‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 73 sur 129 · Robert de Briançon : O/. cU,^ 1, pp. 5to-5tt · texte numérisé non relu

Robert de Briançon : O/. cU,^ 1, pp. 5to-5tt

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dormir dans leur poste. Ils donnèrent un assaut général le i6 de juin et un autre cinq jours après, où ils furent repoussés toujours. Mais les chevaliers n'ayant pu recevoir des secours, et ceux qui restaient en vie étaient presque tous blessés ou accablés de veilles et de fatigues. Ils soutinrent un troisième assaut, qui fut donné le jour de Saint- Jean. Ils se firent tous tuer sur la brèche. Il mourut dans ce fort cent dix personnes de Fhabit » parmi lesquelles notre commandeur. Mais la vigoureuse résistance des assiégés les sauva. Les Turcs, voyant cette intrépidité, ne tardèrent pas à se retirer (i).

3. Scipion de Châteauneuf-Mollégès, neveu du précédent, était fils de Laurent et de Françoise Emenjaud. Il fut reçu en 1569. Une procuration du 15 mars 1595 (not. Claude Saxi) nous apprend qu'à cette date il était déjà Commandeur de Caubins. Le 23 octobre 1602 (not. Jean Loys) il fut mis en possession de la Commanderie de Jalès, en vertu des lettres du Grand-Maître du 28 juillet précédent. Il succédait à Antoine de la Lande qui venait de mourir (2).

4. Jean-François de Châteauneuf-Mollégès était frère du précédent. 11 fut reçu en 1583 dans l'Ordre et fit même profession. Néanmoins, il quitta le^ Hospitaliers pour épouser (contrat du 17 avril 1595), not. Claude Saxy) Laudune de Porcelet, fille de Jacques et de Delphine d*Albe, veuve en premières noces de Nicolas de la Rivière, chef du parti catholique, tué à Arles, étant consul, le 13 mars 1592, dans une échauffourée, à la porte

t. Rajrbaud : Op. cit,, ii, pp. 134-133,135.

ft. Bonnemant : Op, ctt,, rerbo Châteaunenf de Mollégès.

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de la Cavalerie ; en secondes noces, de Nicolas la Touche, commandant et gouverneur du château d'Albaron, chef du parti ligueur, pendu de la main du bourreau, le 12 mars 1594, quelques jours après son mariage. « Il fallut de longues procédures pour régulariser cette union ; un arrêt du Parlement, du 12 décembre 1602, rendu sur le vu d'une bulle du Grand-Maître, releva Châteauneuf de ses vœux et déclara ses enfants légitimes. Laudune fut ensevelie à Salon, le 25 septembre 1620 > (i).

5. Jacques de Châteauneuf-Mollégès était fils de Trophime, consul d*Arles, et de Pierrette d'Autric, mariés en 1574. Il fut reçu chevalier, à Arles, le 18 mai 1595- En 1614, il ne possédait encore aucune Commanderie. En effet, d'après un accord conclu le 23 septembre de cette année (not. Simon Véran), François, son frère, à cause de certain retard à lui payer la part d'héritage qui lui venait de leur défunt père, s'engage à lui faire une pension annuelle de 160 écus d'or d'Espagne tant qu'il ne sera pas pourvu d'une Commanderie. Il résidait habituellement à Arles, Le 23 juillet 1608 (notaire Malespine) il assistait au contrat de mariage de sa sœur Anne qui épousait François Constantin, docteui: en droit. Le 18 janvier 1627 il fut parrain à la paroisse Saint-Julien de Jacques de Chiavari, fils de Robert et de Madeleine de Constantin. On. le trouve Commandeur de Caignac, de 1629 à 1634, vers la fin de 1633, il était, de plus, procureur de son Ordre, au Prieuré de Saint-Gilles, à la mort de François de Crote-la-Ménardie. En dernier lieu, il fut Commandeur d'Avignon. Avancé en âge, il

s. Bonnemant : Ihid, -— Baron du Roitre : O/. cU.^ pp. iisS-xti^.

présida plusieurs fois les réunions des Chevaliers au Grand-Prieuré, notamment en 1637, 1641, 1642. Ce furent les dernières années de son existence (i).

6. André de Châteauneuf-Mollégès était fils de François, capitaine, puis consul de la ville d'Arles et de Louise de Porcelet, mariés par contrat du 19 janvier 1614 (not. Simon Véran). Il fut reçu Chevalier le 7 décembre 1637. Sa mère fut inhumée dans la chapelle et la sépulture des Châteauneuf- Mollégès, aux Minimes d'Arles (Saint-Honorat), le 3 janvier 1625. Son père était mort à cette date (2).

CHIAVARY

{Ecartelé i et 4 : d'or à deux colonnes de gueules ; 2 et 3 : d'or à un lion couronné de sable lampasse et armé de gueules).

Cette ancienne famille arlésienne est originaire de Gênes, d'après l'opinion la plus reçue. On la trouve établie, à Arles, vers la fin du xv® siècle. Elle n'a compté des chevaliers qu'au xvn*' et au xviii' siècles.

