‹ L'Organisation du Crédit en Pologne Son Évolution Depuis la Première StabilisationChapitre 23 sur 214 · STÉ OISE · texte numérisé non relu

STÉ OISE

En millions En millions de zl. de $ : Crédits à court terme octroyés par :

Coopératives de crédit et leurs centrales RTE OS RO IO AT DIR ER to LR AA AT ARE 240.1 27.0 Caisses d'épargne d’arrondissement! .,.... 25:0 2.8 Caisses de prêts et d'épargne des communes DODATES ET St lee ne ENT eu MMA A 6.0 0.7 B'ANUESEDPIVÉES DE NEPAL 64.5 7eD Banque de l’économie nationale .......... 80.8 OP Banqueragricole diE ta teen ER 290.2 28.1 BANQUE dernPOlOeNnE TERRE UE NT ANEAUNENE 270.0 30.8

© Es [ot] (et Ce] cg S or) si = ot oo

Crédits à long terme :

Crédits hypothécaires en lettres de gage et obli-

ALLONS ME ets ae à date els ee lRe eur 915.5 102.9 SOCICLÉS AE NCTÉTILATONCIET De eee 5 459.5 51.6 Banques hypothécaires privées ..... ESS UD 95.8 10.8 Banque de l’économie nationale .......... 55.6 6.2 Banquetasricole d'Etats Pre MEME Te 304.6 34.2 Crédits à long terme en espèces ........... 384.2 43:2 Banque de l’économie nationale .......... 42.4 4.8 Banque agricole d'Etat (fonds administrés :

environ 100 millions de z1. de 4 à 10 ans, le Mrestesdenl0s a dans) re Mere NL 341.8 38.4

Miobalides-créditssanongtérment- 11-2997 146.0

RO LA SACTÉ LES ER EE te ce 2.236.3 251.8

L’endettement total de l’agriculture par 1 ha. de terres labourées est ainsi d'environ zl. 91,2, soit environ $ 10,2, l’endettement en crédits à long terme de 71. 53, soit $ 5,9.

On pourrait en conclure que ce faible endettement est un signe de l’état favorable de l’agriculture polonaise.

Or, nous voyons que la crise actuelle entrave le remboursement de ces faibles prêts. C’est ainsi que le paiement des annuités dans les institutions de crédit à long terme aussi bien que le remboursement des dettes à court terme, laisse beaucoup à désirer. Les conjonctures, moins bonnes pour l’agriculture, ont entraîné des difficultés financières et en conséquence un accroissement des protêts d’effets agricoles?.

Les différentes institutions financières font preuve cependant de beaucoup de modération envers l’agriculture en la ménageant autant que possible. Aïnsi des prorogations d’effets de commerce venus à échéance sont fréquemment consenties.

1. Crédits provenant des capitaux propres et des dépôts. 2. Voir tableau après la page 126,

NDS

Il y a lieu de souligner que les effets de la crise se font surtout sentir dans les grandes exploitations agricoles; par ailleurs, la petite agriculture, grâce à la modicité de ses besoins, résiste relativement mieux.

D) Industrie et commerce agricoles. — En parlant de l’agriculture et de ses besoins de crédit, il est nécessaire de mentionner également l’industrie agricole et le commerce des produits agricoles. La nécessité de l’industrialisation de l’agriculture, surtout de la petite, qui constitue le type le plus fréquent en Pologne, est très grande; elle se conçoit aussi bien pour des raisons relatives à l’économie nationale dans son ensemble (balance commerciale etc...) que pour des raisons spéciales à l’économie rurale.

En dehors de l'influence que le développement des industries agricoles aura sur l'intensification et l’amélioration qualitative de la production agricole, il permettra d'employer l'excédent de main-d'œuvre existant dans les campagnes.

L'industrie agricole en Pologne s’appuie avant tout sur les produits des grandes propriétés dont le degré d’intensification est plus élevé et arrive à assurer un approvisionnement de produits de même qualité.

Parmi les branches de l’industrie agricole qui sont relativement bien développées en Pologne, se trouvent l’industrie sucrière, la distillerie d'alcool et la brasserie. Leur puissance de production dépasse de beaucoup les possibilités de consommation du marché intérieur à l’heure actuelle. Elles souffrent toutes du manque de débouchés et de la concurrence qui se fait Jour sur les principaux marchés d'exportation. Elles ont toutes besoin de nombreux investissements modernes pour abaisser leur prix de revient sur lequel se répercute également l'insuffisance des voies de communication. Elles ressentent aussi âprement le manque de fonds de roulement à bon marché. Cest l’industrie sucrière qui se trouve la mieux située à ce point de vue, profitant de nombreux crédits à long et à court terme, aussi bien à l'étranger que dans le pays même. Ses besoins de crédit, non satisfaits, restent malgré tout. très élevés. $

Par ailleurs, l'industrie de transformation des pommes de terre, l’industrie de préparation industrielle de la viande et la meunerie sont tout à fait insuffisantes. Leur développement est une nécessité urgente pour l'agriculture, étant donné

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que la plupart des produits en question sont exportés à l’état brut, ce qui prive l’économie nationale d’une partie considérabledes profits qui pourraient être réalisés de cette manière!.

