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liorées. Grâce à cela, elles constituent actuellement des économies rurales bien organisées et viables. La politique agricole de l'Allemagne et le vif essor de son industrie et de ses villes, qui, d’une part, absorbaient le surplus de la population agricole et, d'autre part, constituaient un débouché excellent pour les produits de la terre, assuraient ainsi une bonne rentabilité à l’agriculture. Le Gouvernement veillait aussi à l'augmentation du niveau de la technique agricole qui est, en effet, très élevée dans cette partie du pays. En dernier lieu, les habitudes et la loi sur les successions préservaient ces propriétés d’un morcellement trop fort.
À côté des exploitations agricoles paysannes ayant des dimensions rationnelles leur assurant un développement suffisant, existaient, d’autre part, de très grandes exploitations où était en usage une technique très perfectionnée.
La politique des Gouvernements russe et autrichien fut tout à fait différente à ce sujet. D'abord, l’appropriation des terres s’est faite dans ces deux parties d’une façon chaotique et ne fut pas accompagnée d’une action parallèle de remembrement et d'amélioration des terres. D'ailleurs les gouvernements, dans ces deux parties du pays, veillaient très peu à une organisation adéquate de l’agriculture, étant donné les conditions spécifiques qui y existaient. C’est ainsi que l’ancienne partie russe appartenait à un grand pays où l’agriculture était l’occupation essentielle de la population. D'autre part, les produits agricoles russes avaient des conditions de production plus avantageuses étant donné les méthodes extensives et le caractère de terres neuves d’énormes superficies libres sur la Wolga, en Sibérie, en Ukraine, etc., ainsi que l’extrême fertilité de ces terres. [ls concurrençaient ainsi âprement les produits agricoles polonais.
De même en Galicie les conditions de la production agricole étaient beaucoup moins avantageuses qu’en Hongrie ou en Moravie, soit au point de vue de la fertilité des terres, soit en matière de rationalisation de l’agriculture.
En outre des conditions de production moins avantageuses et d’une politique commerciale qui ne prenait pas en considération les nécessités de l’agriculture dans les deux parties, les Gouvernements ne se préoccupaient pas de l’amélioration et du remembrement des terres. Par ailleurs, grâce à sa forte natalité, la population s’accroissait alors dans une forte mesure, malgré l’émigration considérable. Il n’y avait pas,
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d'autre part (surtout en Russie) même dans l’ancien Royaume du Congrès de centres industriels suffisamment développés, pour absorber tout le surplus de la population. Par conséquent, un fort morcellement et une disette de terre s’ensuivirent, d'autant plus que la loi ne réglementait pas la superficie des propriétés. On tâchait de remédier à cet état de choses par l’achat individuel de terres provenant des grands propriétaires qui trouvaient leur profit dans la vente en détail de leurs terres. Comme cela se passait sans surveillance et sans méthode, il s’ensuivit un démembrement des terres poussé à un très haut degré. C’est surtout dans l’ancienne partie autrichienne que ce procédé fut très développé et que le pourcentage des économies rurales, ayant des dimensions trop faibles pour permettre une exploitation rationnelle, fut très élevé.
Par ailleurs. les régions du pays où la grande propriété prévaut, sont la Poznanie et la partie est.
En ce qui concerne le niveau de la technique agricole, celui-ci va en s’abaissant de l’ouest à l’est et est au plus bas dans les départements de l’est.
Le gouvernement a pris une série de mesures après le recouvrement de l'indépendance pour remédier à tous les inconvénients dont souffre l’agriculture. Entre autres, a été votée une loi sur la réforme agraire qui, en sa forme définitive, prévoit le parcellement (soit à l'amiable, soit par contrainte) des terres de très grandes propriétés et leur répartition entre les paysans. Cette loi, qui poursuit son but par des dispositions dont l’effet s'étend sur une longue période, ainsi que les mesures prises par le Gouvernement, tendent à la création d'exploitations viables et ayant des dimensions rationnelles!, Des mesures sérieuses sont prises, d'autre part, pour relever le niveau de la technique agricole dans le pays et pour améliorer les terres. On prévoit même un assèchement des grands terrains improductifs de la Polésie dans l’est du pays qui constitueraient alors une réserve de terres très appréciable.
1. De 1919 jusqu'à 1929, 1.600.094 ha. furent employés dans divers buts en rapport avec la réforme agraire, 435.091 exploitations agricoles ont subi une augmentation de leur superficie ou ont été nouvellement créées (le nombre de ces dernières est de 102.785). Du total des terres ainsi distributes les exploitations nouvellement créées ont reçu 978,779 ha.: dans le but d’ augmentation de superficie fut employé 630.182 ha., dans les autres buts 191.133 ha. (Annuaire statistique de l'Office central de staiistique, 1930).