V. — CÉRAMIQUE ÉGYPTIENNE DITE DE FOSTAT
Toutes les pièces ci-dessous décrites ont leurs analogues dans les débris ramenés des déblais des tumuli de Fostat, grande collection au Musée arabe du Caire (catalogue de Ali Bey Baghat). Ce fut la première capitale de l’Egypte musulmane fondée par Omar, au début de l’hégire, 22/643.
A son déclin, quand le khalife fatimide Moizz fonda dans son voisinage le Caire, elle ne fut plus que de vastes espaces déserts qui continuèrent à recevoir les décharges de la nouvelle cité. C’est dire que les fouilleurs modernes y ont trouvé des débris de toutes les époques.
Ceux que nous avons à classer ne semblent guère antérieurs à la période de la plus grande splendeur du régime fatimide, c'est-à-dire la fin du Xe siècle et le XIe siècle, alors que sous le khalife el Moizz (969) l'art avait atteint un degré de splendeur que tous les historiens, annalistes et géographes arabes ont vantée.
Le gros pot bleu turquoise ne porte aucun motif caractéristique de décor : il ne vaut que par sa matière et sa couleur.
Les pièces lustrées, d’un éclat olivâtre particulier, portent en leur décor un caractère iranien très naturel, si l'on songe à la primitive origine de cette dynastie fatimide, issue d’Ali, et demeurée shiïte.
Mais en leur technique ces pièces de céramique se distinguent souvent par un raffinement et une perfection de tournassage de terres très fines, par une beauté de couverte, et une splendeur délicate de lustre.
64. Pot de faïence à couverte bleue turquoise et à rainures creuses obliques, provenant de l’ancienne collection de M. de Saint-Maurice et demeuré dans sa maison devenue la Légation de France au Caire.
Art égyptien, xm* siècle, baut. : o m 26.
Céramique lustrée. Epoque j a timide, Xe-XIe siée le é