I en serait de même de l'essor de l’industrie laitière qui serait un facteur de première importance pour l’augmentation du rendement des petites exploitations. Cette industrie, sous l'aspect coopératif, se développe toujours davantage dans les dernières années, bien qu’elle souffre de l’insuffisance de ressources pour l’achat de son outillage ainsi que pour le renforcement de ses fonds de roulement.

L'industrie des conserves et les autres industries agricoles ne sont qu’amorcées.

D'une façon générale, l’industrie agricole, dans son ensemble, est la mieux outillée et se trouve au niveau de développement le plus élevé dans les départements de l’ouest. L’industrie agricole des autres régions du pays demanderait des investissements considérables pour la modernisation de l'outillage.

De même, le commerce agricole se trouve dans un état d'organisation peu avancé. Il existe avant tout une surabondance d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur à l’intérieur du pays, d’une part, et l’exportateur, d’autre part, ce qui entraîne le renchérissement des denrées et prive l’agriculture d’une partie considérable de ses bénéfices. Cest ainsi que la différence entre les prix sur les lieux de production et entre ceux qui sont pratiqués sur les marchés essentiels est parfois très élevée.

1. A titre d'indication, mentionnons les chiffres des besoins de créditspour les investissements de l’industrie agricole donnés par W. Borowski (W. Borowski Le crédit agricole en Pologne, Varsovie, 1927). L'industrie sucrière, 8.250.000 $& l’industrie de l’amidon, 1.325.000 $, l’industrie de transformation de la viande 8.500.000 $, houblonneries, 520.000 $, moulins et élévateurs, 3.500.000 $# Ces chiffres nous paraissent beaucoup trop faibles.

2. Notons les fortes différences qui existent entre les prix payés aux producteurs agricoles dans les différentes localités. Pour s’en faire une idée, prenons

les moyennes des prix de quelques produits agricoles payés en 1929 sur place aux producteurs agricoles dans les divers départements (en z1.).

Brie Prix

le plus élevé - le plus bas Hroment (1 qi) ....... 44,95 (Cracovie) 39,07 (Wolynie) SCPI) Eee 32,24 (Wilno) 25,46 (Wolynie) Orge de brasserie (1 q.). 34,68 (Silésie) 24,27 (Tarnopol)

Orge d’autres catégories OPEN redonner et 32,02 (Silésie) 25,04 (Bialystok) Avoinet(lÆqe)"-". 2." :-.. 31,20 (Silèsie) 23,54 (Tarnopol)

SATTASIDN (IN) ere ae 38,06 (Varsovie) 27,56 (Nowogrodek)

re

Il faut souligner, d'autre part, le fait que le commerce d’exportation polonais traite rarement de façon directe avec les pays d'importation proprement dits, bien qu'une grande amélioration se fasse observer à ce point de vue. Il passe dans la majorité des cas par l’intermédiaire des grands centres internationaux, surtout allemands. Le commerce agricole manque également de la plupart des institutions et des aménagements (élévateurs, abattoirs, établissements frigorifiques, etc.) qui, faisant un triage des produits, les conservant, les standardisant etc., leur donnent ainsi, moyennant un léger supplément de travail, une augmentation considérable de valeur et la possibilité de trouver plus aisément des débouchés extérieurs. Cette dernière considération est la principale, bien qu’un réseau d’élévateurs, d’entrepôts, etc., serait également d’une grande utilité pour le commerce intérieur et pour l’agriculture. En effet, ce réseau constituerait en même temps la base d’un système de crédit agricole. C’est pourquoi jusqu’à présent les prix réalisés par la plus grande partie des produits polonais se tiennent considérablement en dessous des prix des marchés internationaux, faisant ainsi perdre à l’agriculture polonaise une grande partie de ses gains:

La crise actuelle, alors que les prix mondiaux sont déjà extrêmement bas et ne couvrent pas toujours le prix de revient, est venue aggraver énormément la situation.

Rappelons qu’un autre facteur d’une importance essen-

Prix le plus élevé Prix le plus bos BOIS UP) EE ETAT 59,55 (Cracovie) . 32,92 (Bialystok) Pommes de terre (comes- LiDIeS) MCE) RE RENE 10,24 (Silésie) 4,97 (Tarnopol) Pommes de terre (usage industriel) (1 q.) ..... 7,74 (Wilno) 3,95 (Tarnopol) Vaches laitières (par LOTO) LR ne re 572 (Silésie) 311 (Wilno)

(Annuaire statislique de l'Office central de statistique, 1930, p. 295.)

