I. OUEILLR
durée de la rotation. Dans celle alliliule, Timage réünienne (le la grenouille (les parlies correspondanles do la planchelle) ne subit pas de déplacement au cours de la rotation, et la tête garde son altitude normale par rapport au corjis.
Des opérations sur des canaux isolés des grenouilles selon la méthode de Bôllcher, Solucha et moi, sont très difficiles à exécuter. Mais, dans les expéi'iences où il s’agit seulement d’étudier la façon dont se comportent sur le disque tournant les grenouilles privées de labyrinthes, le procédé buccal de liasse ou de Schrader, qui consiste à détruire tous les canaux par le palais, suffit amplement pour obtenir des résultats claires. Les phénomènes produits par des destructions uni- et bilatérales des. labyrinthes ont été exposés plus haut et n’ont plus besoin d’ôtre décrits de nouveau, je voudrais seulement attirer l’attention sur trois symptômes qui semblent avoir échap|)é jusqu’ici aux expérimentateurs. Le premier de ces symptômes consiste dans une sécrétion cutanée tout à fait extraordinaire, qui souvent survient immédiatement après la destruction des deux labyrinthes ; en moins d’une minute, l’eau d’une grande cuvette, dans laquelle se trouve la grenouille se remplit de cette sécrétion d’une odeur ùcre qui provoque de forts éternuements.
Le deuxième phénomène consiste dans un coassement continu et prolongé des grenouilles privées de leurs labyrinthes. 11 suffit de prendre dans la main une de ces grenouilles pour provoquer ce coassement insupportable auquel prennent aussitôt part ses compagnes de captivité. Les données d’Ewald relatives à l’aflaiblissement des organes vocaux après l’extirpation des labyrinthes ne sont pas exactes, du moins en ce qui concerne la grenouille. Le troisième symptôme me parait être beaucoup plus important. Il se produit, immédiatement après l’opération, une ophthalmie très prononcée des deux côtés, qui dure plusieurs semaines. Ce phénomène mérite d’être examiné de près, surtout en raison des faits observés chez le lapin après la section des acoustiques et que nous décrivons plus bas.
Les grenouilles privées de leurs labyrinthes se montrent d’une façon générale beaucoup moins agitées, lorsqu on les
LUTTE CONTUE LES EUUEMENTS
place sur le disque lournant, que les grenouilles normales. La dévialion de la tôle n’apparaît que chez les grenouilles, chez lesquelles sa position oblique ne se manifeste pas aussitôt après l’opération, ou ne se produit que do temps à autre. Cette dei-nièrc éventualité no s’observe le plus souvent que chez lés animaux dont on maintient, au début de la rotation, la tète dans l’attitude normale. C^eci est vrai aussi bien des grenouilles ayant subi l’opération unilatérale que chez celles qui ont été opérées des deux côtés. La déviation de la tête est toujours moins prononcée que chez les grenouilles normales et plus accusée, lorsque la rotation se fait, dans un sens que dans l’autre. Après la cessation de la rotation, il ne SC produit jamais une déviation de la tête vers le côté opposé, quelle qu ait été la durée de la rotation.
Les grenouilles maintiennent beaucoup plus difficilement leur altitude ramassée décrite plus haut. Lorsque la rotation s’arrête, après avoir duré assez longtemps, elles exécutent fréquemment des mouvements violents (mouvements de manège, sauts en hauteur avec culbutes autour de l’axe transversal du corps, etc.), selon la nature des mouvements forcés produits par l’opération. Ils reviennent aussi plus difficilement au repos.
Lorsqu’on dispose sur le disque tournant des grenouilles saines placées dans une cuvette remplie d’eau, elles nagent le plus souvent dans la direction de la rotation, la déviation de leur tête étant très nettement accusée. Les grenouilles privées de labyrinthe nagent sur le disque tournant ou comme d’habitude, en tournant autour de leur axe longitudinal (mouvements valsants) ou seulement en se balançant. Je Ji’ai pas pu observer la déviation de la tête pendant la natation chez les grenouilles ayant subi l’extirpation des labyrinthes. En revanche, elles cherchent souvent à nager contre la direction de la rotation, quand elles étaient habituées à nager dans celte direction en dehors du disque tournant. Les grenouilles sans labyrinthe nagent habituellement dans la même direction dans laquelle elles exécutent leurs sauts ou leurs mouvements de manège. Il va sans dire que chez les grenouilles rendues aveugles, on ne pouvait pas observer d’autres phé-
i/orkim.iî;
nomèncs que ceux obtenus chez les grenouilles ayant conservé la vue intacte. Les mouvements forcés sont quel(|uefois plus violents et la difficulté de garder l’équilibre encore plus grande. Ce qui m’a frappé chez les grenouilles privées de lab3'-rinthc et rendues aveugles, ce fut l’agilité avec laquelle quelques-unes accomplissent des mouvements compliqués afin d’arracber le bonnet.
