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ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE

L'enseignement vétérinaire est donné en Allemagne dans cinq établissements : en Prusse, dans les Ecoles Vétérinaires de Berlin et de Hanovre; en Saxe, en Bavière et dans le duché de Hesse, dans les Facultés de médecine vétérinaire régulièrement constituées dans les Universités de Leipzig, de Munich et de Giessen.

Laissant toute liberté à ces établissements pour aménager, organiser à leur guise leurs programmes de travail, le gouvernement du Reich exerce cependant — et d’une façon efficace — son contrôle et son influence unificatrice, en formulant très étroitement les détails des examens du diplôme ou du doctorat dans une ordonnance d'empire. (Reichspruefungsordnung fuer Tieraerzte). Est actuellement en vigueur l'ordonnance du 21 août 1925 dont nous reparlerons plus loin.

Sans vouloir même esquisser l’histoire des écoles vétérinaires allemandes, nous pouvons cependant rappeler avec quelque fierté que c'est un peu la sage initiative de BOURGELAT qui, en Allemagne aussi, suscita la création d’un enseignement vétérinaire.

C'est la Saxe, qui, la première, envoya en 1768 le chirurgien Weger et le maître maréchal Scaminr à l'Ecole d’Alfort, qui venait d’être fondée en 1766. Ceuxci revinrent en 1771 à Dresde, où l’énergique Weser,

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malgré l’indolence officielle, créait en 1774 la première Ecole Vétérinaire d'Allemagne.

Devait suivre très rapidement la fondation des Ecoles de Hanovre en 1778, de Munich et de Berlin en 1790. La dernière venue, l'Ecole de Giessen, créée en 1832, devenait partie intégrante de l’Université de Giessen et, la première, pouvait ainsi délivrer le titre de docteur en médecine vétérinaire à ceux qui avaient suivi-son enseignement.

L'Ecole Vétérinaire de Stuttgart, fondée au XIX° siècle, fermait ses portes en 1912. En 1924, l'Ecole Vétérinaire de Dresde était transférée à Leipzig et intégrée à l’Université de celte ville, dont elle devenait la Faculté de médecine vétérinaire.

Ea destinée des Ecoles vétérinaires allemandes connut maintes vicissitudes. Si l'existence de celles-ci fut définitivement assurée vers le premier tiers du XIX° siècle, leur véritable essor date de la loi d'Empire du 23 juin 1880 portant réglementation de la lutte contre les maladies contagieuses des animaux.

Aujourd'hui, elles constituent des établissements universitaires possédant rigoureusement, qu’ils en portent ou non le titre, les droits et prérogatives des Facultés de médecine.

Examinons maintenant leur organisation intérieure.

RECRUTEMENT DES ÉTUDIANTS. — Ceux-ci doivent posséder le diplôme de fin d’études secondaires correspondant à notre baccalauréat. Les candidats provenant de l’enseignement sans latin doivent fournir la preuve qu'ils possèdent une connaissance du latin égale à celle que possèdent les élèves de l’enseignement classique,

lors de leur entrée en seconde. Il n'y a pas de concours

d'entrée ; le régime est celui des étudiants en médecine.

Les inscriptions se prennent par semestre, en mai et en octobre. Les droits comprennent par semestre

Un droit d'inscription de .......... 25 marks

Lndroib d'études desire Lim 70. »

Un droit de 2,50 marks par heure de cours ou de 5 marks par heure de travaux pratiques suivis dans une semaine (Kollegiengeld) (x).

Ces dernières sommes reviennent intégralement aux professeurs en sus de leur traitement.

Des droits divers de bibliothèque, d'assurance, etc. se montant à 16 marks.

Soit, par an, environ 300 à 4oo marks de droits, selon le nombre de cours suivis. Un certain nombre d'étudiants nécessiteux bénéficient de réductions (2).

Si on ajoute à ces frais de scolarité les frais d’entretien pendant les quatre ans et demi que durent les études vétérinaires, les droits d'examen et de diplôme s’élevant à 277 marks, on arrive facilement à un débours total de 9 à 15.000 marks. La préparation du doctorat exigeant de plus un an en moyenne, les droits de celui-ci étant de 200 marks, il n’est pas étonnant de constater qu’en Allemagne les études vétérinaires, quant à leur coût, viennent en seconde ligne, immédia-

(x) Un exemple fera mieux comprendre. Un étudiant suit un cours d'anatomie de 3 heures par semaine : il verse une somme de 7,50 marks pour le semestre. Comme les étudiants s’inscrivent en général pour 35 à 4o heures de cours et travaux pratiques par semaine, les « Kollegiengelder » atteignent 8o à 120 marks par semestre et par étudiant.

(2) En 1927, à Hanovre, sur 250 étudiants, 70 demandes de bourses, 11 bourses entières accordées, 36 demi-bourses.

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tement derrière les études médicales, dans la liste des

études universitaires.

Le nombre des étudiants vétérinaires a varié depuis

1900 de la façon suivante :

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On voit qu'après les soubresauts de la guerre, de l'après-guerre immédiat et de la crise due à l'inflation, les Ecoles vétérinaires ont retrouvé à peu près leurs

effectifs d’avant-guerre sans dépasser ceux-ci.

