‹ L'orgie latineChapitre 62 sur 74 · TURO · texte numérisé non relu

TURO

Tu as des nouvelles de César?

NARCISSE

J’en attends. Toi, Harchinius, tu es des amis de l’Augusta. Que dis-tu?

MARCHINIUS.

Sait-on le destin?

NARCISSE, railleur.

Tu n’es pas homme à le conjurer, bien suri

Pallas surgit d'entre les colonnes d'un temple. Narcisse le rejoint avec Calliste, autre affranchi de l'empereur , qui sort d'un groupe de chevaliers. Tous trois , à l'angle du temple de la Concorde, tiennent conseil à voix basse.

PALLAS

Ils sont transis de peur, ces nobles.

NARCISSE

Le sénat n'ose voter aucune loi, nul senatus-consulte. Personne ne conduit ces législateurs poussifs. C’est un mauvais attelage sans aucun cocher.

CALLISTE

Que faudrait-il donc faire, d’après toi, Narcisse?

PALLAS

Silius n’est qu’un sensuel. Il oublie tout dans les bras de Messaline. Des présents, des promesses, une décision ferme l’auraient rendu possible.

CALLISTE

Mais enfin, quelle solution te paraît sage?

NARCISSE

Etre fidèles au pouvoir qui nous sert et que nous servirons jusqu’au bout.

CALLISTE

Soit! Messaline n’a pensé à rien. Pensons pour elle et pour Claude. Il serait furieux, s’il savait.

PALLAS

Eclairons sa justice... Mais s’il ne veut pas nous croire?... S’il se fâche ?

CALLISTE

Il faut lui faire peur.

NARCISSE

El lui montrer sa force. U a le manche ; nous le dirigerons. Mais hâtons-nous.

PALLAS, montrant le Palatin.

Elle lui persuadera ce qu’il lui plaira de dire. Entre deu* baisers, au giron de Messaiine, Claude est comme un homme ivre.

NARCISSE

Je briserai ta conque!.. . Au revoir. Et pas un mot.

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