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L'orfèvrerie

ans la haute antiquité, l'orfèvre travaillait exclusivement pour les dieux et les rois. Il n'avait ni l'or ni l argent nécessaires pour exercer son art ; le roi qui désirait un bijou ^fournissait en même temps le métal précieux. Sfestor, au 3me chant de l'Odyssée (v. 425), veut faire dorer les cornes d'une génisse destinée au sacrifice. Il appelle un orfèvre, Œiaërkès, qui vient avec ses outils : marteau, enclume, tenailles, reçoit le métal de la main du roi et Jorge des lames d'or, séance tenante, sous les yeux de toute une assemblée. Aujourd'hui encore, en Afrique et aux Indes, on voit des bijoutiers ambulants parcourir les rues et battre, en plein air, l'or ou l'argent qu'on leur apporte.

orfèvre antique, lui aussi, devait aller de ville en ville pour trouver du travail, et c'était l'usage dans bien des

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métiers d'art. Mais après les conquêtes d'Alexandre, l'or devint abondant en ffrèce, l'ouvrier eut sa résidence cflxe, le goût de la parure se réveilla che$ les moins fortunés, et le bijou d'or cessa d'être le privilège des princes et des dieux.

Œ/es origines de l'orfèvrerie remontent aussi loin que celles de la poterie ou de la fonte du cuivre. Des légendes extrêmement anciennes se rattachent à l'or du 9?actole et à l'or du 3fhin. Il n'y avait pas de matière plus précieuse, sauf en ^Egypte, où, sous les premières dynasties, à cause de sa rareté plus grande, l'argent passait pour supérieur à l'or. On sait que l'orfèvre et l'argentier étaient toujours soumis à un contrôle sévère. oÀfu SBarthénon, les plaques d'or de la statue d'ivoire de Phidias s'enlevaient, et, chaque année, on en vérifiait le poids. Vne inscription latine fait l éloge d'un artiste qui avait manié des quantités d'or sans jamais rien s'en approprier. '■Plus tard encore, au {jfLoyen âge, quand Ctotaire, roi des ^ranks, chargera Saint-S'Jloi de lui faire un trône d'or, le métal sera pesé par le trésorier, et, l'ouvrage terminé, Sa'mt-3Sîoi rendra ses comptes.

Dans la fabrication des bijoux, l'outil principal est le marteau. 3L 'orfèvre est essentiellement un «batteur d'or», auri faber. // prend son lingot, l'expose au feu et f orge une plaque qu'il peut amincir à volonté, vu l'extrême ductilité du métal. 3jc laminage apparaît ainsi comme le plus ancien des procédés, antérieur certainement à l'étirage du f l d'or et à l'estampage.

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Œj' emploi du fil d'or est la conséquence de l'invention du chalumeau et de la soudure, qui sont déjà du domaine de l'histoire, (filais l'estampage n'exige qu'un moule, et de bonne heure les anciens connurent et pratiquèrent ce mode de fabrication, ad gfycènes, on a trouvé plusieurs moules à bijoux qui offraient en creux exactement les mêmes dessins que présentent en relief quelques lames d'or estampées venant des mêmes Joui Iles. Ils sont en granit, en basalte et en diorite, et s'employaient alternativement pour l'estampage et la fonte. 3>e ces moules de pierre, on se sert jusqu'à nos jours che~ les tdrabes et dans les petites villes de Calabre. «â> 'ouvrier , dit un voyageur archéologue, a devant lui une plaque d'ardoise (lavagna), dans laquelle il a gravé en creux la forme du bijou. Sur cette pierre, il étale une mince lame d'argent ou d'or, qu'il couvre d'une lame de plomb, double d'épaisseur. Cela fait, il frappe vigoureusement avec un maillet de bois, pour faire pénétrer dans le creux la feuille de métal, souple et ductile 1 » .

Si le batteur d'or s'arrêtait à l'estampage, t orfèvrerie resterait un art secondaire, glais avec son marteau , l'ouvrier fait tout ce qu'il veut; il prend te métal à l'état de lingot, l'aplanit, lui donne n'importe quelle for me, pousse les reliefs, creuse les profondeurs, et constamment soumet la pièce au feu, sans quoi elle casserait sous le poids du maillet. Tous les

Fr. Lenormant, La Grande- Grèce, t. II, 322.

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vases d'or et d'argent- se J'en I au marteau; la ciselure et la gravure au burin ne viennent qu'après cette opération principale, qui résume à elle seule tout l'art de l'orfèvrerie.

fEn regardant les planches de cet ouvrage, le lecteur suivra facilement les progrès de la main-d'œuvre, tels que je vi:ns de les indiquer. Xes Lfrecs, il est vrai, donnaient à l'orfèvre le nom de fondeur d'or (^puuo^ooç), et JLpmère déjà se sert du verbe fondre lorsqu'il s'agit d'un simple placage. Qj/Lais la langue parlée ne s'exprime pas loi/jours correctement ; au lieu de créer un mot nouveau, on s'en tenait à /ancien, qui visait la seule opération de la fonte du lingot. îPour l'argentier, la langue grecque a un mot bien mieux approprié; elle l'appelle batteur d'argent (àpYupoxonoç).

