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Or, au moyen âge, le même problème se pose : le 4
développement et la prospérité des communes, comme le développement et la prospérité de l'industrie moderne, avaient concentré dans les villes une popu-
lation ouvrière considérable. Comme maintenant, Les ouvriers se sont trouvés en face des lignages, des bour- 4 geois, de la classe dirigeante, et comme maintenant, ils ont revendiqué leurs droits. Mais loin d’être, comme
privés de point d'appui, ils ont trouvé dans les corps de métiers où 1ls se BRAS par. professions, un asile tutélaire. . GR a
I n'y a rien de plus admirable dans notre histoire où que le spectacle des efforts déployés par nos ancôtres, “4 les ouvriers de nos vieilles communes. Il est beau de les voir s'unir étroitement dans les fraternités, grandir, s'élever et triompher par le groupement dés intérêts qui a pénétré leur vie, qui à fait passer sur eux : un grand souffle de justice et a laissé son cbr à modératrice sur leurs esprits. HT
Les ouvriers de cette époque n'ont pas déclaré la . guerre à l’ordre existant; ils demandaient simplement à en faire partie et à en profiter avec les autres, et … partout, au xiv° et au xv° siècle, ils avaient atteint leur | but. i aus
Ils étaient organisés, et ils comprenaient. la valeur
ils comprenaient le rôle de l autorité; ils trouvaient ke
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ca bonheur dans Hs acrps de métiers et ils savaient se replier sur eux-mêmes. Et quand ils se dressaient dans la vaste arène du monde jour user de leurs droits et de leurs libertés, ce n'était pas pour nier et pour détruire, mais pour affirmer, pour créer etpour fonder des œuvres durables. |
L'histoire montre ainsi aux pouvoirs lice le rôle
quils ont à remplie vis à-vis des forces ouvrières; elle montre aux ouvriers que lèur avenir est non Lu la
révoluti ion, mais dans le groupement et l'évolution légale: elle nous montre à tous quelle force réside
dans la représentation des intérêts.
Les communes puissantes, dont je viens de parler,
ont touja urs été des représentations d'intérêts.
Qu'il s'agisse de Rouen, Amiens, Londres ou Augs-
bourg, Florence, Gand, Bruxelles ou Liége, l’on y voit les classes sociales arriver au partage du droit
politique, non par le suffrage universel, mais par la
représentation des intérêts.
À Gand, à l'époque d’Artevelde, la Vo comprend trois éléments : 4° les Poorters ou grands bourgeois ; 2° les grands métiers, avec les tisserands à leur tête, et 3° les 52 petits métiers. Chacun de ces trois groupes choisit ses neue et les conseillers
ainsi nommés constituent ce qu'on ju la grande
commune de Gand. | | | À Ypres, la population est divisée en six collèges.
Deux de ces collèges représentent les corporations bourgeoises et deux représentent les corps de métiers ouvriers. Le grand conseil de la commune d'Ypres est la fédération et la représentation de ces six collèges,
: #5 Me ue qui ro rod ateti ainsi fidèlement un fes intérêts 4 essentiels de la cité; ce sont les. collèges qui. envoient leurs délégués au conseil de Ja commune. | A Bruxelles et à Liége, Les bourgeois et Les métiers, | le capital et le travail se partagent le pouvoir; les | à bourgeois nomment un des bourgmestres et la moitié | des conseillers, les ouvriers nomment l’autre bourg- * mestre et l’autre moitié des conseillers. Aïlleurs, il en? « 081 de même. nor ue | De nos jours, on appelle cela fe là chinoïserie. Nos procédés sont, en effet, beaucoup plus simples. Je ne | sais pas si les résultats ne sont pas un peu chinois. Alors, au contraire, malgré cette chinoïserie, la comca Une. s’est élevée très haut; elle est dévenue une force 10 politique de premier ordre; elle a eu une action déci- 1 | sive sur la civilisation elle a été le bouclier deslibertés publiques. ‘Avec une: préoccupation constante des : intérêts du plus grand nombre et de fa participation : ) directe des petits aux affaires, elle n’a cependant : du rénsacrié AU HOMbrE A 0) 107 | : Les ouvriers avaient la représentation des intérôts, à % le suffrage par groupes. Il ne leur est jamais venu à : l'idée de demander le vote par tête. Jamais ils n’en ont eu besoin. Etsi, au lieu de voter par catégories et de \ constituer une fédération d'intérêts sociaux, ils eussent 4 voté par individus et assuré la domination du nombre, il est certain qu'ils n’auraient pas réalisé la vraie A) démocratie dont ils ont laissé la trace dans nos annales; 4 nn du ‘ils n'auraient pas conquis les réformes sociales dont. no ils nous ont légué le souvenir; qu'ils n'auraient pas Ne 4 créé un gouvernement où deux classes sociales coexis-
