‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 31 sur 105 · PREMIERE PARTIE, CHAP. III · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. III

Ce phénomène était devenu sensible après la mort de madame de Salmar ; le caveau de ses ancêtres en se rouvrant pour recevoir son cercueil fit circuler des bruits sinistres dans la contrée.

M. de Salmar méprisait la terreur populaire , il n'en cherchait pas la cause.

Toutes ses combinaisons se concentrèrent dans les moyens de remplir les dernières volontés de celle qu'il pleurait; il ne pouvait les attendre que du temps.

Par un sentiment religieux qui se conçoit mieux qu'il ne peut se décrire , il s'était imposé le devoir de rendre compte à ces mânes vénérées de ses plus secrètes pensées. Ce qu'il avait cru devoir lui taire pendant sa vie, il pouvait le révéler à son ombre. Sur son tombeau et près du puits des Martyrs était placée une boîte de plomb scellée : là il déposait une correspondance où étaient

dévoilés les mystères qui troublaient sa vie. Un mulâtre était son émissaire; sa fidélité lui avait paru sincère .

Lohie était naturel du royaume de Juïda : vendu sur les côtes de Guinée , amené sur un bâtiment européen , il avait suivi différens maîtres , et , après les guerres civiles qui s'étaient succédées , il avait été délaissé dans la contrée. M. de Salmar se Tattacha.

Lohie s'acquittait de sa mission nocturne avec un zèle ardent qui paraissait prendre sa source dans la vénération qu'imposait le puits des Martyrs, où se rendaient chaque jour de nombreux pèlerins ; mais Lohie avait son Dieu, son culte et les révélations écrites d'une vieille prétresse pour son guide de foi.

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