Quelques bas-reliefs antiques et une fresque de î'ompéi représentent des ateliers d'orfèvre. On y voit le lamineur, le ciseleur, peut-être le bijoutier proprement d'il , avec ses outils et à son travail. Vers l'an mil, le moine Théophile, qui avait visité les couvents grecs, donne des renseignements précis sur la disposition d'un atelier byzantin l. -Les fenêtres se trouvaient à un pied au-dessus du sol. X' ouvrier s'asseyait devant la fenêtre, qui était très petite, dans un trou de trois pieds de long sur deux pieds de large. Une flanelle arrondie, posée à un demi-pied au-dessus de l'excavation, lui couvrait les genoux

Theophilus, Schedula diversarutn arlium, ch. 1-2.

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et l'empêchait de perdre les déchets du métal. Je me trompe, ou cette installation remonte à l'antiquité la plus reculée, en Orient tout au moins; elle ne figure ni sur la 'fresque ni sur les bas-reliefs dont il vient d'être question.

Qfous allons faire rapidement le tour des peuples anciens qui ont travaillé l'or avec le plus de succès, et dont les ouvrages sont décrits dans ce volume.

ïEn QSgypte, l'orfèvrerie était considérée comme le premier et le plus noble des métiers. Souvent les textes hiéroglyphiques parlent d'un chef des orfèvres ; ils nous apprennent que, dans la vallée du Syïl, l'art de travailler les métaux précieux se transmettait de père en fils, comme en <grance, au ^Loyen âge, la verrene et la frappe des monnaies. Sous le règne de la XII" dynastie, un de ces chefs, lui-même fils d'orfèvre, avait reçu dès son enfance une récompense du roi1.

ïL '^Egypte tirait son or de la Nubie et des montagnes situées entre le Q'il et la QJer rouge. Œ,a plus ancienne carte

' Erman, Aegypten, p. 610. — Une inscription latine, de Rome, dit d'un enfant mort à l'âge de douze ans, qu'il savait déjà faire des colliers et sertir des gemmes : noverat hic docia fabricare mouilla de.xlra et molle in varias aurum disponerc gemmas. Bticheler, Aiitlwlogia latina, n. 403.

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géographique connue représente les mines d'or de Copies; elle est du XIII' siècle avant notre ère l, du temps de Œ(ainsès II.

U orfèvrerie égyptienne est devenue, pour nous, un sujet de vire admiration depuis la découverte du trésor de la reine <t£hhotpou et la trouvaille de 3)ahshour. On peut l'étudier ici sur quelques pièces importantes, notamment sur un grand hracelet à charnière (pl. II), semblable à celui de la reine -^£lihotpou, et sur un bel exemplaire de l'oiseau akem, à tête de femme, qui, symbolisait l'âme humaine (pl. 1, 2). Xes plumes de l'oiseau sont incrustées de Jines lamelles en turquoise et en lapis la^uli, s'ajustant avec une minutieuse précision dans leurs alvéoles d'or. Ces objets nous reportent aux origines mêmes de l'émail cloisonné, qui, sous la XIIe dynastie, avait déjà atteint son plus haut degré de perfection. Sur le bracelet, toute une inscription, un vœu de bonheur, est tracée en cloisons d'or garnies, autrefois, de lapis et de cornalines, qui ont du produire l'effet d'une miniature. Vue paire d'armilles (pl. III, 9) plaît par l'originalité de sajerme ; c'est une réglette prismatique, pliée en cercle et ornée, extérieurement, dune Jrise de cloisons carrées qu'on avait remplies de pâtes bleues.

SEn SUgypte, nous voyons les premiers exemples dujîl d'or ■incrusté dans le bronze. .Veux statuettes, reproduites sur la pl. IV, vont nous initier à cette technique délicate, partt-

Erman, Aegyplen, p, 619.

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nu

entièrement ta Jtgurine de c femme, enveloppée d'un réseau en passementerie d'or, un des plus beaux spécimens rencontrés: jusqu'ici.

Œies bagues sont en fonte pleine, très lourdes, chargées tantôt de sujets gravés, tantôt d'hiéroglyphes qui contiennent un prénom de roi [pl. \, -), ou le nom et le titre de quelque haut fonctionnaire (pl. \, 5), car elles servaient de cachets. Souvent, un scarabée mobile y prend la place du chaton (pl. I, 5). %a tête de Çjj{taut figurée sur la pl. I, 4 passe pour un chef-d'œuvre de gravure de l'époque saïte. 3L'étrier, qui était la forme la plus ancienne de l'anneau sigillaire (pl. I, 6), y est remplacé par cette tige arrondie que nos bijoutiers modernes appellent «.bague chevalière » .

Une série de feuilles estampées (pl. VII), venant d'zdrnathente de Chypre, appartient indubitablement à l'industrie phénicienne. iDans Jjomère, les orfèvres de Sidcn jouissent déjà d'une haute renommée, et, en effet, beaucoup de nos bijoux antiques peuvent avoir été fabriqués à Sidoii ou à -Tyr, mais personne n'aura la présomption de fixer avec certitude leur pays d'origine. Qfotre embarras n'est pas moindre pour les bijoux juifs, qui restent confondus dans le nombre des bijoux

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orientaux et ne s'en distinguent par aucune marque particulière . JJans fart du métal, les Suifs ont rivalisé avec leurs voisins; au [Moyen âge, le métier d'orfèvre ne s'exerçait que dans les couvents et che^ les Juifs.