Chez les pigeons, on constate également qu’après l’occlusion des yeux à l’aide d’un bonnet bien hermétique, l’absence complète de la déviation habituelle de la tête pendant la rotation. Après que le pigeon a fait quelques tentatives de se débarrasser du bonnet, il reste complètement tranquille sur le disque; mais il est rare que le bec occupe exactement la ligne médiane. La rotation lente ne change rien à cette attitude. De temps à autre, surtout chez les pigeons sur lesquels on a déjà souvent fait des expériences de rotation, on observe, si l’on continue la rotation, une déviation irès faible de la tète. Le n^^stagmus de la tète survient, au contraire, de temps en temps chez les |)igeons rendus aveugles.
Dans la rotation rapide continue, le pigeon rendu aveugle présente à peu près les mômes phénomènes que le pigeon normal. Après l’arrôt brusque, il reprend presque aussi rapidement son attitude normale sam nystarpnus secondaire. Si au contraire on enlève rapideynenl le bonnet après l'arrêt., on observe quelques secousses de ni/staqnius assez pro7ioncècs de la tête et des yeux. Le renversement de la tète lors de l’arrêt brusque après une rotation très rapide est notablement plus faible chez les pigeons aveuglés ou enfermés dans une pièce obscure que chez les pigeons normaux.
Lorsqu’on imprime à un pigeon normal, au lieu d’un mouvement rotatoire, un mouvement latéral rapide en ligne droite, on voit sa tète exécuter des mouvements très irréguliers; très souvent môme, la tète précède le corps, le nystagmus de la tôte survient d’une façon presque régulière, quelle que soit l’attitude de la tête. Si l’on fait cette expérience sur le môme pigeon dont on a recouvert les yeux avec un bonnet, la tôte retarde plutôt; le nystagmus de la tôte manque.
LL'TTK CONTaiî I.RS KimF.MENTS
Môme dans les rotations du pigeon normal (exécutées avec la main) autour de l’axe longitudinal ou transversal, on ne réussit jamais à constater des attitudes déterminées de la tète. Par contre, le nystagmus des yeux s’observe d’une façon très nette. Il va sans dire que si on recouvre au cours de ces rotations, les yeux du pigeon avec un bonnet, on ne réussit pas davantage à observer un mouvement « compensateur « constant de la tête. Chose bizarre ! Breuer lui aussi a constaté cette absence des mouvements « compensateurs » dans les mêmes circonstances. Il se tire d’affaire par des phrases dans le genre de celle-ci : « Ceci doit dépendre de l’état psychique de l’animal. » « L’absence du mouvement compensateur peut être attribuée à l’étourdissement. »
Afin de montrer la façon dont se comporte le lapin, nous citerons une expérience au cours de laquelle les phénomènes ont été consécutivement observés chez le même jeune lapin, avant, pendant et aj:)rès l’élimination des sensations visuelles. Ce lapin avait déjà servi à des expériences de rotations deux jours auparavant. Dans vue seule rotation de cinq secondes, la déviation de la tête, apparue dès le début de la rotation était très prononcée. Le nystagmus de la tête était très faible, mais perceptible. En doublant la rapidité de la rotation, le nystagmus de la tête devenait plus fréquent. L’arrêt brusque après une rotation prolongée de quatre tours en .cinq secondes était suivi de mouvements violents du corps. Le même phénomène se reproduisait lorsque la rotation se faisait avec une vitesse de six tours en cinq secondes. Après une rotation de deux minutes à droite (dans la direction de l’aiguille d’une montre), avec une vitesse finale de trois tours à la seconde, l’ai'rèt brusque était suivi de cinq à six mouvements roulants violents de tout le corps à droite. La déviation delà tête à droite durait plusieurs minutes; tremblement de tout le corps.
Au bout d’un quart d’heure, on a refait la môme expérience, mais avec une rotation à gauch.e ; le résultat a été le même, mais en sens opposé. Après une interruption de quinze minutes, on a de nouveau refait la môme expérience, av'ec rotation à droite et à la même vitesse que tout à l’heure. Le lapin