‹ L'Organisation du Crédit en Pologne Son Évolution Depuis la Première StabilisationChapitre 138 sur 214 · LARGE · texte numérisé non relu

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Du problème du relèvement de ce genre de coopération s’OCcupa également le sixième congrès coopératif qui eut lieu à Lwow le 14 mars 1929. Il y fut pris une série de décisions ayant pour but l'extension du réseau de coopératives de ‘crédit et le renforcement de leur base financière.

En dehors de l’Union des sociétés coopérativesukrainiennes qui elle, embrasse, en grande partie, les coopératives de la population ukrtinienne ayant une tendance nationale nettement prononcée, reste encore une fraction importante de coopératives (au 1. 1. 1928 — 23. 7 % du nombre total des coopératives ukrainiennes); il en est ainsi surtout sur Île territoire de l’ancienne partie russe où la coopération ukrainienne ne s'associe qu'avec peu d’empressement à l'Union de Lwow, bien que cette dernière fasse beaucoup d’efforts dans cette direction (création d’une succursale à Luck en 1927)

Il existe ectuellemcnt encore une autre union « Ruski] Rewizyjnyj Sojuz» (Union Ruthène de révision) à Lwow qui, elle, embrasse les sociétés coopératives de la population ukrainienne ayant des tendances nationales moins prononcées.

Le nombre total des sociétés appartenant à cette Union était à la fin de 1928 de 131, celui des coopératives de crédit, de 16 à la fin de 1926, de 20 à la fin de 1927 et de 22 à la fin de 1928. Leur importance au point de vue du chiffre d’affaires est insignifiante. Leur centrale financière est la « Zaszezita Zemli » à Lwow, en forme de société coopérative, qui avait distribué à la fin de 1927 296.000 z1. de prêts au total.

Les chiffres 1lustrant l’activité des 17 sociétés envisagées par le rapport du Président du Conseil coopératif furent les suivantes à la fin de 1928: Capitaux propres: 167 mille z1., capitaux empruntés : 826 millezl.,prêts distribués : 761 mille z/2.

Ainsi qu'avant la guerre, une certaine partie de la population ukrainienne est associée actuellement dans les coopératives de crédit, système Raïiffeisen, qui font partie du Patronat, régional à Lwow (Union polonaise); de nombreux ukrainiens font aussi partie des autres coopératives de crédit, polonaises ou juives.

2. M. Felinski, L’ organisation et le développement de la Ie ukrainienne en Pologne (Sprawy Narodowosciowe, 1929, n° 2). 2. Rapport annuel du Président du Conseil coopératif pour l’année 1929.

$ 5. La Coopération juive.

La coopération juive présente un intérêt spécial, aussi bien au point de vue du développement très rapide qu’elle a connu à partir de 1924, que par les traits originaux qui la caractérisent.

La coopération juive d’avant-guerre n'avait pas une égale importance sur tout le territoire de la Pologne actuelle. Dans l’ancienne partie autrichienne, elle avait atteint un certain degré de développement et possédait même une union propre, bien que son organisation ne fût pas parfaite. Elle englobait une grande partie des coopératives appelées « familiales » qui, profitant de la loi autrichienne très libérale sur les coopératives, pratiquaient l'usure sous le masque de sociétés coopératives.

Par ailleurs, la coopération juive dans l’ancienne partie russe n’existait pour ainsi dire pas, la population juive faisant essentiellement partie des sociétés coopératives jmixtes où toutes les nationalités, sans distinction, étaient représentées et où l’élément juif était le plus nombreux et le plus actif.

Les sociétés coopératives juives peu nombreuses, qui y existaient portaient un véritable caractère coopératif. Elles ont toutes péri, à quelques exceptions près, pendant la guerre et l'inflation.

Dans l’ancienne partie allemande, les juifs ne vivant pas en masses compactes, la question de leurs sociétés coopératives ne se présentait pas.

Les raisons du développement considérable que le mouvement coopératif juif connut après la guerre et l'inflation et le rôle que dès lors il joue, tiennent à des facteurs d’ordres différents, aussi bien économiques que politiques.

Les sociétés coopératives de l’ancienne partie russe existant encore d’avant-guerre, muées par un sentiment de nationalisme, et profitant. de la clause des statuts, ont exclu tous les membres juifs n'ayant pas complété leur part d’associét. D'autre part, la grande masse de la population juive en Pologne est constituée par des petits et moyens commerçants, des artisans et des petits industriels. La population juive profitait largement avant la guerre du crédit des ban-

1. Dr Ing. T. Klapkowski, La coopération dans l’agriculture polonaise, p. 95.

ques locales et des coopératives, ainsi que des crédits des banques autrichiennes et russes.

C’est elle, qui a actuellement le plus souffert de l’imperfection du marché de l’argent polonais et du manque général de disponibilités. L'appareil privé de crédit se trouvait complètement désorganisé après la stabilisation de 1924. La baisse du zloty en 1925-26 acheva encore la débâcle des banques. Lorsque survint le krach de plusieurs grandes banques {la Banque pour le commerce et l’industrie à Varsovie, etc...), la province s’est trouvée presque complètement dépourvue d’appareil financier.