Sur les feuilles estampées de Chypre, on remarque deux styles différents. iL'un, qui confine à l'enfance du dessin, produit des idoles d'oAhtarté d'une indicible barbarie [pl. VII, 26. 27. 32); l'autre s'inspire de modèles égyptiens (pl. VII, 28. 29), mais sans les imiter servilement.

J'ai donné à l'art phénicien les boucles d'oreilles décorées de têtes d'animaux de facture très ancienne : têtes de griffons {pl. VIII, 59), de lions (pl. VIII, 42), de taureaux ou de bouquetins sauvages. Ce parti pris de ne rien changer aux attributions convenues, aussi longtemps qu'on ne peut les remplacer par de meilleures, n'implique pas une approbation. Je croîs que ces boucles sont d'art grec et fabriquées en Cyrénaïque. Jes têtes de bouquetins ressemblent tout à fait à celles des peintures de Jteni-Qfassan'1.

Jes [Etrusques, qui avaient la passion des bijoux et s'en couvraient littéralement des pieds à la tête, étaient doués d'une habileté singulière peur le travail des métaux. SEncore

' Gazelle archéologique, t. V, 78.

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cinq cents ans après la perte de leur indépendance, un auteur grec les appelle o0.oTtyyo<., «amateurs des choses de l'art ou de l'industrie ». Critias, dans une de ses élégies, parle de coupes d'or inventées par les Œyrrhéniens1.

îL'ouvrier étrusque avait une légèreté de main incomparable. Il dédaigne la ciselure; tous ses bijoux sont faits de pièces rapportées, superposées, soudées au chalumeau; le poinçon et le burin n'y trouvent pas d'emploi. 2/ sait le secret de la préparation de la grenaille, qui se fait dans un creuset, avec du poussier de charbon, où l'or se fond en gouttelettes et, spontanément, prend la forme sphérique. £e procédé a été décrit par Uenvenute Cellini. idveç ces granules d'or, d'une finesse microscopique, l '^Etrusque produit des chefsd'œuvre que, même de nos jours, où le travail manuel est puissamment aidé par le travail mécanique, nul effort n'a pu égaler. On verra ici une suite de fibules d'or («M y,-}6), d'ancien style, prodigieuses de finesse. !La paire de pendants d'oreilles dessinée sur ta pl. VIII (n° 41), avec ses fleurons, ses jolies palmettes en filigrane, ses mamelons grands et petits, semés de grains d'or et enveloppant toute la surface du bijou, présente une forme qui ri appartient qu'à l'art étrusque. Sj'ÎÉtrurie a donc sa propriété exclusive: le granulé. 9$lle dispose les grains d'or avec une adresse souple et patiente. £a

Bergk, Poëtœ îyrici grœci*, p. 602 : ^pucoTUTtoç <pw&7).

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patience, nous l'avons vu, était aussi ta qualité maîtresse de l'orfèvre égyptien; mais la science du granulé n'a Jleun au mémo degré dans aucune autre terre.

D'après les auteurs grecs et les inscriptions , d'innombrables ouvrages d'orfèvrerie se trouvaient en Çfrèce, déposés la plupart dans les trésors de temples et gardés sévèrement par les prêtres ou les trésoriers. Dès le milieu du VIIe siècle avant notre ère, on parle d'une statue colossale de Uupiter, en or martelé, offerte à Dunon d'Olympie par un des tyrans de Corinthe. De cojj're de Cypsélus portait des incrustations d'or. ?Au VIe siècle, l'oracle de 'Delphes expose d'énormes richesses dans son sanctuaire, et déjà quelques noms d'orfèvres commencent à entrer dans la célébrité. Dlus tard, c'est Phidias et c'est Dolyclète, les plus grands statuaires de leur temps, qui décorent de plaques d'or ciselées leurs sculptures en ivoire. Des vases d'argent se couvrent de reliefs que les artistes les plus renommés, fâtentor, QJys, Doéthcs, ne craignent pas de signer. De fout cela, rien n'est parvenu jusqu'à nous.

Des premiers ouvrages d'orfèvrerie grecque dérivent de l'art oriental ; telles, les boucles d'oreilles de Cyrène que nous venons de retrouver parmi les bijoux de la Dhenicie. filais

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bientôt h génie grec, maître du bronze et du marbre, s'applique aux métaux précieux. Il ne vise pas à la virtuosité des ouvriers égyptiens ou étrusques ; il possède le goût et la mesure, et, de l'union de ces qualités, naît te bijou grec.

Sfous sommes peu renseignés sur les centres ée fabrication qui ont dû exister aussi bien dans la Ljrrèce propre qu'en oA'sie mineure. Que les grandes villes, ^Athènes, Corinthe, Sicyone, y aient brillé au premier rang, j'en suis certain. Xucien cite les bijoutiers d'SSphèsâ; les adctes des oApôtres racontent l'épisode de l'orfèvre QJémétrius et de ses collègues, qui vendaient de petits temples portatifs, en argent, réductions du temple de 3)iane On pratiquait déjà la division du travail, car un spécialiste , faiseur de bracelets (iLsXtvonoioç), est mentionné dans une inscription de Sparte, ffin 9france, au KJ\loyen âge, lacorporation des anneliers s'occupait exclusivement de la j fabrication des bagues, comme les anularii à Œ[ome.

