À D EL E
Te laisser conduire, cruçl homme que tu es. Tu crains mes parens; mais Blinville est ''leur meilleur ami, il a leur confiance et la mienne J c'est à lui que je parlerai. Incapable de feindre, je lui ouvrirai mon cœur. S'il me blâme, je rougirai pour la première fois de ma vie,* s'il m'approuve^ je JuieonF.e le soin de notre félicité. Songes que ma mère t'aime autant que jnoij qi;e mon père t'estime, te considère.
JULIEN
S'ils résistent?....
ADELE.
Alors je prendrai ta main, je te conduirai vers eux, nous tomberons à leurs pieds , et je leur dirai: voilà l'homme que j'ai r-ioisi, lui seul peut l'aire mon bonheur, et vous ne m'en scparc/cz pas.
JULIEN
Que ce moment est à craindre !
ADELE.
Non. Julien, non, il ne l'est pas. S'ils me refusoient aujourd'hui....
JULIEN
Je se^ois banni , perdu, déshonoré.
ADELE.
Piirn de tout cela, mon ami. Un honnête homme en déshonore-t-'.l un autre pour une faute involontaire ? oublie-t-il eu un moment dix ans de travaux soutenus, d'affection et de soins ? Depuis dix-huit ans mon bonheur est leur unique étude, et ce qu'ils me refuseroient aujourd'hui, ils me l'accor4eroient deiiaain.
JULIEN
Ah ! chère Adèle , que ne te dois-je pas !
M'occuper de les intérêts, n'est-ce pas ménager les miens?
JULIEN
Charmante .fil le!
ADELE.
L'heurt- t'appelle, ne te fais pas attendre. C'est en remplissant ses devou's actuels cju'on se rend digne de s'en imposer d'autres, { souriani avec tendresse.) dont je partagerai le poids. (^Julien lui baise la main ) Embrassez-moi , mon ami. Le vice ménage les apparences , l'innocence se fie à la vertu.
{Julien l'embrasse et sort.')