ÉTABLISSEMENTS D'ETAT
Le gouvernement d'Empire et surtout les différents Etats ont créé un réseau d’instituts et de laboratoires vétérinaires dont nous FoRqions rapidement esquisser la structure.
Nous avons déjà signalé que le « Reichsgesundheitsamt », organisme d'Empire, dépendant du Ministère de l'Intérieur, possède un laboratoire vétérinaire où travaillent 6 vétérinaires.
De son côté, la Prusse possède :
LE LABORATOIRE DE RECHERCHES DE L'ILE DE RIEMS, avec 11 vétérinaires et un très nombreux personnel.
Cet Institut de l’Ile de Riems, tant par son extension que par l'originalité et la rigueur des mesures d'isolement adoptées, constitue, à notre sens, un rare exemple de rationalisation scientifique, susceptible, à ce titre, de retenir quelque peu notre attention.
C’est en 1908 que LœrrLER, le premier, eut l’idée d'aménager dans l’île de Riems un centre de recher-
CPAS
ches sur la fièvre aphteuse qui ne risquât pas de devenir un foyer de contamination. LœrFLER, après avoir démontré les propriétés filtrantes du virus aphteux, réalisa un sérum préventif et curatif qui ne fut jamais produit qu’en petites quantités, les installations de Riems restant insuffisantes.
Après la guerre, la direction du centre de Riems fut confiée au professeur WazLpManN qui réussit à réaliser la transmission de la fièvre aphteuse au cobaye, ce qui permettait de substituer ce dernier aux bovidés comme sujet d'expérience et de contrôle, et de diminuer considérablement le coût de l'expérimentation, et par suite le prix de revient du sérum antiaphteux. Confirmant dans leurs observations les travaux de Vaz- LÉE et Carré sur l'existence de deux types de virus aphteux, WALDMaAnN et PAPPE reconnaissant, en outre, un troisième type de virus, se trouvaient bientôt en mesure de produire un sérum polyvalent d’une efficacité éprouvée et dont l'emploi se répandit rapidement en Allemagne et à l'étranger.
La scetion antiaphteuse de l'Ile de Riems comprend un département technique et un département scientifique.
Le premier se compose d’un vaste hall dans lequel on saigne les aniinaux producteurs de sérum et dans lequel le sang est défibriné dans des appareils ad hoc. Après séparation par centrifugation, le sérum sanguin est amené directement dans un réservoir installé dans un hall souterrain. Egalement en sous-sol, se trouvent des locaux destinés au stockage du sérum, un laboratoire où ce dernier est contrôlé et éprouvé, et des ateliers de flaconnage et d'emballage. Les bovins producteurs de sérum (800 bovins en avril 1931) sont logés dans des étables. La viande des animaux abattus est utilisée sur place dans une usine de conserves. à
Le département des recherches comprend 11 laboratoires où se poursuivent des travaux d'histologie, de bactériologie et de chimie et des recherches sur les cultures de tissus vivants en milieux artificiels.
En 1928, a été créée une section antipesteuse, dont la mission est de travailler à résoudre le problème de la peste porcine et de trouver un sérum immunisant contre cette maladie.
Il existe sur l’île une centrale hydraulique qui alimente en eau tous les bâtiments et tous les services, une station génératrice qui fournit la vapeur et l’eau chaude indispensables. Le courant électrique est amené par càäble. Un clos d’équarrissage d'installation récente assure la destruction intégrale des cadavres et détritus, avec extraction des sous-produits habituels.
Deux cents personnes environ sont présentement ‘ employées dans l’île de Riems. Le professeur Wazp- MANN, que seconde Le Docteur TRAUTWEIN, a sous ses ordres 9 collaborateurs vétérinaires, plus le personnel administratif et des assistants techniques.
Les ouvriers sont logés dans une cité-jardin, les ouvriers célibataires ont un mess à leur disposition. , Les vétérinaires et les employés de l’administration ont chacun une maison particulière. Un grand casino, avec salle de réunion, réfectoire, etc... est à la disposition de tous.
Pour supprimer tout risque de contagion, le secteur aphteux est rigoureusement isolé. Tous les employés et tous les ouvriers doivent, avant de quitter ce secteur, changer de vêtements et de chaussures et prendre les mesures de désinfection prescrites. Un treillage à mailles fines est disposé devant les portes et les fenêtres et tendu au-dessus des cours et des fumiers pour interdire l’accès aux oiseaux. En dehors même du secteur aphteux, employés et ouvriers portent encore des