TURO
Tu as des nouvelles de César?
NARCISSE
J’en attends. Toi, Harchinius, tu es des amis de l’Augusta. Que dis-tu?
MARCHINIUS.
Sait-on le destin?
NARCISSE, railleur.
Tu n’es pas homme à le conjurer, bien suri
Pallas surgit d'entre les colonnes d'un temple. Narcisse le rejoint avec Calliste, autre affranchi de l'empereur , qui sort d'un groupe de chevaliers. Tous trois , à l'angle du temple de la Concorde, tiennent conseil à voix basse.
PALLAS
Ils sont transis de peur, ces nobles.
NARCISSE
Le sénat n'ose voter aucune loi, nul senatus-consulte. Personne ne conduit ces législateurs poussifs. C’est un mauvais attelage sans aucun cocher.
CALLISTE
Que faudrait-il donc faire, d’après toi, Narcisse?
PALLAS
Silius n’est qu’un sensuel. Il oublie tout dans les bras de Messaline. Des présents, des promesses, une décision ferme l’auraient rendu possible.
CALLISTE
Mais enfin, quelle solution te paraît sage?
NARCISSE
Etre fidèles au pouvoir qui nous sert et que nous servirons jusqu’au bout.
CALLISTE
Soit! Messaline n’a pensé à rien. Pensons pour elle et pour Claude. Il serait furieux, s’il savait.
PALLAS
Eclairons sa justice... Mais s’il ne veut pas nous croire?... S’il se fâche ?
CALLISTE
Il faut lui faire peur.
NARCISSE
El lui montrer sa force. U a le manche ; nous le dirigerons. Mais hâtons-nous.
PALLAS, montrant le Palatin.
Elle lui persuadera ce qu’il lui plaira de dire. Entre deu* baisers, au giron de Messaiine, Claude est comme un homme ivre.
NARCISSE
Je briserai ta conque!.. . Au revoir. Et pas un mot.