Pendant la même période, les organisations juives internationales déployèrent leur activité en Pologne en fournissant des capitaux importants, à l’effet d'améliorer la situation économique de la population juive à l’Est de l’Europe. Ces organisations ont pris sous leur protection le mouvement coopératif juif en lui procurant les fonds de roulement indispensables.

Tous ces facteurs ont contribué au très fort développement de la coopération de crédit juive surtout sur le territoire de l’ancienne partie russe. La majorité, et les plus importantes de toutes les sociétés coopératives juives, sont réunies dans l’Union des sociétés coopératives juives de Pologne à Varsovie.

Le tableau suivant indiquant les postes principaux des

Nombte Cie Roux Capitaux ae Qt PA a Te Ps el bilans a) propres |d'épargne | obtenus IStriDuës fe membres RAERNS En millions de zlotys D US Pr" LIL Rae ee to | | | 31 déc. 1924 175 50.010 4.5 0.6 0.8 di 2.2 31 déc. 1925 215 72.873 14.4 2.2 2.5 | 129 4.9 31 déc. 1926 320 114.544 | 48.7 4.1 10.2 | 6.7 1931 | 31 déc. 1927 372 148.116 102.0 7.6 20.4 13.3 | 38.8 31 déc. 1928 480 186.686 165.0 12.4 39.3 16.9 | 64.3 | s1NAeC1929 511 198905 208.5 16.6 57.6 LOL 84.9 | 31. déc. 1930. | 548 208.856 208.4 20.3 68.3 | 17.9 | 93.5

a) Dans les totaux des bilans sont compris les comptes d’encaissement

d’effets de commerce, etc., dont le montant est très élevé (à la fin de 1929 env. 90 millions de z1.). :

bilans réunis de toutes les coopératives de crédit faisant partie de cette Union, nous montre l'énorme progrès qu’elles ont réalisé à partir de 19241. , En étudiant les chiffres du tableau ci-dessus, nous voyons que, bien que dépassant de beaucoup les moyennes par société et par membre, en ce qui concerne l’ensemble des Coopératives de crédit, les coopératives de l’Union des Coopératives juives le cèdent cependant dans une forte mesure aux sociétés appartenant à l'Union des unions (en dehors de la moyenne des dépôts par membre). , Les moyennes des différentes catégories d'opérations par société et par membre furent les suivantes à l'Union des sociétés coopératives juives à la fin de 1930

Nombre des Capitaux Total des Prêts membres propres capitaux Dépôts fournis empruntés Moyenne par société (en milliers de DIE NO) CRE PS ETS CUS 381.1 37.0 157.3 124.6 170.8 Moyenne par membre (en z1.).. — 97.2 412.6 327.0 447.7

a) pour la moyenne de membres, en unités.

Les sociétés coopératives réunies dans l’Union des sociétés coopératives juives en Pologne, sont pour une grande partie des coopératives de crédit, essentiellement du type Schultze- Delitsch. Elles se partagent en deux catégories, d’après le montant maximum du crédit qu’elles accordent et d’après la clientèle qu’elles desservent. Ce sont :

19 Des sociétés coopératives appelées «Populaires », sociétés de petit crédit dont le crédit maximum accordé à une même personne est de 2.000 zl. et dont la clientèle se compose en majeure partie d'artisans et de petits commerçants.

20 Des sociétés coopératives des commercants où le maximum de crédit pouvant être accordé à une personne dépasse 2.000 zl. et dont la clientèle se compose pour la plupart de commerçants moyens et de petits industriels

1. « Informations statistiques » de l'Union des sociétés coopératives juives en Pologne.

Cette division n’a qu'un intérêt purement fiscal. C’est ainsi que les premières sont dégrevées d’une grande partie d'impôts, tandis que les secondes le sont dans une mesure beaucoup plus faible.

Les ressources des sociétés appartenant à cette union ont connu une très forte augmentation, à partir de 1924. Tandis que, pendant les premières années qui ont suivi la stabilisation, le gros des capitaux des sociétés était constitué par les crédits octroyés par la « Fundation » (organisation internationale juive qui finançait les sociétés coopératives), ces crédits ne constituent au 1er juillet 1930 que 11% de tous les fonds de roulement. Augmentent, par ailleurs très considérablement les capitaux propres, surtout les capitaux sociaux. Les coopératives juives obtiennent des crédits de réescompte relativement assez importants dans les dernières années, auprès de la Banque de Pologne et de la Banque de l’économie nationale. Ces crédits sont accordés, soit directement à ces sociétés, soit par l'intermédiaire de la centrale financière de l’Union. [ls apparaissent cependant comme insuffisants, aussi bien par rapport aux besoins de ces sociétés que par rapport aux progrès qu'elles effectuèrent en comparaison des autres unions.

