‹ L'Orient musulmanChapitre 9 sur 32 · Armes de la Perse, de l’Inde et de Java · texte numérisé non relu

Armes de la Perse, de l’Inde et de Java

xvne-xvme siècles.

Donations Ch. Sauvageot, R. Kœchlin, etc.

uivres graves et incrustes

Comme pour la généralité des arts musulmans, l’industrie des cuivres repoussés, gravés ou incrustés se rattache par des liens plus ou moins étroits aux arts du métal pratiqués par les peuples qui avait précédé les Musulmans sur les terres désormais soumises à l'Islam. C'est dire que, de même que pour la Céramique, l'art des peuples iraniens plus anciens doit être attentivement interrogé. Il est sans doute très difficile d’établir la transition d'un art à un autre, mais il semble probable que les premiers cuivres, d'esprit nettement musulman, ont dû être précédés d'objets soit à décor franchement estampé et repoussé à la façon des orfèvreries d'argent des Sassanides, — soit gravées avec ou sans adjonction de motifs ornementaux exécutés en relief par la pratique de l'estampage.

Dans ces travaux de cuivre des premiers siècles qui suivirent la chute de l'Empire Sassanide, on ne trouve pas encore trace de l'incrustation de matières précieuses d'or et d’argent, technique véritablement propre aux artisans musulmans dès le xne siècle au plus tôt, si l'on se rapporte aux inscriptions datées qui de plus en plus fréquentes couvriront les beaux objets de cette industrie durant tout le moyen âge.

Il convient d'adopter pour les cuivres gravés et incrustés, un classement provisoire, s'appuyant sur les inscriptions lues, qui comprendrait :

i° Un groupe oriental, persan (provinces orientales et septentrionales), — - et méàopotamien- arménien (de la région du Haut-Tigre, de Mossoul et Diarbekir) — du xne et du xnf siècle.

2° Un groupe occidental, qu’on peut appeler Syro- Egyptien, auquel on doit rattacher tous les beaux cuivres gravés sous les Ayyoubides de la première moitié du XIIIe siècle.

Constatation faite d’un arrêt de production vers i2Ôo, coïncidant avec l'invasion des Mongols et la chute du Califat en 1268, — puis d’une reprise de cette belle industrie en Syrie aussi bien qu’en Egypte et au Yemen, après que Beibars eut fondé à la fin du XIIIe siècle le régime des Mammlouks en Egypte, — mais industrie pratiquée souvent par des artisans d’origine mésopotamienne-arménienne, de Mossoul, qui s’affirme dans de nombreuses inscriptions.

Cet art des objets de cuivre gravés et inscrustés se continua et se géné-

ralisa aux XIVe, xvp, et XVIe siècles, avec une inégale activité en Perse, Syrie, en Egypte, en Turquie, et même à Venise, où des ateliers musulmans produisirent.

62. (PL 20) Lampe (enveloppe de) de mosquée, en laiton ajouré, à huit pans coupés. Deux étroites frises offrent des apparences d’inscriptions à répétitions d’un même groupe de caractères : « Il n’y a de Dieu qu’Allah ».

Provenant de la Qoubbet-es-Sakhrah ou mosquée d’Omar à Jérusalem.

Art arabe, xii* siècle.

Don de M. Barrère.

Btbl. — A. DF. LonGPÉRIER, Archéologie orientale, I, p. q56. — G. Migeon, Manuel, fig. 182, p. 219.— lé., Syrla, I, pl. VII.

haut. : o m 3o. : larg. : o m 24.

Cuivres gravés ou incrustés Perse ou Æéso poteau te

63. (Pl. 21) Vase à pans coupés, présentant en son pourtour une sorte de lambrequin circulaire en relief, décoré de médaillons gravéô d’oiseaux et d’un soleil. Inscription en arrondi (natskhi) de souhaits et bénédictions. Lecture de M. William Marçais.

Art persan ou inésopotamien, xnexiif siècles.

Don de M. Gulbenluan.

haut. : o m 33.

64. (Pl. 21) Bouteille , décorée d’un entrelac g rare de quadrilobes, surmonté à l’épaulement d’une frise d’animaux et d’une inscription coufique de bénédictions et de souhaits.

Art persan ou mésopotamien, xifxiii' siècles.

Don Octave Ilomberg.

haut. : o m 20.

65. Bassin , Vase , Lampes, gravés de rosaces, de médaillons et d’inscriptions. Trouvés au Séistan (Perse orientale) et donnés par le commandant de Lacoste.

Art persan, xif-xin* siècles.

66. (Pl. 27) Seau muni de deux oreilles d attache d anse, gravé de médaillons ornementaux et d’une frise d’inscription coufique ; la base (trouée) était convexe et gravée aussi d’ornements.

Art persan ou mésopotamien, xii'xiii* siècles.

haut. : o m 10. — diam. : o m 12.

67. (PL 23) A iguière , gravée et incrustée de cuivre rouge, frises d’inscriptions à bénédictions, au nom du possesseur :

« Osman, fils de Selman de Nakhtchiwan (Perse du Nord-Ouest) en l’an 586 de l’hégire (1 190) ».

Art persan, fin du xtie siècle,

Legs de M. Piet-Lataudric.

Bibl. — Van Berchem, Notes, III, page 28. — G. Migeon, Gazette des Beaux- Arts, décembre 1899 et mai 1903. — lé., Alanuef, fig. 142, p. 170.

haut. : o m 22.

Page 1