‹ L'Ostéo-Arthrite déformante juvénile: et les Modifications tardives (champignon, tampon de wagon) de la Tête fémorale, dans les Luxations congénitales réduites par la Méthode non sanglanteChapitre 58 sur 64 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Très peu de chirurgiens sont intervenus par une opération sanglante pour une O. A. D. J. simple: aucun n’est intervenu pour une O. A. D. J. survenue chez un ancien luxé. En fait, il semble qu'aucun traitement n’influe sensiblement sur le résultat : il arrive une période durant laquelle tous les symptômes se réduisent au minimum.

On peut considérer un traitement immédiat et un

traitement à longue échéance se rapportant au pronostic éloigné.

La pathogénie n'étant encore qu'à l'état d'hypothèse, le traitement sera surtout symptomatique.

Traitement immédiat. — La syphilis héréditaire n’est pas prouvée comme cause de FO: A. D. JF; aussi, peu d'auteurs ont-ils institué un traitement spécifique. Nous avons déjà dit ce que nous pensions du traitement spécifique; 1l semble ne devoir prendre place dans la-thérapeutique de l'O. A. D. J. que dans des cas spéciaux où attention du médecin aura été éveillée.

L’insuffisance endocrinienne étant à elle seule incapable de provoquer les déformations, on pourra insti-

tuer un traitement: glandulaire, non pour influencer

l’évolution de la maladie, mais pour parfaire uné sécrétion que l'infection a rendu déficiente. La coïn- cidence d’un type adiposo-féminin, par exemple, demandera un traitement opothérapique. Dans certains cas, la radiographie de la selle turcique pourra ôtre indiquée. Les autres traitements institués méritent une plus erande attention.

Calvé n’a jamais immobilisé ses malades; Perthes évite l’immobilisation dans un appareil plâtré et conseille les mouvements passifs, le massage. Schwartz établit une immobilisation de coute durée, dans un appareil plâtré pendant la période douloureuse et conseille le massage. Nové-Josserand fait marcher ses malades avee une culotte plâtrée. Nous avons vu que notre maître immobilisait ses malades dans un appareil plâtré pendant la période d'état. Pour Taylor, le traitement a une action nulle sur FO. A. D. J. et l'immobilisation n’a qu’une indication : calmer les douleurs, quand elles sont vives.

Kidner et Phermister sont partisans d’une intervention. [s croient qu'il y à intérêt à curetter des foyers de résorption osseuse d’origine infectieuse. Le résultat montré par les radiographies n’est pas probant. Dans un cas unique, que nous avons déjà rapporté, l’Intervention a évité l’aplatissement de la tête fémorale. Ce fait est trop isolé pour servir de base à une thérapeutique opératoire. La bénignité immédiate de 10. A. D. J. ne justifie aucunement une intervention dont l'influence n’est pas démontrée.

Puisque nous avons admis l’origine infectieuse, on pouvait songer à la sérothérapie ou à la vaccinothé-

rapie. Cette méthode n’a jamais été tentée dans l'O. A. D. J., mais les résultats qu’elle a donnés dans les. staphylococcies des enfants et des adolescents sont trop inconstantes pour pouvoir fonder un espoir sur son application.

Quel est le traitement rationnel que peut suggérer le tableau clinique et radiographique?

Au début de la maladie, quand l’épiphyse se décalafie, il y a intérêt à ménager l'articulation pour éviter laplatissement, et à calmer les phénomènes douloureux s'ils existent. L'appareil plâtré et l'extension continue mettant le membre en abduction peuvent remplir ce rôle Nous préférerions peut-être l’extension continue, qui favorise moins l’atrophie musculaure. 2

Toutefois, l’immobilisation complête ne semble dévoir être réservée qu'aux cas graves, très douloureux.

Pour lutter contre la décalcification, on pourra recommander au malade de prendre, par exemple, du glyeéro-phosphate de chaux et surtout une préparation iodée quelconque.

Quand lépiphyse reprendra sa netteté de contours, c'est-à-dire quand la recalcification se généralisera, on pourra instituer une mobilisation d’abord passive. Le massage qui luttera contre l’atrophie musculaire, les bains de soleil suivant le conseil de Perthes, le grand air seront d’heureux adjuvants. |

Après cette période de mobilisation passive, et . Quand le malade aura une épiphyse en bonne voie de recalcification, on pourra l’autoriser à marcher pro-

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gressivement. Au début, peut-être pourrait-on, suivant Nové-Josserand, ménager l’articulation par une culotte plâtrée permettant la marche: en tous cas, il paraît rationnel de mettre pendant la nuit, selon la méthode employée par notre maître, un écarte-cuisses qui maintiendra les cuisses en abduction et luttera contre la limitation de l’abduction. Dans la journée, Fenfant devra s'asseoir sur une sellette, comme dans le traitement de la luxation congénitale. Le massage sera continué jusqu’à disparition de l’atrophie museulaire. Ce traitement, à continuer jusqu’à la recalcification complète, suppose un contrôle radiogra- phique et un malade vu dès le début. Nous savons que ceci est exceptionnel; mais le chirurgien pourra, après une radiographie, fixèr le stade de l'affection et la conduite à suivre, en s’en tenant à ce que nous. venons de dire.

Traitement éloigné. — La hanche atteinte d’O. A. D. J., arrivée au stade des déformations indélébiles, présente un lieu de moindre résistance. 11 sera sage de conseiller au malade qui en sera à cette période une bonne hygiène articulaire; éviter les fatigues bains chauds, massage, électricité statique, etc.

Si, dans la suite, les malades luxés ou non atteints d’O. A. D. J. présentent une ankylose en position vicieuse, le chirurgien sera amené à envisager, soit une ostéotomie pour remettre le membre en bonne position, soit une myotomie, si la malposition du: membre provient d’une rétraction musculaire.

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Traitement prophylactique pour les luxés. -- La hanche sera réduite le plus tôt possible, puisque l’âge auquel l’opération est faite semble influencer l’accentuation des déformations. La méthode non sanglante, dite de douceur, sera emplovée, parce que là où elle n’est pas usitée, les déformations sont plus nombreuses.

L'immobilisation sera réduite au minimum, afin de ne pas provoquer une décalcification trop massive et surtout parce que:

19 Certaines modifications que nous avons reneontrées peuvent très bien remonter à l’époque du traitement;

20 L’immobilisation favorise probablement la loéalisation d’une infection hématogène banale et atténuée.

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