L'ordre de Malte en Amérique [microforme]
Au mois de novembre 1885, M. Daniel Murray, greffier au tribunal de police à Québec, recevait d’un officier de l’armée anglaise, le colonel Carr, commandant d’un régiment stationné à Worcester, la lettre suivante :
CASERNES MORTON WorcesTER, ENGL., 25 nov. 1885.
Cher major Murray,—De retour en Angleterre, après mon voyage dans le Nord-ouest canadien, j'ai parcouru les vieux bouquins concernant Québec, pour y trouver la solution du problème que je vous avais posé lors de mon passage dans votre ville. Il s'agissait de retracer l’existence d’un Prieuré des Chevaliers de Saint-Jean, sous le régime français, dans la vieille cité canadienne.
Connaissant l'intérêt que vous portez à l’histoire des ordres religieux de votre ville, je vous envoie un passage extrait d’un volume italien que j'ai en ma possession et qui prouve que l’ordre de Malte possédait des établissements considérables dans la province. Il n’y à pas de doute que deux des premiers gouverneurs français du Canada étaient membres de cet ordre. Ge fait peut
au Ride
expliquer l’établissement d’un bureau des Chevaliers dans la Nouvelle-France. Si vous trouvez jamais trace de ces établissements, je serai heureux de l’apprendre............…,
Votre très dévoué,
(Signé) R. E,. Carr, Colonel.
A cette lettre était joint le passage auquel le colonel Carr faisait allusion : ;
Extrait de l'American Gazetteer, traduit de l'anglais en italien et publié à Livourne, 1763.
‘ Québec est bien bâti. Les beaux édifices, les églises et les palais y abondent. On remarque surtout le palais de l’Évèque, les chambres des tribunaux, le Prieuré des Chevaliers de Jérusalem, superbe édifice en pierre de taille, qui a coûté, dit-on, £40,000 sterling. Il y a aussi dans cette ville des monastères de Frères, de Moines, des chapelles. Le plus bel édifice de la ville est le château Saint-Louis, résidence du Gouverneur. C’est là que se réunissait le Grand Conseil de la Caroline, quand Québec était occupé par les Français. C’est là aussi que se conservaient soigneusement les archives royales.”
M. J.-M. LeMoine, à qui M. Murray avait communiqué la lettre de M. Carr, fit un appel aux antiquaires de langue anglaise dans le Morning Chronicle du 12 décembre, et quelques jours après il adressait au Canadien la communication qui suit :
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