‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 36 sur 65 · NAS · texte numérisé non relu

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nismes collectifs; Fichte, pénétré du respect des traditions, demandait, dans son livre : Der geschlossene Handelsstaat, le retour aux corporations ; Gœthe,

indigné du caractère négatif du xvir siècle, réclamait

dans Wilhelm Meister une classification des travail-

leurs en maîtres, compagnons et apprentis; Fourrier

et Saint-Simon, enclins aux réveries sentimentales, proposaient, l’un ses « phalanges », l’autre sa hiérar-

chie des travailleurs, et Fourrier invoquait la loi

d'attraction de Newton qui doit régir le monde moral comme le monde physique. Tous avaient le même point de départ. Pour tous, la vie sociale était non la

vie solitaire, mais la vie en commun. Pour tous, lhu-

manité devait tendre au groupement et à pen tion.

Leur doctrine seule est vraie; seule elle peut con- |

duire à l'équilibre social. Il suffit de regarder autour de soi. À un moment quelconque, il existe toujours, dit Brentano (), des êtres supérieurs, ie êtres inférieurs et des êtres moyens.

Les êtres supérieurs constituent une élite, et pour cette infime minorité, la liberté individuelle est nécessaire et féconde. |

Les êtres inférieurs, plus orne que de pre=.

miers, Sont encore minorité. [ncapables de se servir de la liberté, ils ont besoin de protection, et on leur apprend à être libres comme on apprend à marcher aux enfants, c'est-à-dire en les soutenant. |

Enfin, les êtres moyens forment l'immense majorité.

() Luso BRENTANO, er AU dem heutigen Recht, 1877.

ei l'autorité ne leur est pas indispensable, la liberté

individuelle ne leur suffit pas ; il leur faut la liberté

organisée, c’est-à-dire les groupements. Et c'est sur- tout dans les démocraties, là où l'égalité des conditions et le nivellement des rangs font disparaître les

individualités puissantes, que l’association doit tenir

lieu de ces dernières et jouer le rôle qu elles ne rem-

plissent plus.

On n'échappe pas autrement à la mêlée des appétits égoïstes : contenir toutes les volontés sous l’autorité d'un maître, c'est le despotisme de Hobbes et la

monarchie absolue. Affranchir toutes les volontés par | Ja fiction du contrat social, c’est le radicalisme de Rousseau et la démocratie absolue. Entre la liberté sans frein et l'autorité sans limites, il n’y a d’autre ‘intermédiaire que la liberté organisée. Entre un État où les volontés sont isolées et un État où les volontés

. sont subjuguées, il n’y a place que pour un Etat où les

volontés sont. groupées en faisceaux résistants. Alors, au lieu de chercher à se nuire, les citoyens tendent à

se prêter un mutuel appui et comprennent de plus en

| plus l'utilité du sacrifice dans l'intérêt collectif.

… La caractéristique du groupement organique, c'est * le concours de tous à l’œuvre commune. Que l’on

prenne le groupe le plus simple, une société de tir à

l'arc ou de musique; ou le groupe le plus développé,

une coopérative, une association professionnelle, on y

distingue les mêmes traits généraux.

Toute association exige de ses membres un certain esprit de sacrifice. Chacun y donne quelque chose de soi en faveur des autres. Chacun renonce volontaire-

ment à une part de liberté en faveur d'avantages que lui fournit le groupe; et chaque groupe accepte volontiers de se soumettre à des règles nécessaires en faveur du but spécial qu'il poursuit. Are

L'individu isolé s’analyse, s étudie, se replie sur

lui-même, devient de plus en plus personnel, cède de plus en plus à ses sensations et finit par ne plus penser qu’à lui. Les individus associés acquièrent des idées plus larges et des sentiménts plus élevés et plus désin- | téressés. L'homme isolé raisonne d’une façon abstraite | et laisse agir les autres; les hommes associés sentent d'une façon concrète et hatehent à agir ensemble.

« [n'y a de fécond, écrit Fouillée, que ceux de be MS oublient eux-mêmes paie se donner à autrui (> .\) / Cela revient à déclarer : Il n’y a de fécond que le grou- Las pement.

| L'idée sociale ainsi CHFedUe ea L donc l antithèse de “ l’idée individualiste.

D oui L'école individualiste dit à l’homme:

« Développe-toi, même au détriment d'autrui. Si tu « veux réaliser le plus grand bien de (os réalise . « d’abord ton propre bien. » | L'école sociale lui dit au contraire : « Développe | « avant tout l’œuvre commune, Si tu veux réaliser : D fl x ton plus se bien, songe avant tout à réaliser le : « bien collectif. » RC

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Les hommes sont destinés à vivre en commun; et ja la vie commune implique la notion de la communauté ie des intérêts. Chacun doit exclure de son esprit la ten- »

(2) Revue des Deux Mondes, 15 février 1894, P. SH.

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dance au Droiloe chacun dott se pénétrer de l’idée que les intérêts de ses semblables se confondent avec. les siens, et c’est en multipliant les groupes que Pon

se rapproche le mieux de la pra DAANIQUE de tous au bien de tous.

« La force de la civilisation, a dit Taine, ce sont

- les corps spontanés. » Assurément, pour que la / ñ N

Société soit forte, il faut de fortes individualités; mais pour fortifier les individualités, il faut fortifier les

groupements sociaux; l'homme leur doit tout ce qu'il

est. PAL 7 L'histoire nous mt la preuve de la puissance

et de la fécondité des groupements organiques.

L'association a assuré le développement régulier de

L l'humanité; elle symbolise sa jeunesse féconde, l’épo- ‘que Heuirélse où l’on peut parler du génie silencieux

des masses collectives parce que l’on sent palpiter

D Pine collective, parce qu’il y a un idéal collectif.

Elle à permis aux générations de se relier entre elles; elle nous a fourni l’image d’une société existant

% | indépendamment de la naissance et de la mort des

individus; elle a matérialisé cette pensée de Pascal :

“ « La suite des générations depuis tant de siècles doit

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« être considérée comme un homme qui vit toujours !

« et apprend toujours.

Que l’on considère la société du droit cermanique

et du droit franc avec les Gaugenossenschaften, les”

Hundertgenossenschaften et, dans les campagnes, les D ou la société du droit anglo- saxon avec les Shires, les Hundreds et les Tythings ; ou la société du droit ane avec les Fylkgenos-

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