I. Rayband : Op, cit. y t, pp
par malheur, la plupart de ses exploits militaires nous sont restés inconnus, par le manque d'écrivains dont la Provence était dépourvue de soa temps. »
En 1504, nous le trouvons commandeur du Temple ou de Sainte-Luce, capitaine des galères du roi et prêt à s'embarquer, d'après un acte du 19 juillet (not. Jean Giraudi).
«Le roi Louis XII ayant, en Tannée 1508, conclu une ligue à Cambray avec le pape, l'empereur et le roi d'Espagne contre les Vénitiens, le commandeur de Baus fit, par ordre du roi, des courses contre cette république avec ses bâtiments, qui consistaient principalement en un galion et deux galères. Le roi lui fit don, le 3 janvier 1509, du dixième qui lui compétait sur les prises de plusieurs marchandises qu'il avait faites et lui permit de les débiter, et toutes les autres qu'il pourrait prendre, sans qu'il pût être recherché pour le payement de ce droit.»
<c L'année suivante, 15 10, le grand prieur de Bidoux et lui allèrent avec leurs galions et galères, pour observer la flotte des Vénitiens qui avaient formé une entreprise sur la ville de Gênes ; et ils contribuèrent beaucoup par leur prudence à la faire échouer. Il fit aussi avec lui les campagnes des deux années suivantes ».
« Le roi Louis lui donna, en récompense de ses services, par un brevet daté de Blois, le 4 mai 15 13, la jouissance, sa vie durant, de la terre de Baux en Provence ». Il en prit possession le 4 juillet suivant (not. Pierre Biretty), et le lendemain il fit son entrée dans le château (même notaire).
« L'année suivante, 15 14, il fit, avec Bidoux, des
courses contre les Génois qui étaient ennemis du roi ».
Ce fut 'le commandeur Bernardin de Baus qui commanda les galères^ en l'absence du Grand- Prieur Bidoux, et qui fit tirer Tartiilerie de tous les bâtiments de mer qui étaient dans le port de Marseille, lorsque Louise de Savoie, duchesse d'Angoulême, mère du roi François I", et la reine Claude, son épouse, vinrent dans cette ville le 5 janvier 1516 pour attendre le monarque qui arriva d'Italie quatorze jours après.
Il fut appelé à Rhodes au mois de novembre 15 17 pour défendre Tîle contre les Turcs qui se préparaient à Tassiéger.
Le Grand-Prieur de Bidoux s'étant démis, en 15 18, de sa charge de général des galères de France parce qu'il devait se rendre à Rhodes, toujours menacé, le rpi donna cette charge au commandeur Bernardin de Baux. Il s'en démit Tannée suivante, 15 19, on ne sait pour quelle raison. 11 continua, néanmoins, de servir le roi, et le 25 janvier 1520 (not. Pierre Menhinat) il passa un accord avec plusieurs de ses concitoyens. Pierre d'Aiguières, Louis de Cays, Pierre de Romieu, Pierre Balbs et Gaucher de Prat, pour les enrôler sur ses vaisseaux, avec cette condition que si quelqu'un ne se rend pas, il devra payer aux autres dix écus d'or au soleil.
« L'empereur Charles V ayant, en Tannée 1524, envoyé en Provence une armée par mer et par terre pour assiéger Marseille, la flotte française, commandée par de La Fayette, alla au devant de celle de Tempereur pour la combattre. De Baus y joignit son galion et ses galères. Dix galères de France en attaquèrent dix-sept d'Espagne, en cou-
lèrent trois à fond, et obligèrent les autres de se retirer. De Baus se distingua dans ce combat. »
« Il fut, dans les dernières années de sa vie, attaqué du mal de la pierre, qui, à la fin, lui abrégea ses jours. Il fit son testament le ii de décembre 1524, qui fut la veille de sa mort.. Il s*y nomma frère Bernardin de Baus^ seigneur dudit lieu. Sa disposition fit connaître qu'il était extrêmement riche. Il élit sa sépulture dans l'église des Frères- Prêcheurs de Marseille, et fit plusieurs légats considérables à des maisons religieuses et à d'autres personnes, et entre autres à Anne de Montmorency, connétable et Grand-Maître de France, à Philippe Chabot, seigneur de Brion, amiral de France, à Odet de Foix, comte de Lautrec, et à Claude d'Urre, seigneur du Puy-Saint-Martin, lieutenant du roi en Provence. Il légua à Louise de Savoye, mère du roi, un coffre de perles du poids de cinq livres et deux couvertes de soie, afin qu'elle intercède auprès de lui pour que son testament fut exécuté, et à Pierre Baus, d'Arles, son neveu, deux cents écus d'or, une bastide située au terroir des Baux et des directes. Enfin il légua, à l'Ordre, son grand galion avec tous ses équipages, son artillerie de fer et quatre canons de bronze. 11 institua son héritier le roi François P', en améliorations qu'il avait faites en la terre des Baux, avec quatre galères qu'il avait au service de ce prince, en quinze esclaves turcs, et en ses meubles. Il avait mis, en dépôt, entre les mains des Frères Prêcheurs, dix mille écus d'or pour être employés à payer ses légats ».