Ua collection, dont je publie le catalogue, permet d'étudier à l'aise les créations de l'orfèvrerie grecque dans ses genres divers. Une petite statuette (pl. V, ij), représentant un jeune homme et venant de l'île de S(hodes, est en or massif, fondue, sans doute, à la cire perdue. 3)e même, cette fête de négrillon (pl. V, 16) en ronde bosse, placée si aiidacieusement dans le cercle d'un anneau sigillaire. Un fragment de coupe d'or

1 Ch. XIX, 24 et suiv.

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(pl. VI, 25), avec sa triple frise de glands de chêne, peut donner une idée des vases précieux qu'en offrait aux dieux ; c'est une plaque épaisse, dont on a tiré des reliefs de la plus forte saillie, par le procédé du repoussé, appelé utpupiriXaTTiiJK cheq les Gérées. Un superbe coulant de collier en or (pl. VII, j6), avec sa double pal mette, ses croissants piqués de fleurons, et sa- figurine d'aéhiour, rappelle la finesse méticuleuse des bijoux de Cervefri.

Dans les boucles d'oreilles (pl. VIII), c'est surtout la variété des motifs qui nous frappe : bustes de bacchantes, panthères coiffées de lierre, canards, grappes de raisin, fleurons incrustés de grenats, et cent autres. Une épingle à cheveux (pl. VII, j8) attire le regard par un élégant réseau qui lui enveloppe la tête.

De nos bractées, la plus ancienne, un masque de théâtre (pl. V, i}), est dans le beau style du Ve siècle; les fermoirs de collier (têtes de bélier et têtes de lion, pl. V, ij — 21) peuvent remonter à la même époque. Une multitude de figurines , groupées autour du dieu Soleil, décorent un long diadème estampé (pl. VII, jj). Des bagues, en fonte pleine, ou ornées de pierres et de pâtes, forment une série aussi riche que variée (pl. IX).

Sous te règne des Dtolémées, la ville d ' ^Alexandrie en Dgypte devint le foyer d'une civilisation où l'art de Y orfèvre trouva son emploi dans des proportions non encore atteintes

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et jamais surpassées depuis. 3Hn relisant, dans aéCthénée, la description de ta Jeté de CPtolémée CPhiladelphe, on se rendra compte du nombre extraordinaire de statues d'or et de vases d'or, appartenant au trésor du roi, qui aimait tes bijoux comme 'Louis XIV aimera les diamants. Sculpteurs, peintres, mosaïstes et verriers s' épuisèrent en créations neuves, spirituelles, encore pures de style et d'un goût charmant. On sait que les orfèvres d '^Alexandrie étaient alors les premiers du monde et que leurs ouvrages, répandus partout, restaient, jusqu'à la fin de l'SEmpire romain, d'inimitables modèles1. SOa pl. VII (n" 54) reproduit, dans l'éclat de ses couleurs, un diadème bachique, un cep de vigne, dont les pampres d or sont estampés et découpés aux ciseaux, les grappes en pâtes vitreuses, verte et blanche. C'est l'œuvre, trouvée en SEgypte même, de quelque artiste alexandrin du temps de 1 3Smpire. sA la planche précédente (VI, 24), on verra un bas-relief en argent, spécimen d'une de ces appliques (emblemata, en latin crustae) qui s'ajustaient au fond des coupes et des patères. Il représente une femme couchée sur un lit de repos, près d'une enceinte murée et d'un cadran solaire. Cette femme, tenant le gouvernail, personnifie la cité d'oA'lexandrie et figure, avec le même attribut et dans la même pose, sur les médailles des Empereurs frappées en iEgypie.

fTh. Schreiber, die alexandrinische Toreutik (Leipzig 1894).

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Une école d'art non moins attachante, quoique infiniment moins douée, Jlorissait en Crète, et son existence nous est révélée dans la série de bijoux (pl. X — XI) recueillis par iPhotiadès-.Tacha, ators qu'il était gouverneur de l'île. Quelques pièces de cette provenance peuvent lutter avec les plus belles ; le disque au croissant, par exemple (pl. X, 71), qui a une étroite parenté avec le collier de la pl. VII (n" 36). Mais la plupart des bijoux crétois sont d'une facture voisine de la barbarie. Ils appartiennent à l'industrie locale, et les sujets des bagues d'argent ressemblent aux types des monnaies antiques de la Crète. !Le rapprochement est curieux, parce que tous les coins monétaires, grecs ou romains, ont été gravés parla main d'un orfèvre.

QTous arrivons à Œ(ome. Xe vrai J(omain de la République se sentit peu de goût pour la parure ; mais les bijoux s'y portaient de tout temps, achetés en UStrurie, et le premier bijoutier latin dut être l'élève d'un niaitre étrusque.

Sous les rois déjà, les orfèvres de Œ\ome (fabri aurarii) formaient une corporation. HLa bague en fer, des chevaliers, fut bientôt remplacée par une bague en or; au cou des enfants, on suspendait des bulles d'or, et les femmes ne se privaient ni de colliers ni de bracelets. On estampait en argent les

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masques des ancêtres; quelques monnaies républicaines, frappées à l'effigie du roi Titus latins, représentent un de ces masques. j^Lais après la victoire sur ÇQannibal et la conquête de la (jrèce, le luxe Jît de rapides progrès; la vaisselle d'argent et d'or du monde entier vint rehausser le j'aste de la noblesse romaine ; Auguste et SLiwie eurent des orfèvres grecs, Protogènes et Zeuxis, parmi leurs esclaves.

