‹ L'Organisation Financière de l'Algérie du NordChapitre 65 sur 72 · NT · texte numérisé non relu

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SECTION III

La Situation ethnique

Peuplement. — Les faits que nous venons d’énumérer révèlent un progrès incontestable dans le développement économique de la Colonie. Mais le but que la France s’est assigné en s’établissant en Algérie n’est pas seulement la prospérité matérielle du pays. L'Algérie n'est pas une Colonie d’exploitation; cest une Colonie de peuplement. L'œuvre à réaliser c’est la colonisation et le peuplement de ce pays, c’est « la création, avec le concours d’émigrants européens assimilables, d’une race de Français qui puisse civiliser et rapprocher de nous les Indigènes. Quelques signes de prospérité que püt nous donner d’ailleurs notre Colonie, si les Français n’y devenaient pas progressivement assez nombreux pour encadrer les autres éléments, nous douterions de son avenir » (1).

Il ne suffit pas, en effet, que l'Algérie soit prospère et qu’elle se peuple; il faut encore que l’élément d’origine française domine de manière à im-

prégner l’élément d’origine étrangère de ses idées, de ses habitudes, de ses sentiments patriotiques. Or, à ce point de vue, les résultats obtenus par les Dé-

(1) BURDEAU. — Rapport sur le budget de l'Algérie, 1892.

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légations Financières laissent beaucoup à désirer et la situation présente, à notre avis, une réelle gravité.

Les statistiques montrent la constante décroissance, depuis 25 ans, du nombre des Européens établis dans les centres ruraux, c’est-à-dire le recul de la colonisation (1).

D'autre part, depuis 1900, la population française d’origine ne s’est accrue que dans de faibles proportions d'éléments nouveaux provenant de la Métropole.

Entre le recensement de 1896 et celui de 1926, soit pendant une période de 30 ans, la population totale a augmenté de 1.636.595 unités. Les Français d’origine ou naturalisés, Israélites compris, de 90.741, les Indigènes de 1.351.904.

L'accroissement de la population française est dû, en majeure partie, à l’excédent des naissances sur les décès, à la naturalisation qui a fait de très grands progrès et à un faible apport de la Métropole.

(HÉCUTTOLIS — Délégations Financières, session mai

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