‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 44 sur 129 · X. Ratbaud : Op, cit., n, pp. a37-aj · texte numérisé non relu

X. Ratbaud : Op, cit., n, pp. a37-aj

a. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Chap, et Ass, (1735-17)0).

Vol. XYXII.

3. J.-Didier. Vbkam : Annales de la ville ^ Arles. Musée, rerae arlésienne, 1877, p. 104.

senter en personne pour demander à être reçu chevalier, obligé qu'il était d'aller rejoindre son régiment en Corse. Des commissaires lui furent donnés pour rechercher les preuves de sa noblesse, sauf du côté maternel dont il avait été dispensé, et il fut admis à la session du 9 novembre suivant. Il devint plus tard sous-gouverneur du duc de Bourgogne et ensuite du comte de Provence (Louis XVIII). Il mourut à Malte (i).

Cette assemblée fut tenue, ainsi que celles des i*^' mai et 7 novembre 1740 par le même Charles d'Aiguières.

L'année suivante fut marquée par un double deuil. Le 12 février 1741 mourut à Arles, dans la maison de sa commanderie de Saliers, Ignace- Louis-Félix de Grimaldy, fils d'Honoré et de Louise- Marie de Trinquières, de Nice. Il fut inhumé dans la chapelle Saint-Jean. Le curé Simon, de Saint- Julien, paroisse du Grand-Prieuré, ne fut point appelé aux obsèques, comme il le note soigneusement dans l'acte de décès qu'il crut devoir dresser dans ses registres, preuve que l'ancienne querelle de juridiction n'était point terminée.

Peu de jours après, le 29 avril, le bailli de Manosque François-Louis de Varadier de Saînt-Andiol expirait à 72 ans, après avoir reçu les sacrements, sur la paroisse Sainte- Anne où il demeurait. Le lendemain il fut enseveli dans la chapelle du Grand-Prieuré (2).

Le Grand-Prieur de Toulouse, Charles d'Aiguiè-

I, Arch. des B.-du-R.— Ordre de Malte. — Chap, et Ass, (1725-1750). Vol. XYIIl. — BA.RON DU RouRB : O/. cit,^ p. 838.

3. Arch. mnnicip. d'Arles. — GG. Sainte-Anne : Naissancts, mariages^ décès (1733 à 1740). •— Saint-Julien : Id, (1733 à 1745).

— lao —

resFrignan, avait dirigé le Chapitre ouvert le 7 mai et l'Assemblée d'automne, 6 novembre 1741. Au Chapitre suivant qui commença le 6 mai 1742, toujours présidé par le même personnage, on lut une lettre du Grand-Maître, datée de Malte et du 20 décembre précédent, relative au jansénisme qui avait fait des adeptes parmi les Religieux hospitaliers. Elle disait notamment que des prêtres desservants des églises de l'Ordre avaient fait appel de la bulle Unigenitus au futur concile. Il était enjoint aux délinquants de rétracter leur appel et d'accepter la bulle purement et simplement, sinon on nommerait à leur place « des prestres d'une bonne et saine doctrine > d'autant plus facilement que rOrdre s'était toujours distingué par sa parfaite soumission au Saint Siège. La session se clôtura par deux professions : la première fut celle de Pierre Richieud, prêtre de Riez, nommé « collégiat > de Saint-Gilles. Elle fut reçue le 8 mai, dans la chapelle prieurale par Pierre Gleize, curé de Mirabel et recteur de Châteauneuf de Mazenc. La seconde profession fut celle de Pierre Favier, curé de Sainte-Eulalie. Elle eut lieu, le lendemain, entre les mains de François Eyssautier, prêtre (i).

Peu de jours après, le 18 mai 1742, un prêtre de l'Ordre, Jean Augarde, mourait au Grand-Prieuré et y était enseveli mais sans l'assistance de l'abbé Simon, curé de Saint-Julien, son propre pasteur. Il était fils de Jacques et de Françoise Cannât et avait été baptisé à Sainte-Anne, le 21 août 1672 (2),

I. Arch. des B.-dn-R.— Ordre de Malte. — Chap. et Ass. (172^17^0). Vol. xvxn.

a. Arch. manicip. d'Arles. ^ Ordre de Malte. — GG. Saint-Jalien : Naissances, mariages, décès (1732-1745). —Arch. des B.-da-Rh. — Ordre de Malte. — Dossier n* 5x5.

