LOI DU RAYONNEMENT ADAPTATIF
A la loi de divergence morphologique, reconnue par Lamarck et redécouverte par Darwin, Osborn a donné de nos jours un sens plus général dans la lot du rayonriement adaptatif (15), qui gouverne la différenciation morphologique des animaux rayonnant ou se dispersant dans toutes les directions, pour répondre aux nécessités de la recherche de la nourriture et au développement des modalités motrices nouvelles dans des habitats différents. Les rudiments de cette tendance à la divergence s'observent déjà chez les animaux unicellulaires, les Protozoaires (voir plus haut, p. 102). Tandis que la convergence produit sans cesse des analogies, la divergence fait constamment apparaître des différences de structure.
La loi du rayonnement adaptatif exprime les modalités de l’adaptation morphologique, qui sont comprises dans les grandes lignes suivantes de la convergence et de la divergence :
(15) Law of adaptative radiation : irradiation, radiation, expansion adaptative, rayonnement adaptatif, adaptation rayonnante (traduction de E. de Margerie) ; « exprime l'idée de rayons (radii) se propageant dans de nombreuses directions » (OsBorN, Encycl. britann., mot Paleontology, 11° éd., p. 589). Je traduis le plus souvent par : rayonnementadaptatif,dans quelques passages par : expansion adaptative. Cette question des migrations a été surtout développée en France par Çuénot. (Note du traducteur.)
1. Adaptation divergente, par laquelle les membres d'une souche primitive, rayonnant dans diverses zones d’habitats, tendent à développer des différences morphologiques.
2. Adaptation convergente, parallèle ou homoplastique, par laquelle les animaux issus d’habitats différents et pénétrant dans des habitats similaires, acquièrent de nombreuses analogies morphologiques extérieures.
3. Adaptation directe, par exemple au cours de migrations primaires daus une série ascendante d'habitats : de l'habitat aqua ique à l'habitat terrestre, puis arboréal, puis aérien.
4. Adaptation régressive, au cours de migrations secondaires dans une
direction opposée, de l'habitat aérien à l'habitat arboréal, puis terrestre et aquatique.
5. Adaptation alternante, qui se produit par le passage d’une migration primaire à une migration secondaire, avec retour à l'habitat primitif et répétilion plus ou moins exacte de la phase primaire.
6. Changement d'adaptation ou de fonction, par lequel un organe effectuant une certaine fonction dans un habitat ne s’atrophie pas, mais exécute une fonction complètement nouvelle dans un nouvel habitat.
7. Adaptation symbiotique, par laquelle des Vertébrés présentent des adaptations complémentaires à celles d’autres Vertébrés ou d’'Invertébrés.
Il est très important de se souvenir que les formes du corps ou celles des membres, qui se sont développées dans chacune des phases d'adaptation, sont le point de départ de la phase d’adaptation suivante.
Le maintien prolongé d'un type animal dans le même habitat produit des altérations profondes dans sa chromatine, où l'histoire de ses phases antérieures est plus ou moins enregistrée.
Parmi les désavantages d’une existence prolongée dans le même habitat, il y a lieu de noter le suivant : en vertu de la lot de compensation découverte par Geoffroy Saint-Hilaire, au début du siècle dernier,tout Vertébré en développement, qui spécialise certains organes, en sacrifie d'autres. C'est ainsi, par exemple, que les doigts latéraux du pied du Cheval sont sacrifiés en faveur du doigt médian, dans le passage de la forme tridactyle à la forme monodactyle. Les parties sacrifiées ne sont jamais recouvrées ; le cheval ne réacquerra jamais sa forme tridactyle, alors même qu'il rentrerait dans un habitat où les trois doigts seraient plus favorables à la locomotion que le doigt unique. Dans cet ordre de faits, l’évolution de la chromatine est irréversible. L'’extinction de divers types de Vertébrés a été souvent produite par le sacrifice d'un très grand nombre de caractères dans leurs réactions de structure et de fonction à nn habitat particulier. Une forme très spécialisée, représentant un
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mécanisme parfait, exactement adapté au milieu physique et vivant environnant, constitue un eul-de-sac de structure, d’où elle ne peut s'échapper par adaptation à un milieu physique ou à un habitat différents. Ces deux principes de l'adaptation trop précise à un milieu unique et de la non reviviscence de caractères perdus par la chromatine sont le fondement de la loi, en vertu de laquelle les types les plus hautement spécialisés et parfaitement adaptés s’éteignent, alors que les types primitifs, conservatifs et relativement peu spécialisés, deviennent invariablement le point de départ de nouveaux rayonnements adaptatifs (16).
(16) Types plastiques, relativement indétlerminés, indifférents aux variations
du milieu. Cette notion correspond à celle qui a été développée par Cuénot sous la dénomination (criticable) de préadaptation. (Note du traducteur.)
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