Soulignons, que la crise financière de 1925-26 n’a pas eu sur les sociétés de l’Union des coopératives juives le même effet défavorable que sur les sociétés des autres unions; elle a même, au contraire, contribué à l'épanouissement du mouvement coopératif juif. Ceci s'explique par deux raisons lorsque de nombreuses succursales de banques privées furent liquidées, à leur place se sont établies des coopératives de crédit. Les ressources de ces sociétés n’ont pas trop souffert non plus, la majorité de leurs crédits se faisant à cette période presque exclusivement en dollars. Un certain affaiblissement se fait cependant voir dans le mouvement d’accroissement du nombre des sociétés appartenant à cette Union, qui s’explique du fait que l'établissement du réseau des coopératives de crédit juives est presque terminé à l’heure actuelle, surtout dans l’ancienne partie russe où presque chaque ville comptant plus de 300 familles juives possède une coopérative de crédit. Par ailleurs, l'Union rend beaucoup plus rigoureuses les conditions d'acceptation de nouveaux membres. L'Union en effet :

19 Ne veut admettre dans son sein que les sociétés coopératives ayant un but vraiment coopératif,

2° Elle ne favorise pas la création, dans les mêmes localités, des sociétés coopératives pouvant se concurrencer et nuire ainsi au mouvement coopératif,

En outre de cêtte Union, il en existe encore dans la coopération Juive deux autres : L'Union générale des sociétés coopératives à Lwow et l'Union des sociétés coopératives de commerçants à Varsovie.

Tandis que la première existe déjà depuis longtemps, la seconde fut seulement créée en 1928.

Ces deux dernières unions n’ont pas la même importance que la première.

L'Union de Lwow réunit, en grande partie, des sociétés coopératives «familiales» qui veulent de cette façon échapper au contrôle gênant du Conseil coopératif. Un certain mouvement de réorganisation se fait cependant sentir dans cette Union, en ces derniers temps, celle-ci tend à revêtirun caractère plus coopératif.

Les chiffres à la fin de 1928 donnent une idée de l’activité de cette Union!:

Nombre des coopératives de crédit — Total .................... 196 — CTI VIE ARE Char NA re ee Men er ie 113 Nombre des MEME RER RE relie De Aleich en orle e cereiu ele 37.165 rotauxs des DAME EE PE LT Cri 28.2 millions de zlotys CADITAURAIDIODRe ER Er Dee Creer 17 — Lotalndes Capa MemhAUNTÉS EE EE EEE ee. 10.6 — DÉDOLSAÉDATONDEMEP PETER ÉPEE EEE RCE Ne 9.0 — Crédits oO D tenus MR ET en een een ire 1.6 — CLRÉAILS EC AISITIDUE SAPIN RARE ET UE mar Ne Te te INT —

Constatons l’importance assez grande de l’élément agricole parmi les membres de ces coopératives (47.3 % à la fin de 1928), contrairement à ce qui a lieu dans l’Union de Varsovie, où le nombre des agriculteurs est extrêmement faible (2.2 % à la fin de 1928). Cette union est d’une importance de beaucoup plus faible que celle de Varsovie; les moyennes par société et par membre sont également moins considérables.

L'Union des sociêtés coopératives de commerçants à Varsovie est une union qui englobe en grande partie les coopé-

1. Rapport du Président du Conseil coopératif pour l’année 1929.

ratives organisées par les juifs orthodoxes, créée au début dans un but politique. Cette union n'existe que depuis quelques années, elle ne fut dotée du droit de revision qu’en 1929. Le bulletin du Conseil coopératif indique comme appartenant à cette union, à la fin de 1930, 111 coopératives de crédit avec 8.865 mille zl. de dépôts et de comptes-courants et avec 9.670 mille zl. de prêts distribués. Mentionnons finaleement que l'Union des sociétés coopératives juives à Varsovie et celle des sociétés coopératives des commerçants exercent leur activité surtout sur le territoire de l’ancienne partie russe, celle de Lwow surtout sur le territoire de l’ancienne partie autrichienne, bien que, dans ces dernières années, on constate de plus en plus un empiètement de chacune de ces Unions sur le terrain d’activité de l’autre.

$6. La coopération allemande.

Le mouvement coopératif organisé par la population de nationalité allemande en Pologne est concentré dans cinq unions de révision. Ce sont :

19 L'Union des coopératives allemandes en Pologne;

29 L'Union des coopératives agricoles de la Pologne occidentale à Poznan;

30 L'Union des sociétés allemandes en Pologne à Lodz;

49 L'Union des coopératives rurales de Poméranie à Grudziadz (Graudenz);

59 L'Union des coopératives agricoles allemandes en Pologne à Lwow.

L’énumération seule des unions des coopérativesallemandes donne déjà une certaine idée de la faiblesse du mouvement de concentration, ce que nous confirmera encore davantage l’étude plus détaillée de l’activité des coopératives en faisant partie! {Voir tableau ci-contre)

1. Tout en ne possédant pas de liens apparents qui s’exprimeraient dans l’existence d’une union centrale, les deux unions ayant pour champ d'activité l’ancienne partie prussienne et siégeant à Poznan, ont des liens d’affaires très étroits, possédant quatre centrales économiques communes dont une est la centrale financière (« Genossenschaftsbank ») à Poznan.

A Le fin de l'année

Nombre des coopératives de crédit

Total

envisagées

Membres ane US a Lo DE em lotal 3 = ED <«

Capitaux propres

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