Cette stabilité est d'autant plus remarquable qu’il y a en Allemagne une pléthore très inquiétante de la jeunesse étudiante dont l'effectif global a plus que triplé et dont l’avenir est, par la suite, des plus sombres.

Au cours de l'hiver 1930/31, la répartition des étudiants vétérinaires allemands dans les différentes Eco:

les était la suivante :

Berlines ere Te 381 (dont 10 femmes) (1) HANOPEE LL AUIEER 421 Munich ere 247 Letris l'en 140 Giéssen L' 7 ANNRRRE 149 1.339

(3) Une décision du Bundesrat de 1913 à autorisé les femmes à suivre l’enseignement des écoles vétérinaires. Il ne nous a pas été possible d’avoir des renseignements solides sur les consé-

quences pratiques de cette mesure.

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CORPS ENSEIGNANT. — Le corps enseignant des Ecoles ou des Facultés vétérinaires comprend, avec des variantes locales, des professeurs titulaires (ordentliche Professoren), des professeurs sans chaire (ausserordentliche Professoren), des professeurs chargés de cours, des professeurs libres (Privatdozenten), des chefs de travaux, des assistants.

Le tableau ci-joint rassemble l'effectif du personnel enseignant dans les différentes Ecoles.

Personnel enseignant vétérinaire Eté 1931

Pro-

fesseurs Pro- Chargés Chefs de Professeurs sans fesseurs de travaux et titulaires chaire libres cours assistants

Berlin... 12 3 8 G 33.

Hanovre . .. 10 7 3 3 29 LEIpzig 10 7 7 » 21 Munich . .. 10 2 2 14 VÉPSSCINE. 2. 12 » 2 2 10

À signaler que sur les dix chaires de Giessen, 5 seulement relèvent de la Faculté de médecine vétérinaire, 3 dépendent de la Faculté de médecine et 3 de la Faculté des sciences de ladite Université.

Les Ecoles et Facultés de médecine vétérinaire, qui disposent du droit de choisir elles-mêmes leurs professeurs, usent de cette faculté pour appeler des savants ou spécialistes non vétérinaires (médecins, agronomes,

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pharmaciens) ou des vétérinaires spécialisés (vétérinaires militaires, fonctionnaires du service sanitaire, techniciens de l'inspection des viandes). L'institution de professeurs libres, de professeurs chargés de cours et d’assistants donne à cet égard toute la souplesse désirable et permet une précieuse vivification du corps enseignant.

Depuis 1913, le directeur (Rektor) des Ecoles de Berlin et de Hanovre n’est plus désigné par le ministre, mais élu par le conseil des professeurs pour une période de deux ans. Il a les prérogatives d'un recteur d'université. Les Facultés vétérinaires de Munich, Leipzig, et Giessen ont à leur tête un doyen élu pour un an. Les universités allemandes élisant leur recteur par roulement, il arrive qu'un professeur vétérinaire détienne pendant un an la dignité de Recteur d’une Université. (Le cas s’est présenté pour la première fois en 1926-27, à l’Université de Giessen ; le recteur actuel (1931) de l'Université de Leipzig est le professeur d'anatomie de la Faculté vétérinaire.)

Le traitement des professeurs titulaires des Ecoles Vétérinaires varie de 7.500 à 11.600 marks (plus une indemnité de logement) auxquels viennent s'ajouter les « Kollegiengelder » (moyenne en 1930, en Prusse : 3.850 marks). La limite d'âge est de 68 ans et les professeurs alors « émérités », continuent à recevoir intégralement leur traitement.

Les Ecoles et Facultés vétérinaires, nous venons de le voir, font appel pour leurs étudiants au savoir et à l'expérience de vétérinaires ; nombre d’universités et de grandes écoles d'Allemagne, en revanche, ont confié des chaires d'enseignement à des vétérinaires. On n’en comptait pas moins de 25 en 1928.

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ENSEIGNEMENT. — Le nombre de chaires est en moyenne de dix, dont les enseignements correspondent sensiblement à ceux des Ecoles françaises.

Nous indiquerons seulement les douze chaires de l'Ecole de Berlin :

Chimie ;

Anatomie, Histologie ;

Physiologie ;

Thérapeutique générale, Pharmacie, Toxicologie ; Pathologie générale, Anatomie pathologique ; Pathologie médicale, Jurisprudence vétérinaire ; Pathologie chirurgicale et manuel opératoire ; Parasitologie et pathologie des maladies tropicales; Obstétrique, Police sanitaire ;

Inspection des viandes, Contrôle du lait ; Maladies contagieuses et microbiologie ; Zootechnie, Economie rurale.

Les nombreux instituts et laboratoires, dont beaucoup sont de construction récente (la Faculté de médecine vétérinaire de Leipzig, qui a recueilli la succession de l'Ecole Vétérinaire de Dresde et dont les travaux fu-

rent commencés en 1916, a été achevée en 1923) sont en général des mieux aménagés et dotés d’un outillage moderne, ce qu’expliquent les crédits importants qui leur sont alloués et que nous signalerons plus loin.