Ce sont :

I. Jacques de Chiavari-Montredon, fils d'Etienne et de Jeanne de Cavaillon de Cabassole, mariés par contrat du 16 juillet 1600 (not. Blanc). Il naquit dans l'hôtel encore occupé aujourd'hui par l'honorable marquis Henri de Chiavary, dernier repré-

U Râyband \ Op» cii,, ii^ p. 199. ^ Baron du Roure : Op, cit,, p. 170, 57a.

s. Robert de Briaoçon ; Op. cii.^ 1, pp. çio-)ii. — If livre de Saint'HoHorat, ms. en notre possession*

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sentant de la famille, et fut baptisé à Saint-Julien, le 21 septembre 1608. Il devint Chevalier de Malte, le 17 novembre 1625. Après sa profession et de nombreux services rendus à TOrdre il fut nommé, par ancienneté, Commandeur de Cavales par bulle du Grand-Maître du 25 juillet 1661. Cette Commanderie venait d'être nouvellement créée et notre chevalier en fut le premier commandeur. La Langue de Provence avait délibéré, en 1654, de détacher, à la première vacance du Prieuré de Saint-Gilles, pour 9000 livres de rente de propriétés foncières, afin d'en former deux Commanderies de 4500 livres chacune. Deux commissaires furent nommés, à cet effet, par le conseil de l'Ordre en 1 656 ; ce furent Jacques de Castellane-Montméjean, Commandeur de Puimoisson, et Jean-François de Verdelin, Commandeur de Saint-Jean de Barrante.

Ils détachèrent les métairies de Petite Argence et Cavales suivant rapport du 10 mai 1656. Ce furent les deux nouvelles commanderies. Les premières nominations eurent lieu à la mort du Grand- Prieur de Forbin, arrivée en 1661. A partir de cette date, on le voit régulièrement à Arles ainsi qu en font foi les registres des délibérations du Grand- Prieuré. Le 25 avril 1671, il assistait au contrat de mariage d'Esprit de Chiavary, son neveu, et de Catherine de Verdier, Par bulles du 16 février 1673 il fut nommé commandeur d'Argenteins. Son père mourut le 12 janvier 1624. C'était un esprit cultivé. Il a laissé d'intéressants mémoires sur les troubles de la Ligue publiés dans le Musée^Qn 1878 (i).

•I. Raybaud : Op. cit,, ii, pp. aao-ûai, 425. — Baron du Route : Les Meyran et leurs alliauces, pp. 563-564. — Baron du Roure : Inventaire analytique de titres et documents originaux tirés des Archives du château de Barbegal, n* 580.

2. Etienne de Chiavari, neveu du précédent, était fils de Claude de Chiavari-Cabassole et de Pierrette de Giraud, mariés par contrat du 7 Janvier 1626 (not. Blanc). Il fut baptisé à Saint-Julien le 29 septembre i63i. .11 fut reçu chevalier de Malte en 1646. Il ne resta pas dans TOrdre, se fit jésuite, et mourut à Arles le 29 septembre 1707. Son père était décédé le 10 juillet 1669, et sa mère le 7 septembre suivant (Saint-Julien) (i).

3. Pierre-Jean-Baptiste-Joseph de Chiavari-Cabassole était fils de Charles et de Catherine de l'Estang-Parade, mariés par contrat du 19 janvier 1756 (not. Mathieu Beuf). 11 lut baptisé à Saint-Julien le 23 juin 1769, et fut reçu chevalier de Malte le 29 août 1782, mais les graves événements de la Révolution l'obligèrent à quitter l'état religieux et à rentrer dans le monde. Il se maria à Arles, le 30 mars 1799 avec Thérèse-Marie-Gabrielle Eymin qui lui donna huit enfants. Pierre mourut à Arles le 16 septembre 1813, et sa veuve le 7 février 1841. La mère de Tancien chevalier était morte le 30 août 1771 et avait été enterrée dans la belle église des Dominicains (2).

CROSE-LINCEL

(Ua\ur^ à trois pals d'or surmontés (ï une trangle de même et trois étoiles aussi d'or rangées en chef)

Cette famille, issue de cultivateurs, était établie à Trets au xv* siècle. Moins de cent ans après elle

X. Baron da Ronre: Les Meyran et leurs alliances, pp. $64-565, a. Id. Ihid, p. 567.568.

jouissait des privilèges accordés à la noblesse. Parmi les chevaliers de Malte qu'elle compte, un seul, croyons-nous, est né à Arles, mais les autres ont eu beaucoup de rapport avec cette ville.

1. Antoine-François de Crose-Lincel était fils de Marc-Antoine de Crose, seigneur de Lincel et de Saint-Paul, conseiller à la Cour des comptes d'Aix et de Marguerite de Suffren. Il fut baptisé à Aîx paroisse de la Madeleine, le 15 février 1651. 11 fut reçu chevalier de Malte le 15 septembre 1664. 11 fut parrain à Aix, même église, le 7 août 1672 de Blanche de Crose, fille de son. frère aîné Jean- Baptiste qui avait épousé à Arles, à la paroisse Sainte- Anne le 19 novembre 1669, Madeleine de Forbin. Sa filleule mourut en bas-âge. 11 obtint la commanderie d'Arcins, il en jouissait de 1718 à 1720, puis eut celle de Saint-Christol. Le bailli de Manosque, Jean-Augustin de Grille étant mort à Arles le 10 janvier 1731, on jeta les yeux sur le commandeur de Lincel pour le remplacer. Il fut élevé le 5 avril suivant à cette haute charge. 11 n'en jouit pas longtemps et mourut à Aix bientôt après. Il fut enseveli dans l'église Saint-Jean de Malte de cette ville, le 16 décembre 1731. Son père était décédé à Paris le 10 septembre 1667, et avait été inhumé à Saint-Roch (i).

2. Joseph de Crose-Lincel, frère du précédent fut baptisé à Aix, même église, le 14 octobre 1653, et tut reçu chevalier le 6 octobre 1668.

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