‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 45 sur 52 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

l'RANGISQUE, JULIEN.

JULIEN

E S - T U là ?

FRANCISQUE

Me voici.

JULIEN

As-tu tout préparé ?

F RANCI SQUE.

Tout absolument.

J ir L I E N.

Sans avoir été apperçu ?

FRANCISQUE

De personne au monde.

JULIEN

No perdons pas un moment.

FRANCISQUE

EsL-il lïuiluit?

JULIEN

Oui : poiU'qnol ?

FRANC ISQU K.

Madame Déricourt va descendre. Elle veut vous voir, vous parler.

JULIEN

Francisque, encore une indiscrétion!

FRANCISQU E.

J'ai été impénétrable pour ceux qui s'opposent à votre départ. Il éfoit inutile d'en faire un mystère à celle qui voudroit vous savoir déjà loin.

JULIEN

A la bonne heure; mais tu pouvois m'épargner un entretien inutile et fatiganl.

FRANCISQU E.

On l'a demandé : le relnser, c'étoit s'exposer à de nouvelles démarches, à des importunités , qui nous auroient ôté la liberté d'agir.

JULIEN

Ton but est rempli : éloignons-nous. ( Il fait quelques pas.')

FRANCISQUE

Je vous suis.

JULIEN, s^arrdtant.

C'est ici que j'ai passé dix-huit ans avec elle; c'est ici que nous nous sommes livrés avec sécurité aux douces sensations d'une flamme innocente; c'est ici que mon malheur se prépa-

roit au sein même de la félicité ! ( Bien trisiement. ) Au

point du jour, Adèle viendra dans ce salon, que nous aimions tant ; elle parcourra ces bosquets, où nous avons si souvent folâtré; elle s'assoiera sur ces gazons, où les heures s'écouloient pour nous avec tant de rapidité ; par -tout elle chercliera Julien, et Julien n'y sera plus! Ali! Francisque! quels souvenirs me poursuivent en ce moment! {^Avec désordre.^

Partons , partons.

^ L'OUPHELIN;

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