Les prix du bétail sur les marchés des villes (moyenne mensuelle de 1929 par kg. du poids vif) :

Prix Prix le plus élevé le plus bas BU IE EERTER CIRE EE 1,68 (Czestochowa) ,00 RNA) POTOMR CA ONE E SENS 2,71 (Lodz) ,92 (Kolomyja) NEA T ne ane Et 2,04 (Cracovie) ,00 (Wilno) MOUCONT SPP C EPA 1,49 (Bydgoszez) 88 (Suwalki) )

(Annuaire statistique de l'Office central de statistique, a

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tielle pour l'obtention de prix suffisamment rémunérateurs, fait défaut, c’est l’existence de voies de communications suffisamment développées, surtout dans le centre et dans l’est du pays. Il en résulte que le coût du transport jusqu'aux centres de rassemblement des produits est très élevé, diminuant ainsi la marge des bénéfices.

$ 3.— Situation de l’industrie polonaise et ses besoins de crédit.

A) Caractéristiques de l'industrie polonaise. — En étudiant la carte économique du pays, nous apercevons avant tout que la plus grande partie de l’industrie, et surtout de l’industrie lourde et.la presque totalité de l’industrie d’extraction, se trouvent dans le bassin de la Silésie, de Cracovie et de Dabrowa, dans l’angle sud-ouest. Dans le reste de la Pologne, en dehors de foyers assez compacts, dans les régions de Lodz, de Varsovie et de Kielce-Radom, l’industrie ne joue un certain rôle que dans les environs de quelques grandes villes1. Il faut néanmoins souligner le développement de l’industrie des produits alimentaires dans tout le pays et le niveau élevé de sa production dans l’ancienne partie prussienne. Cest donc, en définitive, en Silésie et dans le Royaume du Congrès que l’industrie est la plus développée?. Il existe cependant de très

1. D’après les données des caisses de malades et des bureaux de placement officiels, le nombre des personnes vivant du travail salarié était de 2.728.000 au 1er janvier 1930 (au 1er octobre 1929, 2.879.000). (Annuaire statistique de l'Office central de statistique, 1930, p. 297.)

2. Pour se faire une idée de la répartition de l’industrie dans les différentes régions économiques du pays, prenons le montant du chiffre d’affaires des entreprises industrielles, établi par le fisc, dans les circonscriptions des diverses Directions des Finances, pour l’année 1928 :

En millions En

de 21. pourcentages Varsovie (ville) RER EEE Er enr 2.190.2 21.3 % IAPOWICR EPA RCE RC er Eee 1.624.1 16.6 % COCA NATIONS à de 0 MOD 0 Jon JOUE 1.720.8 17.6 % RU TOR A EN E ARE REE PA E ROTeS 734.2 Feb POZTAR EN A en ben eReel etee HIT SAR CTACOVIE Se reel ie ieiel ere elielelee 688.3 TeORSS DOLARAUIDAVE EE TER RS Rrpeeeel 97987 100,0 %

(Annuaire statistique de l'Office central de statistique, 1930.)

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grandes différences entre ces deux foyers. Ces différences ont trait à l'importance des entreprises, à l’organisation et au caractère même de leur production.

Le bassin de la Silésie et de Dabrowa est le domaine de l'industrie minière, et surtout du charbon et du zinc, eb.de l’industrie métallurgique qui s’y trouve à un haut degré de dévelappement. Ce sont généralement de très grandes entreprises appartenant à des groupements importants. Leurs méthodes d'organisation et de travail, ainsi que leur outillage sont généralement modernes, bien qu’il existe une différence à ce point de vue entre les entreprises de la Silésie et celles de l’ancienne partie russe. L'état de ces dernières est beaucoup plus arriéré, l'importance de leur production beaucoup plus faible et leur rendement moins élevé.

L'industrie du reste du pays est généralement entre les mains d'entreprises d'importance moindre ; le caractère de leur production, en dehors de l’industrie textile de la région de Lodz et de celle de Biala-Bielsk et de l’industrie du pétrole, se distingue par sa grande diversification. Les capitaux engagés sont plus faibles, les méthodes d’organisation et de travail ainsi que l'outillage y sont à un niveau moins élevét.

Un trait est cependant commun à toute l’industrie, c’est qu'elle n’était pas adaptée aux besoins de la Pologne actuelle, au moment de son unification. C’est ainsi que l’industrie de l’ancien Royaume du Congrès était organisée en vue du débouché russe, tandis que l’industrie silésienne avait pour cliente principalement la partie de cette province actuellement allemande et les autres régions de l’Allemagne.

Les difficultés qui existent pour reconquérir les anciens marchés obligent l’industrie à s'adresser toujours davantage au marché intérieur dont les possibilités latentes d'absorption sont énormes. À l’heure actuelle cependant la capacité de production dépasse largement les besoins du pays (particulièrement en ce qui concerne l’industrie textile, l’industrie du sucre, l’industrie d'extraction et l’industrie métallurgique). Bien que beaucoup ait déjà été fait dans cette voie, on n’est, pas encore arrivé (surtout l’industrie textile et l’industrie du charbon) à adapter la production au caractère de la demande polonaise. C’est ainsi qu’on est obligéde s'adresser à l'étranger, en ce qui concerne certains produits industriels les plus im-

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