3?» thèse générale, les bijoux de fabrication romaine conservés dans nos musées ne sont pas antérieurs au IIIe siècle de ViEmpire. a^Cinsi, ces jolies bordures ajourées de monnaies et de médaillons d'or, ou ces lourdes bagues en or massif', disgracieuses de forme, serties de pierres gravées. Il doit en exister de plus anciens, et de tous les siècles de l'histoire de Hfome, mais nous ne savons pas les distinguer des bijoux grecs de basse époque. ULe camée d'o/£uguste, trouvé a lirlemont, est enchâssé dans un superbe cadre d'or ; ce cadre aura été ciselé par un (jrec établi à 9\ome.

9fos planches reproduisent deux pièces d'argenterie, dont l'origine romaine n'est pas discutable ; un buste de Junon (pl. V, 14), destiné à quelque laraire, et la mentonnière de casque (pl. XII) découverte a Tola. Celle-ci, le morceau capital de noire collection de bijoux antiques, remonte au règne de Septime-Sévère et nous donne la mesure juste de ce qu'un haut dignitaire de cette époque, l'empereur peut-être, devait considérer comme un ouvrage de premier ordre.

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Xa décadence romaine eut deux héritiers: les Cjrermains et l'empire d'Orient. o£ peine installés dans les provinces conquises, les peuples germaniques apprennent à fabriquer euxmêmes leurs armes et leurs parures. Ils se font forgerons et orfèvres.

X 'orfèvrerie barbare doit aux fouilles de ces dernières années un essor imprévu. Ce que jadis on appelait simplement «-bijou mérovingien», se rencontre dans tous les pays atteints par l'invasion des barbares, et c'est avec une sûreté absolue que nous attribuons ces objets aux envahisseurs du Ve et du VIe siècle. Selon le pays où ils se trouvent, il est possible de déterminer le peuple qui les a fabriqués, (foths, Vandales, Xongobards, 'Jfranks, Xurgondes, bavarois, damans, adnglo-Saxons et Scandinaves y ont leur part.

lie bijou germanique n'a pas que des imperfections. Gtgrdiment l'ouvrier imite les modèles les plus difficiles à copier, remplace la symétrie du décor antique par tin désordre souvent génial, trouve des firmes nouvelles, bigarres si l'on veut, mais originales, emploie pour une même pièce simultanément tous les procédés techniques : l'estampage, le filigrane, la ciselure, la niellure, le cloisonnage. Il montre surtout un goût

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très vif pour les couleurs et ne se lasse pas d'embellir Je pierres et de pâtes vitreuses ses ouvrages d'argent ou d'or {pl. XVI, m. 1 1 . Son dessin reste dans la sphère du dessin linéaire; rarement on y voit un masque humain (pl. XV, 108) ou la tête d'un fauve (pl. XV, 107).

On peut supposer que les objets de parure trouvés en Crimée, au $£ont ^lithridate (pl. XIII), sont d'origine gothique. ÏLes pierres dures : grenats, émeraudes, cornalines, y abondent, soutenues par des cloisons d'or. 3)e même, les boucles de ceinturon (n° 147-153) en or massif, très lourds de poids, souvent ornées de verroterie.

C'est probablement à un artiste longobard que nous devons un superbe disque de ^fibule (pl. XIII, 102), en cuivre plaqué d'or, surchargé de filigranes et d'émaux cloisonnés. !Les bords du Sfhin en ont fourni d'autres («os 155-158), dont le plus beau, avec son grenat enchâssé, porte le n° 1 14 sur notre XIVe planche.

Quant aux bi/oux franks, ils viennent, ta plupart, du grand cimetière mérovingien de Qlarchélepot, exploré en 1 885. Ce cimetière a servi aux sépultures depuis l'arrivée des franks en Picardie jusqu'au règne de 3Liouis-le-3)ébonnaire (81 4-840) , et les parures recueillies dans ses tombes sent restées en usage pendant plusieurs siècles. Les fibules radiées de nos pl. XIV et XV étaient ensevelies dans la plaine de Qlarchélepot. Créé, selon toute vraisemblance, par les ffoths,

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ce genre de Jîbules apparaît, dès le IIIe siècle, en Crimée et en 3?annonie ; on en connaît plusieurs, ornées de légendes, et ces légendes contiennent des noms propres gothiques. 3)es exemplaires pareils à nos n"s 104 et 107 (pl. XV) se sont rencontrés en lîpngrie; sur le tableau synoptique de 'M. de Saye, j'en vois d'autres, avec des modifications plus ou moins sensibles, clie\ les eJiiglo-Saxons, les Surgondes, en Suisse, dans le midi de l'Allemagne, le nord de l'Italie, jusqu'en {Toscane. Celles que couronne une plaque oblongue, bordée de denticules, se trouvent aussi en Danemark, clie^ les zAlamans et en {Bavière. Hlles sont presque toujours en argent doré et niellé; de longues bordures de triangles minuscules, gravées dans te métal et incrustées de sels, jbnt l'effet d'un émail.

Une mosaïque de pâtes cloisonnées décore les disques de Jibule (pl. XVI), et ces pâtes, d'ordinaire d'un rouge vineux, ne manquent ni aux épingles de chlamyde (pl. XIV, 105. XVI, 116), ni aux boucles d'oreilles. S'appelle ï attention sur la forme polyédrique de ces dernières (pl. XVI, 117. 1 1 8), parce qu'elle est commune, elle aussi, à tous les peuples barbares et se retrouve depuis la Crimée iusquau nord de T Afrique .