Il mourut donc à Marseille, étant commandeur de Saint- Vincent d'Olargues, le 12 décembre 1527* Son père ôt sa mère furent enterrés dans l'église
de Saint-Trophime d'Arles, dans la nef du côté de répître (I).
3. Honoré de Balbs, neveu du précédent, était fils d'Etienne, damoiseau d'Arles, et d'Alix de Saint-Martin, mariés par contrat du 7 avril 1497 (not. Pierre Menhinat). Dès le 7 avril 1507, il était destiné par son père dans un premier testament (ibid.) à l'Ordre de Malte. En 15 13, il se disposait à suivre les volontés de ses parents et le 18 juillet (ibid.) il laissait à son frère Pierre tous les droits qu'il pouvait avoir sur les biens de son père et de sa mère, moyennant une pension annuelle de 30 florins. C'est le 30 décembre de cette année qu'il fut admis. Son père mourut le 1^^ novembre 1508 et sa mère le 14 juillet 151 1 (Sacristie A, f* 235), et furent ensevelis dans l'église de Saint- Trophime. Avec les enfants de son frère Pierre allait s'éteindre la maison de Balbs. En effet. Bernardin, l'un d'eux, fut tué par Jean de Quiqueran qui avait plus d'un meurtre sur sa conscience, et Philise, sa fille, perdit son nom en épousant Nicolas d'Aiguières, seigneur de Méjanes (2).
BIORD
(D^a^ur^ à trois pals d'or et une Jasce de gueules chargé de trois étoiles à six pointes dor).
On trouve cette famille, à Arles, dès la première moitié du xv® siècle où elle s'occupait de l'élevage
I. Raybaud : Op, cit.y ii, pp. 65-67, 82-84. — Bonnemaat : Op, cit.^ verbo Balbs.
3. Baron da Roure i Op, eit,j pp. 538-5^9* — Bonnetnant t Ihidé
des troupeaux. Monet Viord ou Biord est dit berger en 1459 ainsi que son fils François, mort avant 1480 (not. de M. le baron du Roure). Elle compte un certain nombre d'hommes de loi (i). Elle fut reconnue noble dans les recherches qui furent faites en 1668 et 1708.
Elle a donné à Tordre de Malte :
1. François de Biord. Il était fils de Pierre de Biord, lieutenant de sénéchal, à Arles, et de Catherine de Forbin la Barben, -mariés par contrat du 8 octobre 1581 (not. Esménard, à Pélissane). Il fut reçu chevalier le 29 novtmbre 1604. Il devint procureur général du Grand-Prieuré. En cette qualité il eut à s'occuper des intérêts du Grand-Prieur de Forbin, pendant sa dernière maladie, au château de Valbonnette, près de Lambesc, en 1661. Son père est tristement célèbre par ses cruautés et sa tyrannie pendant les troubles de la Ligue. Il fut massacré par ses concitoyens le lundi 16 mars 1692. « Ainsi mourut misérablement celuy qui avoit si longuement affligé tant de gents de bien dans Arles ^^ dit Etienne de Chiavari-Cabassole, dans ses Mémoires (2).
2. Honoré de Biord était fils de Palamède et de Chrétienne de Castillon, mariés en 1613. Il fut reçu chevalier de Malte le 11 décembre 1635. I^ se distingua dans les troupes de l'armée royale. Il commanda d abord une compagnie d'infanterie sur un des vaisseaux français, puis parut dans la cavalerie et fit partie successivement des régiments de
I. BarcUon de Maavans, dans sa « Critique da Nobiliaire de Provence », prétend que cette famille n'a été admise, à Malte, que sur la production de titres de docteurs.
a. [Artefeuil) ; O/, cit,, i, 148. — Baron dû Roure ; Op. cit., p. a6o.
Guise, de Turenne et Coulange. Lorsqu'il cessa son service, il était capitaine-major de ce dernier corps. Il reçut en différentes occasions plusieurs blessures. Il mourut dans la ville d'Arles, en 1670, criblé de dettes. C'est la raison pour laquelle Jean-Augustin de Garnier-Rousset, commandeur de Nice, receveur au Prieuré de Saint-Gilles, renonça le 8 octobre 1672 (not. Combe) au nom de rOrdre à la dépouille de ce chevalier, la remettant à ses créanciers (i).
3. François de Biord, neveu du précédent, était fils d'autre François, gentilhomme de la Chambre du Roi et de Pierrette de Cays, mariés en 1635. Il fut reçu chevalier le 26 avril 1658. Son père mourut le 14 août 1673 et sa mère le 4 septembre 1678 (2).
4. Paul-Marie-Fortuné de Biord-Ornaison, qui fut reçu chevalier en 1765, était fils d'Henri et d'Henriette-Françoise de Roquefeuil (3).