ART ASIATIQUE
T Ac 4 x r \ Nous résumons sous ce nom, comme la seconde des deux sources fécondes où nos arts modernes ont trouvé
extrème Orient. Cet ensemble comprend des productions
n de rs 3 . Z 0 7 À Fo .
d’époques très différentes, dont les plus anciennes pourraient dépasser en antiquité les ouvrages des Égyptiens , à peu de chose près, contemporaines. Considéré toute-
des modèles, tout l’art décoratif de l'Orient et de l
eux-mêmes, et dont les plus récentes sont pour nous fois dans ses traits généraux, ce vaste tableau est moins compliqué qu'on ne pourrait le croire au premier abord.
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L’immobilité traditionnelle de l'Orient, où de nombreuses
de fabrication et les pratiques de Part, tout en rendant sOuv assez médiocre à cette recherche, sinon au point de vue de
générations se transmettent fidèlement les procédés
ent fort difficile de préciser la date de telle ou telle
production, laisse, dans beaucoup de cas, un intérèt
la curiosité et de la valeur réelle des objets, du moins au point de vue des caractères généraux de l’ornementa-
» 6 je * . :4 . . \ + tion que limitation moderne emprunte aux modèles anciens plus où moins sincèrement, mails souvent avec une
puissance d’illusion complète.
Dégagée ainsi des longueurs d’un examen chronologique minutieux, notre courte étude peut se tenir à de larges divisions répondant aux genres primaires et originaux qui dominent les sous-genres et les modifications indivi-
duelles.
A notre point de vue spécial, et sans entrer dans l'examen de questions ethnographiques très intéressantes, mais
reconnaitrons etil-Duperron et Champollion-Figeac, Histoire de
sortant de notre compétence comme de notre cadre, nous trois grands groupes ou familles : la fa-
mille chinoise, la famille indienne et la famille arabe. (Voir Anqu
la Perse.) Le premier groupe, comprenant la Chine et le Japon, Sera traité d’abord à part, comme le comportent son génie
même et son histoire.
inerons à part les deux grandes traditions indienne et
Puis, revenant à l'Orient proprement dit, nous exam de rencontre, dont le principal se trouve dans
arabe, en retraçant leurs caractères distinctifs et aussi leurs points
, . ‘… è AD J. . Je : À , l’art persan, originaire de l’Inde, mais profondément modifié, depuis lislamisme et la conquête arabe, par le
style mahométan.
CHINOIS ET JAPONAIS
. . . 9 e > \ Chinois. — Avec les Chinois, nous nous trouvons en face d’une nation dont l’histoire remonte à la plus haute pl. Xàxv. antiquité. Pendant cette longue existence, ce peuple, € monde, semble n'avoir rien donné ni reçu qui soit ap-
s sufli à lui-même, et, dans cette immobilité et cet isole-
préciable depuis un temps immémorial; il s’est toujour ment, qui font son originalité, il s’est fait une manière sans rapport avec les produits des autres civilisations, dont l'instinct n’a fait défaut à aucune race
si nous en exceptons certaines combinaisons géométriques | 1
connue.
hi. ; FES Je défaut d'ordonnance et de plan qui s’y montre en
L’extrème fantaisie de leurs compositions ornementales , Chinois n’ont pas d” n coordonnée, engendrant les ornementations dites
général, peuvent s'expliquer, si l’on considère que les art architectural comme nous le con-
naissons et avons essayé de le définir, archétype de l’idéalisatio de style, grâce auquel les motifs les plus exigus restent empreints de grandeur, comme on le voit, par exemple, dit M. de Chavannes de là Giraudière, tient au génie
dans l’ornement égyptien. « Cette absence d'architecture , 3)
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BE, +: PS mème de la nation chinoise. Ce peuple semble voué à se préoccuper exclusivement des détails, et cela en
toutes choses. La conception d’un monument est au-dessus des forces de son intelligence. »
Complétons cette observation en faisant remarquer que les habitations légères et sveltes des inspirées ture (1).
Chinois sont toutes
de la tente, dont la mobilité et la proportion exceluent tous les grands caractères de larchitec-
Cette circonstance a certainement contribué à laisser les arts du dessin, chez les Chinois, dans un état naïf et rudimentaire, et explique pourquoi l’on ne rencontre que rarement dans leurs conceptions
’ampleur et la simplicité des ornementations de style.
La variété, d’ailleurs, constitue pour les Chinois le premier caractère de la beauté.
Dans leurs paravents de luxe, les feuilles se suivent sans se ressembler; à côté d’
un compartiment représentant un paysage, 1l s’en trouve un autre de couleur éclatante, couvert d’arabesques métalliques. Ils prennent à tâche d'éviter la ligne et l’angle droit, de les dénaturer s'ils s’en servent; ils se torturent l'imagination, ou plutôt se laissent aller à leur imagination déréglée, lorsqu'il s’agit de leurs meubles à formes
bizarres, dont ils s'appliquent à dissimuler Ia destination réelle par l'apparence d’une destination toute différente.
À ce concept si peu analogue au nôtre, à un dessin si complètement dépourvu des grandeur que tout changement de proportion lui est fatal, et que, passé le paravent peut exciter décroit et s’annule, il faut ajouter que les Chinois
conditions de la véritable ou le store, l'intérêt qu’il ne tiennent aucun compte des lois de la per-
spective, et qu’ils ne connaissent pas le jeu des ombres et du clair-obscur.
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