— laf —

L'année suivante, le 24 mars, c'était le Grand-Prieur de Toulouse, Charles d'Aiguières, qui rendait son âme à Dieu. Il était fils de Gabriel, seigneur de Frignan, et d'Anne de Chiavari. Il était né sur la paroisse Saint-Anne le 29 janvier 165 1. Il fut reçu chevalier de Malte le 10 janvier 1664, page du Grand-Maître le 29 avril 1662. Il servit pareillement le roi de France en qualité de capitaine. Il quitta l'armée en 1680 pour se retirer dans sa ville natale où les honneurs vinrent le trouver. Ainsi le 17 mars 1733 il fut nommé grand-commandeur. II possédait déjà la commanderie de Bordères. Il fut pourvu du Grand-Prieuré de Toulouse le 3 juin 1733. L'Ordre lui dut et lui témoigna beaucoup de reconnaissance, car il avait beaucoup fait pour améliorer son Grand-Prieuré. Un seul rapport indique qu'il y avait dépensé 80.000 livres. L'église Saint-Jean de Toulouse fut surtout l'objet de ses soins. Une lettre particulière dit de lui : « Il n'y a que Dieu qui puisse reconnaître de tels bienfaits >. A sa mort il laissa plus de 100.000 livres à l'Ordre ; il légua néanmoins une petite somme au fils de sa sœur Thérèse, le sieur Etienne de Giraud, souslieutenant au régiment des gardes françaises, en vue de son avancement. Charles d'Aiguières fut enseveli dans la chapelle Saint-Jean. Il fut le dernier représentant de son nom en Provence (i).

Au printemps de 1743, la visite de l'Hôtel prieural fut faite par Joseph de Raymond d'Eoulx, commandeur de Thorenc (2), assisté de Joseph-François

I. R^TBAUD : Op, cit., II, pp. 3^6-360. — AscH. MUN. d'arlbs. — Fonds non classé de T Ordre de Malte, — Barov du Rouu : Op, cit., p. 1056.

3. Joseph était fils de Raymond d'Eoalz et d'Elisabeth de Pontevès de Bargèmes. II fat baptisé à Eoulx (Basses-Alpes) le 93 mars 166 x. Dossier n* 35a.

Raybatid, prêtre conventuel, commandeur d'Espînas. Leur rapport donne de curieux détails. La chapelle de style ogival est à une seule nef ; à la clef de voûte sont les armes de TOrdre de Malte et du commandeur Cossa ; elle mesure à peu près huit mètres de long sur cinq de large. Elle est éclairée par trois fenêtres prenant du jour dans la rue publique et est tapissée de toile peinte. La tombe commune est au centre de la chapelle, celle de Melchior Cossa avec son épitaphe, du côté de l'évangile, en face de la porte d'entrée, sous un arceau, contre la muraille. Au-devant de ce mausolée est une table de marbre qui couvre la sépulture de Gaspard de Barras.

Le sanctuaire, séparé de la nef par une grande grille en fer, contient un autel avec son tabernacle doré, surmonté d'un crucifix en bois noir et de quatre chandeliers en laiton, paré d'un devant d'autel en cuir doré ; contre la muraille est un rétable représentant la Sainte-Vierge aux pieds de laquelle sont plusieurs personnes à genoux parmi lesquelles Melchior Cossa. Quatre colonnes de marbre noir d'ordre corinthien ornent et embellissent ce tableau, au haut duquel on lit en grosses lettres : Opus F. Melchioris Cossa. En outre, quatre tableaux décorent la chapelle : le Baptême de Jésns-Christ^ saint Thomas^ apôtre^ le Sauveur du Monde et la Décollation de saint Jean-Baptiste. On pénètre dans la nef par deux portes s'ouvrant ] une dans la rue publique et l'autre dans la maison prieurale. Audessus de cette dernière porte est la tribune, et au dehors un petit clocher.

A la sacristie les visiteurs trouvent : trois missels dont un propre à Arles, une fontaine et un bénitier en cuivre ; un calice en vermeil ; un osten-

soir ; un encensoir aux armes du Grand-Prieur de Forbin (i) ; une croix processionnale ; une lampe d'argent ; un petit ciboire de même métal ; une crémière pour les saintes huiles ; deux petits reliquaires d'argent sur l'un desquels on lit : Saint-Gérard ; plusieurs petits coflfrets cachetés renfermant des reliques ; plusieurs chasubles dont quelques-unes aux armes des commandeurs ; des aubes, des fanaux, des chandeliers en fer pour les morts ; un missel gothique, etc.