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Les dernières productions de l'orfèvrerie antique nous reportent vers l'ŒJmpire d'Orient. La cour impériale, tes églises et les couvents de Constantinople possédaient des richesses au moins égales à celles des rois et des temples grecs. SDans la salle à manger de l'empereur, les plateaux, en or plein, destinés aux fruits et aux pâtisseries, avaient un poids tel et de telles dimensions qu'on était obligé de les suspendre au-dessus de la table et de les manœuvrer avec des cordes.

Ij'art byzantin prit ses outils et ses modèles dans les ateliers romains. Voyei cette pendeloque (pl. IX, 57) avec sa légende à jour; elle est dans le même goût que les bordures des monnaies et médaillons du IIIe siècle, et due à la même technique, le découpage (opus interrasile). Le beau bracelet chrétien, pl. XVII, orné d'un buste de la Vierge en prière et d'une jolie J'rise de cygnes battant des ailes, est à la J'ois estampé, découpé, cloisonné. L'art de 93yzance y formule déjà tout son programme , vers le VIe siècle; il en abandonnera quelque chose, dans la suite, mais n'y ajoutera rien et ne fera jamais mieux. Je crois que les deux patères d'argent, n"s 196 et 197, dont l'une est sertie d'une monnaie de Théodose, ont

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été fabriquées sur les bords du 3)anube ou de la (Mer noire, et apportées par tes 'Wisigoths à (Toulouse.

(j^Lais la pièce la plus précieuse de notre série byzantine est une croix-reliquaire, dont les pl. XVIII et XIX reproduisent tous les aspects. Le caractère paléographique de ses inscriptions, l'une latine et correctement écrite, l'autre grecque et plus fautive, nous permet d'affirmer quelle date du VHP siècle et qu'elle fut fabriquée dans ï Italie méridionale , alors su jette au gouvernement de Ccnstantinople. (Les objets d'art religieux, je l'ai déjà dit, se faisaient dans les couvents, quelquefois par l'abbé même; il nest donc pas douteux que cette croix, aujourd'hui dépouillée de ses reliques, soit l'œuvre d'un moine. Son cloisonnage est d'une finesse et d'une perfection admirables ; à bon droit, elle compte parmi les merveilles d'art' du (j\îoyen âge byzantin.

(La renaissance du goût fut principalement l'œuvre des orfèvres italiens. Les plus grands maîtres du XVe siècle avaient travaillé l'argent et l'or, avant de devenir sculpteurs et peintres. aAu XVIe siècle encore, (Benvenuto CelUni prit cette même route. L'&ddlemagne fut bientôt gagnée par h

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mouvement, et depuis 1 520 tes orfèvres d 'Augsbourg et de Qfuremberg acquirent une légitime renommée, autant par la beauté de leurs ouvrages que par leur robuste fécondité. QSn même temps, l' art français abandonna le style gothique et, de François Ier à Charles IX, choisit les Italiens pour modèles. ÎElle fut suivie par l'iEspagne, tandis que l 'Angleterre parait avoir subi îitfluence allemande plutôt que l'exemple de la France.

les pièces d'orfèvrerie de la 'Renaissance, faites de gemmes, de perles fines, d'or et d'émaux de toute couleur, sont d'incomparables joyaux. Il y a la une richesse déformes, une hardiesse de conception, une virtuosité de main et un raffinement de technique qu'on n avait jamais vus ensemble. Si le sujet ne rentre pas purement dans l'ordre décoratif, il est tiré de la mythologie ou de l'histoire romaines, mais sans exclusion des sujets religieux et des figures symboliques du \loyen âge, comme la licorne [pl. XXII, 156) et le pélican [pl. XXI, 215). !La sainte 'Vierge et le Christ, puis, tout à coté, les forges de Vulcain, l'Amour décochant une flèche, Amphitrite dans une coquille, la Continence de Scipion : voilà les motifs principaux des pendants de cou et enseignes de chapeaux, figurés sur nos planches XXI («os 126-129) e^ XXII («" 132). HDans les ouvrages français, rien n'égale en beauté la pendeloque au chiffre de SELenri II (pl. XXI, 212). le dauphin (pl. XXII 1^5) est un travail espagnol, inspiré probablement

INTRODUCTION

par les estampes de $Hp.ns Collœri qui affectionnait les monstres marins et les bêtes fan tastiques. Si restreint que soit le choix des objets que nous avons Jait reproduire, il donne bien l'idée du génie des orfèvres de la Renaissance.

ORFÈVRERIE ANTIQUE

1. (Pl. I, a). Ame égyptienne en or estampé et incrusté de pierres dures. — Épervier à tête humaine, coiffé du klaft, les ailes éployées horizontalement, les pattes relevées. Le devant ne porte pas d'incrustations, et c'est là, sur la poitrine de l'oiseau, que l'orfèvre a fixé l'anneau de suspension. Mais le revers a reçu un décor très riche : un lapis lazuli en cabochon figure le derrière de la tête; les plumes et les pennes forment une mosaïque de turquoises et de lapis lazuli, taillés en lamelles et incrustés dans des cloisons d'or. Tout ce travail est de la plus prodigieuse finesse.

Notre pl. I reproduit l'objet sous ses deux aspects.

