‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 3 sur 57 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

eu besoin de réforme, bien qu'il compte plus de huit siècles et, par là, s*est constamment montré digne de sou saint Fondateur et de lui-même? Gomment, en particulier, parler dignement de la Maison de Bosserville qui, si elle a pu souffrir matériellement lorsque la Révolution française se décbaina contre TEglisc, n*a point souffert spirituellement, n*a point connu» au moment de la persécution, ce que c*est que pactiser et fléchir avec le devoir, et s'est trouvée, après, aussi pure, aussi sainte, aussi immaculée qu'auparavant, le souffle du siècle n'ayant pu la ternir même légèrement, alors que tant d'autres Maisons religieuses ont connu l'affaissement et la défaillance. Puis, de même que pour chanter dignement un Achille, il a fallu un Homère gravissant d'un pas ferme jusqu'aux sommets du Pinde, de même, pour redire Bosserville, ne faudrait-il pas une plume mieux taillée que la mienne? Néanmoins, malgré ces considérations, nous avons cru devoir nous occuper d'un travail sur lequel la vue de la Chartreuse de Bosserville avait comme naturellement éveillé notre esprit. Nous nous sommes déterminé par la pensée qu'il manque à notre littérature un livre sur les Fils de saint Bruno, et qu'une étude destinée à faire connaître de tels hommes, qui ne sont pas assez connus, qu'on ne peut trop connaître, produira nécessairement, quelque imparfait qu'il soit, par la nature même du sujet, de l'édification et sera ainsi de quelque utilité pour les âmes. Nous nous sommes déterminé encore parl'attrait que la Chartreuse de Bosserville offre naturellement à l'écrivain qui veut en parler. Il ne s'agit pas ici, en effet, d'un de

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