‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 59 sur 129 · Id. — Ihid., pp · texte numérisé non relu

Id. — Ihid., pp

4. Nous devons quelques renseignements nouveaux sur cette maison à l'obligeance de Monsieur £. de Juigné de Lassigny qui prépare la généalogie de la famille.

petite commune des environs de Digne. Elle remonte jusqu'aux Croisades. Elle a eu toujours beaucoup de rapports avec la ville d'Arles et quelquesuns de ses membres s'y sont établis. Elle a fourni un grand nombre ap chevaliers à l'Ordre de Malte. En voici quelques-uns :

1. Pierre de Barras était fils de Jean, seigneur de Mélan et de Béatrix Arbaud. 11 fut fait chevalier de Malte le i6 décembre 1547. Pierre fut pourvu de la commanderie de Peyriés ou de Béziers le 22 octobre 1556 (jugement de noblesse de Charles de Barras en 1667). 11 en jouissait encore en 1567, époque à laquelle il fut convoqué à Malte pour la défense de l'île (i).

2. Louis de Barras, frère du précédent, fut reçu chevalier en 1559.

3. Gaspard de Barras-la Penne était fils d'Antoine, seigneur de la Penne, et de Louise de Saint- Germain. 11 fut admis au nombre des chevaliers le 13 mars 1567. 11 parvint de bonne heure aux honneurs et aux dignités. Dès le 3 juillet 1576 nous le trouvons lieutenant du Grand-Prieur, François de Panisse. Nous avons déjà dit (p. 18) qu'en cette qualité il convoqua à Arles, le 17 novembre suivant, il présida une assemblée de chevaliers, à l'occasion des Etats-généraux du royaume que le roi Henri III réunit à Blois, le 6 décembre de cette année. Il assista, dans la ville d'Arles, au chapitre de 1577 qui ne tint qu'une seule séance, les chevaliers convoqués n'ayant pu se trouver en nombre à cause des guerres religieuses qui désolaient la contrée. Il n'y eut que François du Broc, comman-

I. [Ârtefeuil] : Op, eit,, i, p. 98. — Raybaudi O/. cit., lî, p. 1^7.

deur de Sainte-Luce, et Charles de Grasse-Brianson, commandeur de Saliers, auquel il devait succéder dans la suite. Ce fut Gaspard de Barras, lieutenant du Grand-Prieur, qui de concert avec un autre chevalier, convoqua le chapitre du 8 mai 1581 à Brignoles de préférence à Avignon et à Arles où la peste sévissait. On sait que cette réunion fut renvoyée à une date ultérieure après une première séance et qu'elle eut lieu, dans la ville de Tarascon, le 24 juin suivant. Charles de Grasse, devenu lieutenant du Grand-Prieur et même grand commandeur, désigné pour aller assister à Malte à un chapitre général, avait laissé à notre chevalier le gouvernement du Grand-Prieuré. Celui-ci convoqua une assemblée, dans la ville d'Arles, le 28 novembre 1583 et il donna connaissance des ordonnances qui avaient été faites au dernier chapitre général, tenu au mois de juillet précédent. Ce fut dans cette réunion que les chevaliers présents résolurent de se cotiser pour la confection de deux nouvelles galères de l'Ordre, comme il a été rapporté plus haut.

Le grand commandeur Charles de Grasse-Brianson ayant été obligé de rester à Malte parce qu'il avait été nommé général des galères, le Grand- Prieur choisit, de nouveau, pour son lieutenant, Gaspard de Barras, devenu commandeur de Saint- Christol depuis quelque temps. Il fit même rebâtir l'église et le château de cette commanderie dévastée par les huguenots en 1571. Une inscription sur la porte du château constatait que cette restauration se fit en 1591.

Depuis 1588 il était également commandeur de Montfrin. A la mort de Charles de Grosse-Brianson, arrivée au commencement de 1603, Gaspard

de Barras lui succéda dans sa commanderie de Saliers. En ce temps il fit transporter à Arles les titres du bailliage de Manosque et des commanderies de Puimoisson et de Saliers que Brianson gardait à Manosque.

Au chapitre de 1607, tenu dans la ville d'Arles par le Grand-Prieur de Lussan et où Ton apprit la perte de deux galères que Tordre avait faite, au mois d'avril 1606, par suite de naufrage, dans une île près de Tunis, notre commandeur offrit 600 livres pour aider à réparer cette perte.