La maison prieurale a deux portes d'entrée. Sur la porte principale sont les armes de l'Ordre de Malte, celles du Grand-Prieur de Beaujeu ornent les côtés, l'autre porte conduit aux bas offices : cuisine, buanderie, cellier, bûcher ; c'est celle qui est à Touest. Les caves de l'Hôtel étaient tellement humides qu'on ne pouvait s'en servir. Sur la porte qui du vestibule de la maison conduit à la chapelle il y a les armes du Grand-Prieur François de Morges-Ventavon. Dans la cour ou ciel ouvert on voit contre les murs les armes de plusieurs Grands- Prieurs, de là on pénètre dans la salle capitulaire et le salon remarquables par leur ornementation. Au premier palier du grand escalier se trouvent les armes de l'Ordre et celles du Grand-Prieur de Beaujeu avec le millésime 1643. « L'archivaire >, Raybaud, loge au premier étage à droite. Sur une porte s'ouvrant sur le corridor du premier étage, il y a un ornement en plâtre représentant le buste du bienheureux Gérard (2). Au premier étage tou-

X. D'or an chevron d'azur, accompagné de 3 têtes de léopard de sable.

a. Le chevalier Chrysostome de Gaillard dit lui qne ce buste était en terre cuite et qu'il a servi de modèle à celui en argent que le bailli de Manosque, Jean- Jacques d'Esparbès-Lussan, commanda à Puget. Pendant la tourmente révolutionnaire le bnste, réquisitionné, fut jeté au

jours et dans une chambre donnant sur la porte ancienne de Sain-Jean, se trouvent les vieilles archives ainsi que le coffre-fort de la recette de l'Ordre. Les archives modernes sont sur la voûte de la chapelle.

Les écuries et remises du Grand-Prieuré sont à l'ouest de la porte Saint- Jean. Au milieu se trouvait anciennement un jardin converti depuis en cour. Sur la porte d'jentrée on voit les armes du Grand-Prieur d'Urre Venterol. La maison Delhoste, lieutenant général au siège, joint à l'ouest ces dépendances.

Le mobilier comprend, entre autres choses, une tapisserie de haute lisse représentant la Vie du prophète Elie ; une tapisserie ou tenture de haute lisse d'Auvergne figurant V Histoire d'Abraham ; deux portières aux armes du Grand-Prieur de Chabrillan (i) ; une tapisserie en cuir en grisaille, à la bordure dorée, donnée par un Grand-Prieur ; un tableau très grand représentant des fruits ; un autre, la Conversion de saint Paul ; cinq autres, le Siège de Malte ; six autres, le Grand-Maître Hugues de LouhenS'Verdale^ les Granas-Pr leurs de Lussan^ de Saint'Auhiny de Venteroly de Beaufeu (2) et de

creaset. Une supercherie louable parvint toatefois à sauver la tète. Aajoard'hui on peut encore admirer l'œavre dn grand artiste ; elle est conservée k l'hôtel-de-ville dans la saUe dn conseil. On a en la malheureuse idée de la couvrir d'une ignoble couche de peinture. L'abbé âmdrivu : Les reliques de saint Gérard Tenque, à Manosque, Digne, 1885.

I. D'azuf à une tour crénelée de cinq pièces, sommée de trois donjons, chacun crénelé de trois pièces, le tout d'argent maçonné de sable, à la patte d'ours d'or mouvant dn quartier gauche de la pointe, touchant à la porte.

a. Le tableau représentant le Grand-Prieur de Beanjeu se voit encore au Musée Réattu d'Arles. Le collectionneur arlésien, Louis Mège, l'avait acquis en 1857 des héritiers Barras apparentés avec les Quiqueran de Beaujeu. En 1873 cette toile se trouvait an château de la Jansonne,

Forbin ; un, la Nativité de N.-D.^ un dernier, le Siègig de Lépante (i).

Les réunions des 5 mai, 4 novembre 1743, 3 mai, 9 novembre 1744 furent présidées par le bailli André de Grille, commandeur de Golfech. Le Grand- Prieur Vincent-Sauveur de Gaillard mourut à Aix, le 23 janvier 1745. Ses petits-neveux Dominique et Chrysostome de Gaillard lui firent élever un cénotaphe dans réglise Saint-Jean de Malte. Nous reproduisons, dixxis. Pièces justificatives, l'inscription qui le décore. Il fut remplacé par Octave de Galéan, nommé le 17 mars 1745. Il était fils d'André de Galéan, citoyen de Nice, et de Suzanne de Grimaldy. Il naquit à Nice et y fut baptisé le 28 avril 1663. Il fut reçu chevalier le 15 décembre 1675. ^ ^^^^t commandeur de la Selve quand il fut nommé grandcommandeur le 15 avril 1743. Comme il se trouvait à Malte où il devait d'ailleurs mourir, il donna ordre à Jean-Baptiste de Thaon de Revel (2) de prendre en son nom possession du Grand-Prieuré. Ce

6& Cran. Le Grand-Priear est représenté debout en habit de religieux avec le grand cordon de l'Ordre de Malte, ouvrage compliqué de passementerie noire et blanche qui supporte des attributs très divers : instruments de la passion, médaillons, petits paniers qui rappelaient le devoir de quêter pour les pauvres, etc.

