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LES PROJETS ET LES VŒUX

La guerre paralysa l’œuvre grandissante de cette Union, mais dès la fin des hostilités, les besoins de paix, d'entente, de collaboration provoquèrent des mouvements d'idées non plus seulement à Bruxelles, mais à Paris, à Vienne, à Genève, Lausanne et dans tous les pays civilisés. Les tendances internationales se firent jour à nouveau sous la pression des grands faits qui dominent la vie moderne : universalisation croissante des sciences, développement des communications, besoin pour les pays peu ou mal outillés intellectuellement, de demander une formation supérieure aux pays plus avancés. Ce qu’il fallait, c’était faire naître et développer un esprit international, c'était habituer les hommes à « penser international ». M. Léon Bourgeois a fait remarquer que « sans un esprit .de mutuelle intelligence internationale, une Société des Nations ne peut vivre », et plus tard M. Paul \ aléry ! exprimera cette idée dans une phrase restée célèbre : « Une Société des Nations suppose une société des esprits. »

L'Union des Associations a montré par son programme d’études, qu’elle se proposait d'arriver dans une certaine mesure à former cet esprit. Dès avant guerre ses congrès demandaient la création d’une Société des Nations, « aboutissement final des mouvements internationaux ». D’une façon générale, on peut dire que l’Union fut l’un des principaux pion-

(1) M. P. Valéry est actuellement président du Comité permanent des Lettres et Arts.

niers de l’idée de la S. D. N. et même de sa matérialisation, tant par ses publications (Actes des congrès mondiaux, Annuaire de la Vie Internationale, La Vie Internationale 1, le code des vœux et résolutions des congrès, catalogues des collections) que par les vœux de ses congrès mondiaux de 1910, 1913, 1920. M. P. Otlet n’écrivait-il pas en 1919 :

« ...Il y a lieu de posséder un organe supérieur « qui concrétise en quelque sorte les aspirations de « l’humanité vers une vie intellectuelle commune... « Agissant en véritable Parlement des affaires de « l’intelligence, sa mission est de donner une impul- .-« sion continue au mouvement de l’esprit général et « d’harmoniser constamment l’activité des institu- « tions particulières » 2.

En regard de ces activités de Bruxelles, il était tout à fait naturel qu’un projet de création d’un Comité international de coopération fût mis en avant par les Belges à la Conférence de la Paix. L'Union, en effet, présenta à la (Conférence de Paris, le 5 février 1919, un amendement sous forme d'article additionnel au pacte, ayant pour but de faire incorporer dans la constitution de la S. D. N. une charte des intérêts intellectuels et moraux, aux mêmes titre et droit que celle des intérêts du travail 3. Cette charte était destinée à développer, à coordonner les travaux scientifiques, artistiques, littéraires, plutôt qu’à les protéger. À cette même séance, l’Union pro-

() Cette publication a été interrompue en 1914.

(2) Paul OnLeT, Centre intellectuel mondial au service de la S DANFERruxelles19192p%21

(3) Cette pétition était développée peu après dans le mémoire sur Un centre intellectuel au service de la Société des Nations.

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posait la création d’une Commission internationale de coopération intellectuelle; mais la Conférence de la Paix, réunie pour discuter de questions d’une importance exceptionnelle (discussions relatives à la mise sur pied de la S. D. N.) ne s’intéressa pas aux projets belges, qui furent retirés. Quand, en 1920, la S. D. N. fut créée et organisée, le Congrès des Associations internationales de septembre 1920 renouvela sa proposition qui, cette fois, fut en partie acceptée et servit de base à la constitution de la Commission de 1922.

Un autre projet, d’origine française, émane de JAssociation française pour la $S. D. N. Le 21 juin 1920, le comité exécutif de cette association que présidait M. Appel, Recteur de l’Université de . Paris, adopta une double résolution! au terme de laquelle il désirait :

1° Que la $S. D. N. comprit à bref délai une organisation permanente du travail intellectuel;

2° Que la $S. D. N. créât un Office des Relations Intellectuelles et de l'Education, chargé de répandre les idées directrices de la S. D. N. dans les différents pays.

M. Appel écrivit au Secrétaire général de la $. D. N. pour lui faire part de cette double résolution ?.

A son tour, la IV‘ Conférence Internationale des Associations pour la S. D. N. chargea M. Julien Luchaire %, au cours de sa réunion de Milan, de

(1) Hsu-Fu-TEH, p. 16, o. c.

(2) On trouve la publication de cette lettre dans le Journal Officiel de la S. D. N. d’octobre 1920, p. 445.

(3) M. J. LuUCHAIRE, inspecteur général de l’Instruction publique en France, professeur à l’Académie de Droit International de La Haye, deviendra en 1926, directeur de l’Institut International de Coopération Intellectuellz de Paris.

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