Le 4 décembre 1606 il fit l'acquisition du mas de la Vigne, sur les bords du petit Rhône, en dessus d'Albaron et le réunit au domaine de la commanderie de Saliers. Cette ferme n'était, dans l'origine qu'une usurpation de cette commanderie, faite par les amphithéotes et les possesseurs de la roubine dite Pharamond.

Dans une sentence arbitrale du 8 février 1609 avec la ville d'Arles dont les commissaires avaient été François de Varadier, Louis de Sabatier, Honoré de Giraud, et Gabriel de Lavabre, il fut assez heureux pour conserver toutes les propriétés de Saliers, sauf le droit d'esplèche qu'il dut céder aux habitants de la contrée.

Le 19 novembre 1612, cette commanderie fut inspectée par Marion de Tressemanes et Anne de Naberat. Le commandeur, Gaspard de Barras, se trouvait à Montfrin. Il avaitfait réédifier lachapelle, et y faisait venir un prêtre aux « bonnes festes> pour y célébrer les saints offices. Il avait l'intention d'é-' tablir une messe tous les dimanches et jours de fête. La commanderie était en plein rapport.

Celle de Montfrin qu il possédait depuis 1588 fut visitée, le 24 novembre 161 2 par Jean-Jacques de

Mauléon-la Bastide et par Anne de Naberat. Ils constatent que le commandeur fait sa résidence une partie de Tannée à Montfrin et l'autre à Saint- Pierre de Saliers ; ils ajoutent qu'il est « de bonne vie, vray religieux et bon catholique. > Ils disent pareillement que dans l'église du lieu, à main gauche du maître-autel est la chapelle de Saint-Jean, au-dessous de celle du baron de Montfrin, où il y a un autel et un rétable représentant le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean-Baptiste, et un sépulcre neuf, bâti par les soins du commandeur au-dessus duquel sont écrit ces mots : Vivit post funera virtus, et où sont les armes de Tordre et du commandeur. Son intention était donc d'être enterré là, après son décès. On sait qu'il n'en fut rien.

En 1622, il fut nommé lieutenant du nouveau Grand-Prieur, Antoine de Paule. Il présida cette même année le chapitre qui se réunit à Arles le i^' mai et auquel assistèrent 8 commandeurs et 13 chevaliers. Cette même année il fit un don à Thôpital des pauvres d'Arles de 240 livres.

Nous avons dit (p. 31) combien il fut peu fidèle à ses engagements religieux, ajoutons seulement qu'il était « fort habile et fort riche ». Il tenait un rang princier et reçut, dans ses maisons, à ses dépens, les plus grands du royaume. Il laissa plus de 40.000 livres de dépouille que TOrdre retira à sa mort. Il avait eu la précaution de faire légitimer ses enfants. Le roi Henri IV, en effet, donna à Lyon, en septembre 1595 des lettres patentes par lesquelles il déclarait « légitimes Jean, Catherine, Louyse et Diane de Barras, enfans naturels de frère Gaspard de Barras la Pêne, commandeur de Saint- Christol en Languedoc, et de Catherine de Farges,

de la ville de Beaucaire, » mais résidant à Arles et surtout à Figarès, propriété de Camargue, sur le petit Rhône, voisine de Saliers. Ces lettres furent enregistrées à la Chambre des Comptes d'Aix le 18 mars 1599 et à celle de Montpellier, la même année. Il obtint même en 1597 pour Jean, l'un de ses enfants, dispense de dejectu natalium^ au cas où il voudrait entrer dans les Ordres. Il fit plusieurs fois son testament, notamment en 1622. Il mourut le 16 octobre 1623 et fut enseveli dans la chapelle du Grand-Prieuré. On peut voir plus haut (p. 30) rinscription qui se lisait sur son tombeau. Un de ses fils Jean est Tauteur de la branche des seigneurs de Lansac, fixée à Arles, et qui s'est éteinte dqns la personne de Jean-Philippe de Barras, décédé dans l'ancienne rue Vacquières, le 23 décembre 1828 (i).

4. Louis de Barras, fils de Pierre, seigneur de Mélan, et de Marguerite de Bachis fut chevalier de Malte en 1609.

5. Jean de Barras, fils de César, seigneur de Mélan et du Castellar et d'Antoinette de Benaud, fut reçu hospitalier en 1610. Il fut fait esclave en 1625 dans une expédition près de Sarragosse, commandée par le général Valençay. Les Turcs victorieux se rendirent maîtres de deux galères et tuèrent ou firent prisonniers plusieurs hospitaliers.

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