux garçons et cinq filles des rela^ tions coupables qu'il entretint avec la demoiselle Catherine de Farget. Abbé L. Bomxbmaivt : Nobiliaire de la ville et Arles, Ms. JI99 au mot Barras*

spirituels et matériels des membres de l'Ordre dans le Midi ; on y recevait aussi communication des avis du Grand-Maître. Il y aura pareillement rassemblée de novembre et une ou plusieurs réunions extraordinaires annuelles pour la nomination des commissaires chargés de préparer les preuves de noblesse des nouveaux aspirants chevaliers car l'admission dans TOrdre a toujours été un privilège réservé à la noblesse. Avant le xvr siècle les preuves des qualités requises se faisaient par enquête ou notoriété. Après rétablissement à Malte, les preuves par titres ont été exigées. Elles étaient de huit quartiers dont quatre du côté paternel et quatre du côté maternel, ce qui portait la preuve généralement au-delà de cent ans, mais on pouvait obtenir des dispenses pour la noblesse de quelques aïeules, ou pour la mère du présenté en sollicitant du pape cette faveur qui devait être agréée par le Grand-Maître. Pour faire ces preuves deux chevaliers délégués se transportaient sur les lieux de naissance et de domicile du récipiendaire et procédaient à une enquête publique et à une contre-enquête secrète (i) auprès de huit gentilshommes du pays sur là noblesse de sa famille : ils examinaient ensuite les documents originaux que le candidat présentait et dressaient un procès-verbal avec leurs conclusions soumises d'abord à l'agrément du Chapitre et ensuite à celui du Grand- Maître. Dans aucun cas on ne pouvait admettre des

I. Le manuscrit 330 de la Biblioth. mnnicip. d'Arles, iotitalé : « Mé* moires politiqaes composés par Cliarles de Barras la Penne, citoïen de la ville d'Arles >, contient à la page ^7, les preuves de noblesse du chevalier Charles de Barras la Penne, et à la page 9^, les preaves secrttes du même, faites pour son admission dans l'ordre en 1636. Quelques autres preuves se trouvent aux archives du département des Bonches-du-Rhône, à Marseille, dans le fonds de Tordre de Malte.

candidats dont les ascendants auraient été néophytes juifs, païens ou musulmans. Une expédition de ce rapport restait dans les archives du Grand-Prieuré et une seconde était envoyée à Malte (I).

Le premier Chapitre tenu après la mort de Lussan fut celui du i" mai 1622. Il fut présidé par Gaspard de Barras-la-Penne, commandeur de Saliers et de Montfrin, comme religieux plus ancien. Il avait autour de lui huit commandeurs, douze chevaliers et un servant d'armes. C'était Antoine de Paule qui était Grand-Prieur, mais il résidait à Malte.

Jean-Jacques de Mauléon la Bastide, commandeur d'Espalion et de Saint-Christol, présida, comme plus ancien, les réunions suivantes : celle du 8 mai 1623 où furent présents neuf commandeurs, treize chevaliers, un servant d'armes ; celles des 10 et 19 juin, i et 6 juillet de la même année. A la première de ces deux dernières assemblées assistèrent douze chevaliers.

Balthazar-Vincent d'Agout-Moriès, d'une famille provençale, obtint la charge de Grand-Prieur le II mars 1623, à la place d'Antoine de Paule nommé Grand-Maître ; il ne la garda pas longtemps, il résigna au bout de quelques mois et vint habiter le château de Saint-Jurs dans les Alpes. Il mourut peu de temps après, le 8 juillet 1625 (2).

Les assemblées des 28 juillet et 3 novembre 1624 avaient été présidées par Honoré de Quiqueran de

I. Ratbaud : Op. ciLy ii, pp. 187, 189. — Louis de la Roque : Cata^ logue des chevaliers de Maltty pp. viii et ix. — Le Comte £. F. de Gras« set : E%sai sur le Grand-Prieuré de Saini-Cilles, p. 9,

a. Raybaud : O/. cit., 11, pp. 194-195.

Beaujeu, commandeur de Durbans et de Condat, comme plus ancien. Celles du commencement de Tannée suivante furent tenues par Jean-Pierre de Ruynat, commandeur de Valence, savoir celles des 4 janvier, 6 mai et 9 septembre 1624, quant à celles de la fin de Tannée, c'est-à-dire celles des 8 novembre, 12 et 30 décembre, et même celle du 14 janvier 1625, elles furent présidées de nouveau par Quiqueran de Beaujeu. Le Chapitre suivant réuni le 4 mai 1625 fut tenu par Claude de Gérente la Bruyère, commandeur d'Avignon. Il était fils de Jean-Baptiste et de Suzanne de Gérente, dame de Cabane. Il fut élu grand commandeur (i) le 4 septembre 163 1 et mourut au mois d'août 1636 (2).

François de Boniface la Molle qui fut commandeur de Puimoisson de 1616 à 1636, présida la réunion extraordinaire du 31 juillet 1625 dans laquelle Jacques de Glandevès-Cuges, commandeur de Saint- Félix, fut nommé lieutenant par suite du décès du Grand-Prieur (3). Claude de Gérente tint Tassemblée du 3 novembre suivant et Honoré de Quiqueran-Beaujeu, celle du 7 janvier 1626.

Les archives ont toujours été Tobjet de préoccupations dans Tordre de Malte. Au Chapitre du 3 mai 1626, présidé par Claude de Gérente, on chargea le chevalier Paul-Antoine de Robin-Graveson {4)

t. Le grand commandeur était an dignitaire important. Il prenait rang après le Grand-Prieur. Il était chargé de Tauberge de la Lang^ue de Provence, à Malte, c'est-à-dire de l'entretien, à ses frais, des chevaliers da Midi de passage dans l'Ile. Il avait le plas de chance d*étre nommé Grand-Prieur.

a. Raybauo : Oj>, cit., ii, pp. 199 et 303.

3. Jacques était âls de François de Glandevès et de Diane de Forbin. Il avait été reça le 2» décembre 1593. Il fut aussi commandeur de la Selve et de Montpellier. Barom du Roukb : O/. «7., pp. 970-97X.

4. Paul'Ântoine était fils d'autre Paul- Antoine et de Françoise de

de les classer, conîmanderie par commanderie et de les mettre en ordre. Il fut aidé par un employé auxiliaire auquel le Grand-Prieur donna dix écus, chaque commandeur deux et les prêtres et servants d'armes possédant commanderie, chacun, un écu. A ce Chapitre furent présents vingt-deux chevaliers et deux servants d'armes (i).

Romiea. Après aToir été commandenr de Sainte-Eulalie il devint Grand- Priear de Toulouse le 9 septembre- x666. Il mourut à Malte où l'on voit son tombeau, le xo mars 1674, âgé de 87 ans. Voir aux Pièces Jmstifica' tives son épitaphe. Ra.tbaud : Op, cit., ix, pp. 937-930.

X. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chapitres et assemblées, (i6aa à i6jj). Vol. XIX.

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