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PALÉOZOÏQUE INFÉRIEUR

(ALGONKIEN)

INFÉRIEUR

GRENVILLE (KEEWATIN) (COUTCHICHING)

de SCHUCHÉRT:

sans revêtement protecteur, la rapidité de la locomotion, les défenses chimiques ou électriques sont une nécessité primordiale, alors que le poids de l’armure est une cause de réduction graduelle de la mobilité. Comme chez les Invertébrés, le carbonate et le phosphate de calcium, ainsi que divers composés de kératine et de chitine sont les principaux matériaux des armatures défensives.

La locomotion des Vertébrés est liée à l'allongement du corps, à son raidissement par un axe central ou corde dorsale, d'où le nom de Chordés (Chordata). L'évolution du squelette cartilagineux (endosquelette) et des membres s'est effectuée du centre vers la périphérie du corps, tandis que l'évolution de l’armure défensive dermique (exosquelette) a suivi la marche inverse de la périphérie vers le centre. L'évolution de l’armure défensive, par les changements de fonction qu’elle a déterminés, a réagi d’une façon importante sur l'évolution du squelette interne.

Les principaux progrès qui ont été accomplis dans les cinquante dernières années l'ont été surtout par la connaissance de nombreux modes d'adaptation, alors que la connaissance des causes de l’adaptation est restée très limitée.

L'application de la notion d'interaction devient de plus en plus

difficile et presque inconcevable à mesure que les adaptations se

multiplient et se superposent les unes aux autres dans l’évolution des quatre complexes de relations physicochimiques :

Milieu physique : succession directe, régression et alternance des zones d'habitat.

Développement individuel : succession directe, régression et alternance des adaptations aux zones d'habitat.

Évolution de la chromatine : adjonction de déterminants correspondant à l'adaptation à de nouveaux habitats, avec conservation des déterminants corresvondant aux adaptations aux anciens habitats.

Modifications successives du milieu vivant dues aux migrations des individus et du milieu vivant lui-même.

LOI DE CONVERGENCE OÙ DE PARALLÉLISME DES FORMES DANS LES ADAPTATIONS LOCOMOTRICES, OFFENSIVES ET DÉFENSIVES

Il existe des centaines de parallélismes adaptatifs entre l’évolution des Vertébrés et l'évolution antérieure des Invertébrés. Quoique les structures corporelles et le mécanisme de la locomotion soient

si Cl

profondément différents, les nécessités combinées de la protection et de la locomotion ont produit d’étroits parallélismes morphologiques entre les Euryptérides siluriens, tels que les Bunodes, et les Poissons ostracodermes à armure, parallélismes extérieurs qui ont

conduit Patten (12) à affirmer la parenté scientifique de ces deux groupes.

Ce sont les similitudes des énergies protoplasmiques internes, les similitudes du mécanisme de la locomotion, de l'attaque et de la défense, en même temps que les similitudes constantes de la sélection, qui paraissent devoir expliquer cette loi de convergence ou de parallélisme des adaptations, en vertu de laquelle des formes extérieures similaires se produtsent dans l’'adartation à des forces extérieures similaires, loi qui a échappé aux pénétrantes observations de Huxley (13) dans l’analyse remarquable des modes d’évolution des vertébrés qu'il a publiée en 1880.

L'adaptation motrice des Vertébrés —— Poissons, Amphibiens, Reptiles, Oiseaux ou Mammifères — représente la résolution d’une série de problèmes mécaniques :

adaptation à la gravité, aptitude à

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Dauphin. — Mammifère actuel.

F1G. 37. — Adaptation morphologique convergente de trois Vertébrés marins appartenant à des groupes complètement différents.

Évolution similaire du type corporel fusiforme à natation rapide chez le Requin (Poisson), l’Ichthyosaure (Reptile), le Dauphin (Mammifère), qui appartiennent à des classes n'ayant aucune parenté directe entre elles et dont le squelette interne et la structure sont radicalement différents. D'après OsBoRN et KNIGHT.

surmonter la résistance de l’eau et de l'air dans le développement de

la vitesse, évolution des membres dans la création de leviers, de

fulcres et de points d'appui. Les nageoires postérieures et anté-

rieures des Poissons, les membres postérieurs et antérieurs des

Mammifères évoluent parallèlement quand les conditions dyna-

(12) PATTEN (Wm.), 1912.

(13) HUxXLEY (T.-H.), 1880.

miques sont les mêmes; leur évolution est divergente quand ces conditions sont différentes. Le principe de l’homodynamique et celui de l’hétérodynamique s'appliquent au corps tout entier et à chacune de ses parties, conformément à deux principes : 1° chacune des par-ties a son évolution mécanique propre ; 2° le même problème mécanique est généralement résolu de la même manière (fig. 37). Ce dernier principe est d’une application constante.

Adaptations des Vertébrés aux divers habitats et aux changements de milieu.

Habitat aérien (vol, types volant).

Habitat aéro-arboréal (parachute, types aptes au vol plané).

Habitat arboreal (types grimpeurs, sauteurs, pourvus de bras).

Habitat arboréo-terrestre (types coureurs et grimpeurs):

Habitat terrestre [types lourds (marche), agiles (course), sauteurs, bondissant, types pesants peu maniables (à marche iente)].

Habitat terrestre-fouisseur (types marcheurs et fouisseurs).

Habitat fouisseur (types fouisseurs).

Habitat terrestre-aquatique (types amphibies).

Habitats aquatiques : palustre, lacustre (types vivant à la surface et types vivant dans les fonds), fluvial (eau douce, courant rapide, courant lent; types fluvio-marins) ;

Marin liltoral (types vivant à la surface et types fouisseurs) ;

Marin pélagique (types vivant librement à la surface, voguant et flottant, auto-moteurs).

Marin abyssal (types vivant dans les fonds profonds, lourds et agiles).

Chaque habitat principal doit être divisé en de nombreux sous-habitats. Les Vertébrés peuvent émigrer de l’un à l'autre ; les milieux eux-mêmes peuvent émigrer par suite de changements géographiques. Les conditions de la locomotion se traduisent en fo mes quadrupèdes bipèdes, pinnipèdes apodales, etc.

Les trois problèmes mécaniques de la vie dans l'habitat aquatique

sont : 1° de surmonter la pression de l’eau en augmentant le poids du corps ou en développant des organes gravifiques spéciaux, afin de permettre à l'animal de s'élever ou de descendre dans le milieu liquide ; 2° de surmonter la résistance de l'eau aux mouvements rapides au moyen de surfaces gauches et d’angles rentrants et sortants, analogues aux « lignes » de nos navires les plus rapides; 3° de propulser le corps par divers procédés : mouvements sinueux du corps tout entier terminé par une puissante nageoire caudale, action supplémentaire de quatre nageoires latérales, gouvernail horizontal constitué par un système de nageoires médianes (14).

(14) Ces problèmes ont été particulièrement approfondis, théoriquement et expérimentalement, par Fr. HOUSSAY, Forme, puissance et stabilité des Poissons, Hermann, 1919. Voir aussi : G. Bonn, La forme et le mouvement, Flammarion, 1921. (Note du traducteur.)

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