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Parent sans se bte et où l'équilibre . de ri pi de leurs forces. Ve 20 L'histoire des parlements confirme ces tendances. fo | un 1789, partout où les parlements ont fait chose utile, ils ont été une fédération et une représentation de forces sociales. Telle est la source de la grandeur et de la puissance de l'Angleterre. Après 1789, la vie s’est retirée des centres locaux; elle s’est réfugiée au sommet, dans les assemblées, et on a abouti à une centralisation effrénée, ne laissant en PRÉSE RS que cs deux abstractions derrière lesquelies il n’y avait plus, , 1. rien : l'État d’ une part, le peuple de l'autre. Et si, malgré tout, le parlementarisme a encore eu dans notre siècle un rôle glorieux, c'est parce qu'il a été encore une représentation d'intérêts. Il a repréde. senté les intérêts de la classe moyenne à un moment | où ils devaient être représentés et où seuls ils Fou- vaient l'être. La classe moyenne, en effet, à l'issue de la Révolution française, a eu une grande mission à R remplir : la conciliation entre la révolution etla réacn:-tion, L apaisement des forces jetées l’une contre l' autre. 4 C'était là l'intérêt piédominant. Les autres intérêts restaient encore dans l’embre. La classe moyenne, la bourgeoisie, était la seule classe dirigeante ; elle seule était là pour rémplir cette tâche, et elle l’a accomplie en trouvant dans le Parlement l'instrument politique adapté à la situation. Mais bientôt les choses. ont A changé; d’autres intérêts ont surgi; d’autresproblèmes ! sont nés; d’autres questions se sont dressées, redon- | | | tables, pressantes, nombreuses, les questions sociales ! ‘ ù a.
Le Parlement ne repcsant plus sur les éléments | A UT ; ; q da ANR
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SOCIAUX, mais sur le bre n'avait -plus en. lui ce qu'il fallait pour s'adapter immédiatement aux besoins à nouveaux. Des symptômes de faiblesse se sont manl- É festés, et le prince de Bismarck a pu dire que l'âge “2
d'or du régime parlementaire était fini.
Serait-il possible de revenir aujourd’ hui à destendances plus organiques? Elles apparaissent déjà, en
germe, dans plusieurs ne positives, et elles sont plus répandues qu'on ne le croit.
Sans compter le Sénat français, émanation de sroupes locaux et de forces locales, le Sénat en Italie, en Espagne, en Portugal; le Parlement en Autriche, en Roumanie, en Paande ; l'Assemblée provinciale en Russie, dans le orand-duché de Bade, en Bavière,
en Saxe, en Prusse; l’Assemblée communale en Prusse, à Brême, à Hambourg se rapprochent de la
représentation des intérêts sociaux. Il en est de même en Belgique du système des sénate: rs provinciaux.
Il devient de plus en plus manifeste qu’il faut abandonner la représentation du nombre, pour aller aux
divisions organiques et à lareprésentation des groupes.
Les campagnes et les villes d’abord forment des organismes distincts. Et il a fallu l'esprit d’abstraction du régime impérial pour confondre dans un même moule deux types aussi absolument dissemblables
qu’un village et une grande ville.
Il existe, en outre, certains cadres : les unions
ouvrières, les chambres s yndicales, les bo les
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universités, le barreau, la magistrature, le Aer : en
l'armée, ‘etc.,; qui sont le: rouages naturels d'une
représentation organique, et : qui permettraient de É à
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sion du principe d'autorité dans ce qu’ila de plusnoble et représenterait cette autorité légitime qui a sa source dans le talent, la AtIeuCe, la raison, la
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