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Des ailes émaillées, fragments d'une âme égyptienne, ont fait partie du trésor de Palestrina. — Voyez aussi la Collection Tysïkiewici, pl. XI, 2 et 3.

Beau style, probablement de la XVIII' dynastie. — La bélière est annelée.

Hauteur, 22 millim. — Largeur, 33 millim.

(Pl. IV, 11). Figurine de femme en bronze incrusté d'or. — Ce bronze, malheureusement privé de sa tête, représente une déesse égyptienne debout, le bras droit pendant le long du corps, la main droite fermée, les jambes tenant l'une à l'autre. Comme la figurine suivante, elle a pour parure un collier à cinq rangs, orné de pendeloques. Sa tunique, échancrée sur la poitrine et retombant jusqu'aux pieds, enveloppe le corps étroitement et lui donne l'aspect d'une momie.

La statuette entière, face et revers, est couverte d'incrustations en or, d'une incomparable finesse de travail. Le dessin principal figure un réseau, dont chaque maille, tracée au compas, décrit un losange évidé, ponctué à son centre et à ses angles. Sur les seins et les omoplates, ce sont des traits inclinés ou verticaux qui descendent, coupés par des lignes horizontales. Au bas de la tunique, on retrouve le même genre de décor. Enfin, chaque épaule est parée d'une fibule d'or.

Collection du baron Menascé (Catalogue de vente, Paris 1891, n° 328).

Hauteur, 11 centira.

(Pl. IV, 12). Figurine de la déesse Neith, en bronze incrusté d'or. — . Elle est coiffée de la couronne rouge et vêtue d'une tunique très étroite, moulant les formes du corps. Au bras gauche, elle portait un sceptre; sa main droite, fermée et perforée, a dû tenir un autre symbole, probablement l'insigne de la vie. La déesse est dans l'attitude de la marche, la jambe gauche en avant.

Ce bronze, de beau style et d'un modelé très délicat, a été incrusté de fils d'or. Les contours des yeux, les sourcils, l'armille qui entoure le bras gauche sont en or jaune. Sur le collier, l'or jaune alterne avec l'or pâle. Notre chromolithographie n'a pu rendre ces nuances légères, qui donnent à la décoration un charme tout particulier. Quelques figures géométriques sont dessinées sur l'armille; le collier, à cinq rangs, est chargé de pendeloques.

Hauteur, 174 millim.

(Pl. II, 8). Grand bracelet orné d'hiéroglyphes et de dessins linéaires en émail cloisonné. — Les hiéroglyphes se suivent sur deux frises parallèles; dans chaque frise, et sur chaque moitié du bracelet, apparaît trois fois l'œil oudja précédé d'un luth. Tous ces yeux sont estampés et soudés sur la feuille d'or du fond; les luths sont figurés au moyen de lamelles d'or, debout sur leurs tranches.

Un cordon de petits cylindres en or creux, régulièrement espacés, fait office de bordure; un double rang de chevrons

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sépare les frises; à droite et à gauche, des cloisons carrées ou oblongues alternent avec des cloisons plus étroites, groupées par trois.

Restes d'incrustations en pierres dures de couleurs variées, surtout de cornalines et de lapis lazuli.

Des charnières annelées et finement ciselées réunissent les deux moitiés du bracelet. On les maintenait avec des aiguillettes en or.

L'interprétation nous est fournie par M. Maspéro qui dit ceci dans son Guide du visiteur du Musée de Boulaq (p. 267-68. 284) :

« L'œil mystique, en égyptien oudja, est l'oeil du dieu Hor, qui jouait un certain rôle dans la légende osirienne. Ses pleurs avaient donné naissance au vin, à l'huile, à toutes les substances utiles. Aussi les vivants et les morts avaient-ils l'habitude de porter l'œil oudja comme talisman, afin de se mettre sous sa protection et d'opposer sa puissance à tous leurs ennemis».

«Le luth no/ré est l'hiéroglyphe du beau et du bon, l'emblème de toutes les bonnes choses qui découlent de l'œil d'Hor».

Hauteur, 5i millim. — Diamètre, 66 millim.

(Pl. III, 9). Paire de bracelets en or creux, remarquables par la rareté et l'originalité de leur forme. L'anneau, au lieu d'être cylindrique, est façonné en réglette, de sorte que sa section donne un carré à la place d'un rond. La face externe porte trente-six cloisons oblongues, de forte saillie, et chaque cloison était ornée

d'une pâte vitreuse. Des restes de mastic blanc adhèrent à la plupart des alvéoles, dont quelques-uns seulement ont conservé leurs pâtes, de couleur bleu lapis.

Diamètre total, 88 millim. — Diam. intérieur, 74 millim. — Hauteur de la tranche, 9 millim.

6. (Pl. I, 5). Sceau d'or en fonte pleine. — Le chaton forme une plaque

rectangulaire, biseautée; la tige de l'anneau est de forme cylindrique et s'aplatit à sa base.

Quant à la légende, elle renferme le titre Prophète inspecteur (?) de la déesse Bastit, lé nom propre Hâpimen ou Menhâpi, et la filiation fils de Pshere Sakhaithorou d'un personnage de l'époque saïte (XXVIe dynastie , VII" et VIe siècles avant notre ère). Elle a été publiée par M. Maspéro en 1 883 dans la Zeitschrift de Lepsius, p. 70.

Hauteur du chaton, 16 millim. — Longueur, 18 millim.