On ne saurait passer sous silence la vaste ferme d'application que possède l'Ecole de Berlin à Klein- Ziethen, et celle de Adendorf, dépendant de l'Ecole vétérinaire de Hanovre.

Le domaine de Klein-Ziethen a une superficie de 413 hectares. En mars 1937, le bétail de la ferme comprenait 42 chevaux, 14 poulains au-dessous de 3 ans,

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2 taureaux, 54 vaches laitières, 43 génisses et bouvillons, 20 veaux, 272 porcs et quelques moutons. L’élevage de volaille était en plein développement.

Un institut de zootechnie, avec laboratoire et amphithéâtre, placé sous la direction du professeur titulaire de cette chaire, est annexé à la ferme. Il peut recevoir douze étudiants. Pendant les vacances, ceux-ci viennent faire un stage de trois semaines à Klein-Ziethen pour suivre des cours et s'initier pratiquement aux questions de zootechnie et d'économie rurale.

À Adendorf, le stage ne dure que quinze jours, mais 20 étudiants peuvent y participer.

Examens. — Si, en principe, l'étudiant vétérinaire allemand jouit comme tous ses camarades des bienfaits de la « liberté académique », c’est-à-dire qu'il n’assiste qu'aux cours qui lui conviennent et qu'aucune assiduité apparente ne lui est imposée à ce sujet, s’il lui est loisible, d’autre part, de changer d'Ecole ou de Faculté en cours d’études, la participation aux travaux pratiques, exercices divers, examens cliniques, etc... est suffisamment contrôlée et les programmes d’examens sont suffisamment chargés pour contraindre au travail les futurs candidats.

Ceux-ci ont. à subir :

a) Au bout de deux ans d’études : un examen pré-. liminaire théorique et pratique (Vorpruefung) sur les matières suivantes : physique, chimie, zoologie, botanique, anatomie, physiologie, histologie.

b) Au bout de quatre ans et demi (9 semestres) : un examen théorique et pratique pour l'obtention du titre de vétérinaire (Veterinärpruefung).

Les matières d'examen sont, alors, les suivantes :

Anatomie ;

Physiologie ;

Pathologie générale, anatomie pathologique :

Pathologie médicale ;

Pathologie chirurgicale ;

Ferrure ;

Pharmacie, Toxicologie ;

Obstétrique ;

Inspection des viandes et denrées alimentaires d'origine animale ;

Production et contrôle du lait ;

Zootechnie, Economie rurale ;

Alimentation des animaux ;

Pathologie des maladies contagieuses, Bactériologie ;

Police sanitaire ;

Jurisprudence vétérinaire.

Les droits d'examen sont de 72 marks pour l’examen préliminaire et de 207 marks pour l'examen du diplôme.

C’est en 1925 que, sur les instances du Conseil National vétérinaire (Deutscher Veterinärrat) et des associations professionnelles, la durée des études a été relevée de 8 à 9 semestres.

Le DocroraTt, qui porte, en Allemagne, le titre de doctorat en médecine vétérinaire (Dr Med. vet.) est délivré depuis 1910 par les Ecoles ou Facultés vétérinaires rigoureusement souveraines.

Le candidat qui, en pratique, a préparé sa thèse pendant un an dans un laboratoire, dans un abattoir ou en clientèle, doit indiquer les conditions dans lesquelles il a poursuivi ses recherches. La thèse qu'il soumet et dont il devra livrer 200 exemplaires, doit rester pendant trois semaines à la disposition du Conseil des professeurs. Il est tenu en outre de subir, devant un Ju-

ry composé de trois professeurs vétérinaires, dont le Recteur, un examen oral sur trois des matières d’examen prévues pour l'obtention du diplôme de vétérinaire.

Les droits à verser pour le doctorat sont de 200 marks ; ils sont répartis par moitié entre une caisse spéciale de l'Ecole, et entre les membres du corps enseignant. Il peut être accordé aux candidats nécessiteux des dispenses totales ou partielles. Après échec, la soutenance et les examens de thèse ne peuvent être répétés qu’une seule fois, et ce, après un délai d’un an.

Créprrs. — Les Ecoles vétérinaires sont l’objet de la juste sollicitude des Etats allemands,etles crédits qui leur sont alloués correspondent au rôle considérable qu'elles sont appelées à jouer dans la conservation du patrimoine national.

C’est ainsi que, pour ne prendre que l'exemple de la Prusse, nous constatons que les deux Ecoles vétérinaires de Berlin et de Hanovre se sont vu accorder au cours des dernières années les crédits réguliers suivants en marks-or :

FOOD AR NEO RE 1.660.000 1020 Eee RENAN 1.779.000 1027 Re TN EIRE 2.000.000 LODEL RME EURE 2.320.000 1020 TRES NAME 2.284.000 ROBOT RENE PUES 2.304.000 LOT LL RUES AURET 2.312.000

En 1913, ceux-ci n'étaient que de 687.000 marks. Ils ont donc été presque QUADRUPLÉS, ce qui, même en Allemagne, est assez exceptionnel.

A ces chiffres, il convient d’ajouter les crédits ex-

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