PREFACE XXV
rigoureusement les quatre voix de la polyphonie, le ténor comme le soprano, l'alto comme la basse. Prenez l'œuvre gigantesque de Bach , vous n'y trouverez que deux ou trois passages, deux ou trois mesures dépassant les limites d'extension de la main. Mais, admirez l'art du sublime bonhomme : un instant avant, un instant après, sont habilement ménagés des silences, c'est-à-dire le temps de repousser et puis de retirer à soi le 16 pieds de la pédale, de façon à jouer avec les pieds accouplés au manuel les notes impossibles à bien lier des doigts seuls. Sauf ces deux ou trois exceptions, exceptions pleinement justifiées d'ailleurs par la marche des voix, tout Bach est d'une admirable écriture à ce point de vue particulier, comme aux autres. —
Ici j'ouvre une parenthèse : il s'agit des articulations.
Le marteau de piano frappe une corde dix fois à la seconde et notre oreille perçoit facilement les dix attaques, le son s'éva-