SCENE IL
HELENE qui sort dins le cnnrant de la scène ^ madame DÉRICOUR.T, JULIEN.
JULIEN
Tout ce qui intéresse les hommes, l'estime des honnête^ gens , les dons de la fortune , les faveurs de l'amour, se réunissent aujourd'hui pour me faire oublier mes premiers mal^ heurs. Votre aveu manque encore à ma félicité.
M ad. DÉXIICOURT*
Que dites-vous ?
JULIEN
Je vous dois inon éducation, mes mœurs, et une existence que vous m'avez conservée. Ma reconnoissance m'acquitteroit, si on pouvoit jamg.is s*acquitter de tels bienfaits. Cepencïant vous pouvez y mettre le comble ; ou plutôt, si vous devez re=« jetter mes pdèces, vous n'avez rien faiï pour moi.
Mad. DKRIGOU KT.
Entend.s-t*! , Hélène , entends-tu ?
JULIEN
Vous avez une fille à laquelle je ne pouvois pas prétendre , et que je ne devois point aimer. Une fièvre ardente me consumoit,etje n'en connoissois pas le remède; j'étoia tout à Adèle , et je ne soupçonnois pas le danger. Adèle élevée avec mol , habituée à me voir , à inspirer et à sentir cetts douce confiance qui surprend les âmes , Adèle m'aimoit ej " elle ignoroit encore qu'elle eût un cœur.
Mad. DÉRicouRT, à part.
Quelle horrible confidence !
JULIEN
Un homme sensible connoîfc noire situation, et il porte no9 vœux aux pieds de votre époux. Déricourt n'a pas dédaigné un homme qui n'a pour hii que ?active amitié de ses pro-
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tectaurs. II m'a accueilli, il a regardé sa fille , elle a rougi , et il v»'a nommé son gendre.
Mad. DÉRicoURT , tombant dins un fauteuil. Ali , malheureuse ! voilà \z dernier coup.
JULIEN
Va , m'a-t-il dit , va trouver ma femme : dis-lui que j» te destine à faire le bonheur de ma fiUa , et ses bras te seront ouverts.
Mad. DiRieouRTji-e relevant en désordre.
Julien... Julien... tu veux .. tu espères !...
J U JL X E N.
Je ne veux rien , mais je supplie. Sans Adèle il n'est pas de bonheur pour inoi , sans moi il n'en est point pour Adèle. Mad. DiRicouRT, avec un dJs espoir concentré. Non jamais... jamais...
j u L I E ■» , suppliant.
Adèle est votre fille , et vous m'avez tenu lieu de mère.
Mad. DÉRICOURT.
Eli , je le suis , malheureux !
Ah , si je pou vois vous croire !
Mad. DÉRICOURT.
Ah , si je pouvois l'oublier !
JULIEN
Et vous me refusez Adèle.
Mad. DÉRICOURT, se remettant.
"Vous n'êtes pas nés l'un pour l'autre.
JULIEN
Opposez-moi des raisons ; je les combattrai , je les déiiuirai.
Mad. DÉRICOURT.
Vous le croyez, jeune homme ?
J'en suis certain,
Mad. D KRICOURT.
Ah, si je pouvois parler !
Je vous en conjure.
Mad. DÉRICOVRT.
J« me tais.