‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 34 sur 65 · VEN · texte numérisé non relu

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du travail dans une certaine partie du peuple. Les conséquences ont été identiques : plus de famille, plus d'éducation; l'enfant grandissant au hasard sans idéal, sans ue mür bientôt pour le désœuvrement

| égoïste dont il est la victime, et fournissant le type peu ‘bourgeois viveur, désœuvré, ignorant, dont Îles

traits distinctifs sont la sécheresse du cœur, l’étroi- | | tesse de pensée, la brutalité vulgaire, type qui diffère | si peu de celui du mauvais ouvrier paresseux et

ivrogne.

En résumé, Kant a défini le droit : « L'ensemble

4 « des conditions sous lesquelles la liberté de chacun « s'accorde avec la liberté de tous.

Pourquoi cette définition nous ut -elle une insai-

sissable abstraction ? Pourquoi ne peut-elle plus servir

de base à l’ordre social? Parce qu’en fait, la liberté de chacun ne s’est pas accordée avec la liberté de tous. Et l'on en revient toujours à la même conclusion : le défaut de notre société, c'est d’avoir méconnu la nécessité du principe organique, d'avoir donné au droit un ÉUPPOU ) faible : l'individu isolé.

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L'idée sociale et le groupement organique.

. Tendance universelle au groupement organique. Dans la nature. Dans

. intérêts. Ses avantages et son rôle dans le droit moderne. En quoi il se distingue de l’ancien système corporatif et n’est pas un recul vers le passé. Union des capitaux. Union des personnes. Trade-

> Unions. Coopération. Portée du groupement dans la solution des __‘ questions sociales.

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Je viens de montrer comment, sous l’action de la tee du contrat social, du droit romain et de l'économie politique classique, la doctrine individua- liste en arrive à dissoudre les organismes locaux, à ï confondre l’idée d’association avec l’idée de monopole et de privilège et à constituer ce qu’on a appelé : " nouveau régime. Ce régime, pour avoir dédaigné et 4 méconnu la force de l’organisation, a été déçu dans ses espérances. Il à proclamé la liberté ; l’autorité se . redressant l'a courbé sous le joug. Il a proclamé l’égaà lité: rl inégalités est développée avec ses contrastes les Bin aigus. [l a proclamé la fraternité; la haine s’est

assisté à une période de lente désagrégation, au cours

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la philosophie contemporaine. Dans l’histoire. Le groupement des

… déchaïinée avec une fureur de tempête. Et nous avons

de laquelle les ferments destructeurs l'ont emporté

sur les éléments de conservation (!).

La nature, cependant, est la première à nous donner .

Ja preuve de la tendance universelle à la cohésion. Sous l'influence des théories de Wallace et de Dar-

win, on s’est accoutumé pendant longtemps à ne voir

dans l’univers qu'une mêlée affreuse de forces aveugles

ne laissant survivre que les plus aptes. Or, à côté de la luite pour la vie, la contemplation du cosmos nous

révèle la coopération pour la vie. L'attraction en

l'univers.

Les Hole résultent du groupement et de la pénétration réciproque des atomes, les corps nou-

veaux résultent du groupement et de la pénétration 4

astronomie, la cohésion en physique, l’affinité en chimie sont des conditions essentielles de l'ordre de 1

réciproque des molécules. Les substances les plus …

. complexes naissent d associations diversement combinées d'éléments simples. En un mot, tout est groupe-

ment, coopération, concours autour de nous. Et que sont les groupements humains, sinon la reproduction,

dans l’ordre social, du procédé d'évolution mis en.

lumière par Spencer : une différenciation croissante tendant à séparer les unités différentes et à réunir les unités semblables ? Siun amas de protoplasme amorphe devient un merveilleux organisme, ne le doit-il pas à

la segmentation, à la dissociation progressive des parties différemment conditionnées, à la concentra-

(‘)} En France surtout, le droit public est resté hostile au principe d'association et a entravé le développement des associations per tout un attirail de lois et nn décrets.

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tion, à odiou progressive des unités semblablement conditionnées ? Hire

Le parallélisme complet entre la vie organique et la vie sociale est souvent discutable; mais ici il est évident. Pour Spencer, la loi de eo tion est la loi d'équilibre. L’homogène, c'est la masse indéterminée, instable, incapable de résistance. L’hétérogène

seul, par la variété de sa structure interne, par la

multiplicité des combinaisons, peut faire face à la

variété des actions extérieures. Plus il y a spécialisa-

tion, plus il ya cohésion (). Or, dans la société, l’homogène c’est la tribu sauvage où tout est confondu,

Où rien ne dure; où l’homme ne se considère pas

comme membre d’une collectivité et vit du produit de

la chasse et de la pêche et des fruits des arbres,

jusqu’au moment où un plus fort lui enlève sa sub-

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