7. (Pl. I, 4). Bague d'or en fonte pleine. — Chaton ovale ayant pour

sujet de gravure le buste de Maut, profilé à gauche. La déesse est coiffée de la dépouille d'un vautour, par dessus laquelle s'élève le disque solaire entre deux cornes de vache; ses cheveux sont tressés en nattes, son buste est drapé.

Beau style de l'époque saïte; gravure très fine et très profonde. Les parois externes de l'anneau sont convexes.

Hauteur du chaton, 17 millim.

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(Pl. I, 6). Bague d'or en fonte pleine. — Chaton découpé. Sujet de la gravure : la déesse Sekhet à tête de lionne, debout à droite, l'urœus au front, un sceptre au bras gauche, le bras droit pendant le long du corps. L'anneau, à peine arrondi, est plat à l'intérieur et convexe sur sa face externe. — Époque saïte.

Hauteur du chaton, 19 millim.

(Pl. I, 7). Bague d'or à chaton ovale, en fonte pleine. — « La gravure représente le dieu Shou agenouillé et soulevant de ses deux bras la barque solaire. Un signe de vie est planté sur son genou gauche, un autre suspendu à son bras droit. Il repose sur le signe de la corbeille, qui semble n'être là que pour remplir l'exergue du sceau. Dans le naos, installé sur la barque, est perché un épervier à peine visible. Les hiéroglyphes disséminés dans le champ nous apprennent qu'il s'agit du roi Thoutmosis III (XVIIIe dynastie, XVI" siècle avant Jésus-Christ), le dieu grand, maître des deux Égyptes, Mankhopirrî. C'est le roi lui-même qui est censé habiter le naos de la barque solaire avec le dieu Râ-Hor,figuré par l'épervier. L'artiste a ainsi constaté, dans cette sorte d'apothéose, l'identité de Pharaon, fils de Râ, avec Râ son père, ce qui est le dogme principal de la royauté en Egypte » {Interprétation de M. Maspéro).

Cercle en bordure. L'anneau est une simple tige cylindrique.

Hauteur du chaton, 19 millim.

10. (Pl. I, 3). Scarabée enchâssé dans un grand anneau d'or en fonte

pleine.

La tige de l'anneau, renflée au milieu, s'amincit vers ses deux bouts, qui s'introduisent chacun dans un annelet. Le scarabée, en prime d'émeraude, est mobile, serti dans un anneau ovale qui en enveloppe la base et dont la saillie protège le sujet gravé sur le plat. Il est perforé dans le sens de la longueur et traversé par une aiguillette en or. La gravure représente le bœuf Apis, debout devant un bouquet de lotus. Au-dessus, l'insigne de la vie (ankh).

Largeur de l'anneau, 33 millim. — Hauteur totale, 3o millim.

11. (Pl. I, i). Pendeloque d'or en fonte pleine. — D'un grand calice de

lotus émerge la tête d'Horammon enfant, coiffée d'un mortier que surmontent le disque solaire et deux plumes. — Époque saïte, ciselure extrêmement fine. Derrière les plumes, un petit anneau de suspension.

Hauteur, 24 millimètres.

12. (Pl. IX, 56). Jolie pendeloque, représentant le serpent Agathodémon

dans un naos égyptien. Le serpent se dresse de face et a pour coiffure le disque solaire entre les cornes; le temple est entouré de rinceaux qui simulent des branches de vigne. Tout ce décor est en filigrane et d'une délicatesse de travail remarquable. Dans le haut, la plaque est échancrée et ornée de deux cupules; dans le bas, on voit une troisième cupule et une bélière annelée.

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Trouvée en Egypte. Coll. du Baron de Menascé (Catalogue de vente, 1891, pl. VI, 262).

Hauteur totale, 28 millim.

3. Grand collier. — Il est formé de primes d'émeraude entremêlées de perles et de pendeloques en or estampé, auxquelles s'ajoutent quelques barillets en verre grenat, taillés à facettes. A chaque bout il y a un barillet en pâte vitreuse simulant l'agate rubanée. Les pendeloques en or estampé sont les suivantes : Au milieu, le dieu Bes, debout à droite, jouant du tambourin. Autour, quatre pièces figurant l'œil oudja, deux scorpions, six coquilles, deux urœus, vingt pendentifs terminés en fleurs de lis, deux cynocéphales, puis un grand nombre de larmes et de breloques façonnées en panse d'amphore.

A la chaîne principale sont suspendues huit petites guirlandes, quatre de chaque côté du point médian.

Longueur, 53 centimètres.

. C ollier formé de perles et d'olives en pâte de verre jaune ou multicolore (blanc, vert et jaune), alternant avec des pendentifs en or estampé et en terre émaillée bleue.

Les breloques en or sont les suivantes: cinq palmettes, deux têtes de chacal ou d'Anubis, six sistres à têtes d'Hathor, puis quantité de larmes et de fleurs de lis. Les figurines en terre

émaillée sont au nombre de trente et représentent Ptah embryon, Anubis, le cynocéphale etc.

Longueur, 45 centim.

Pendentif en pâte'de verre blanc opaque. — C'est une tablette de forme oblongue, encadrée dans une feuille d'or ciselée. Elle a servi de coulant de collier; un trou percé dans le sens de la longueur traverse la pâte et la bordure d'or.

Longueur, 21 millim. — Hauteur, 17 millim.

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