. I. Arch. municip. d'Arles. -^FonJs Pibkeb VisAV : Visites de V Ordre de Malte.

a. Le bailli Jean-Baptiste de Thaon de Revel naquit à Nice le 16 juillet 1708 de Gaspard, capitaine au régiment de cette ville, et de Gertrude de Provana. Après un long séjour à Malte il fut nommé procureur général et receveur de l'Ordre à Marseille. Eu 177a il obtint la commanderie d'Arcins près de Bordeaux qui rapportait environ 6^00 livres. Il mourut à Marseille le 17 janvier 1784, dans de grands sentiments de piété et de religion. Il était membre de l'Académie de peinture de Marseille depuia 1748. C'était un homme de bien et de vertu. Il possédait une bibliothèque importante et il était grand amateur de peinture. Un de ses amis lai fit dresser un monument funèbre dans l'église de Malte. On peut voir aux Pièces justificatives Tinscription qui le décorait* E. Pbrrier : Les bibliophiles et les collectionneurs proveuf aux (Marseille) pp. 503-507.

fut pendant la tenue du Chapitre, le 5 mai 1745 qu'eut lieu cette installation. Le représentant du Grand-Prieur se rendit à la chapelle Saiot-Jean, accompagné de plusieurs chevaliers et de Guillaume Beuf, un des secrétaires de l'Ordre. Là, le bailli André de Grille, commandeur de Golfech et de GrésanSy prit le chevalier de Revel par la main» le conduisit auprès du maître-autel, pria un instant avec lui, puis au moyen de divers actes, comme : couvrir, découvrir l'autel, sonner la clochette, ouvrir et fermer la principale porte de la maison prieurale, le mit en possession du Grand-Prieuré. Parmi les personnes présentes citons : François- Louis de Porcellet, commandeur de Lugan ; Joseph-Paùl de Gautier de Valabres, commandeur de Cavales ; les chevaliers Henri-Augustin de Piolenc,de Sartoux, d'Auribeau ; Charles-Jean-Baptiste de Raousset, d'Albert du Chêne, de Beauregard, de Suarès d'Aulan(i).

Au Chapitre de 1746, le 5 mai, Jean-François Meflfres, curé des Omergues, de la commanderie d'Avignon, fit ses vœux entre les mains de Pierre Richieud, prêtre collégial de Saint-Gilles (2).

Le 21 juillet suivant fut également un jour de fête religieuse pour le Grand-Prieuré. Jacques-Nicolas, chanoine de l'église collégiale de Beaucaire, au défaut de Jean-François Raybaud, prêtre conventuel, vint dire la messe dans la chapelle Sain-Jean pour la profession du chevalier novice Louis-François de l'Espine. Elle fut faite entre les mains de Tro-

I. Arch. dtfs B.-du-R. — Ordre de Malte. — Châp., eôlL et prof. (t6éS- 1774). Vol. xxy.

a. Arch. des B.-do-R* — Ordre de Ualtt, — Chàp, etAss. (lyaj-^TJo)* Vol. XVIII.

phime-Elzéar de Romieu, commandeur de Millau ; ce fut Honoré-François-Xavier de Grille qui chaussa le nouveau profès des éperons d'or. Quelques gentilhommes arlésiens assistèrent à cette cérémonie parmi lesquels Messieurs de Cays, de TEstang- Parade, de Viguier et le marquis de Grille. Le notaire Guillaume Beuf rédigea le procès-verbal de cette consécration (i). Le récipiendaire était fils de Joseph-Philibert et de Marguerite de Lopis la Fare. Il était né à Caromb, dans l'ancien diocèse de Carpentras, et fut baptisé le 6 décembre 1688, dans réglise de cette locatité (2).

Quelques mois après, le 8 décembre 1746, mourut à Arles Trophime-Elzéar de Romieu, commandeur de Millau (3). Son frère Jean-Charles l'avait précédé dans la tombe, étant décédé le 19 mars 1745. On voit encore à Malte Tépitaphe qui lui fut dédiée. Elle nous apprend, entre autres choses, qu'il fut receveur des deniers de son Ordre, qu'il commanda l'armée navale de Malte et qu'il fut préfet du palais du Grand-Maître. Elle nous parle de sa grande âme, secourable aux pauvres, fidèle à ses amis. Nous la reproduisons aux Pièces justificatives.

L'année suivante, le 30 janvier 1747, un autre témoin de la profession du chevalier de TEspine, le commandeur-prêtre Jean-François Ràybaud était conduit à sa dernière demeure dans la chapelle prieurale par le curé Simon, de la paroisse Saint* Julien, qui l'avait assisté à ses derniers moments

1* Arch. des B.-du*R* — Ordre de Malte, — Ckap., coll. et prof, (1668* 1774). Vol. XXT.

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