‹ L'ostéosynthèse temporaire chez l'enfantChapitre 10 sur 53 · MOTS · texte numérisé non relu

MOTS

diaphysaires, il était primitivement composé de longues vis, destinées aux fragments osseux, solidarisées par un tuteur externe; mais il lui reconnaît bientôt un grave inconvénient : si les vis ne sont pas enfoncées en rigoureux parallélisme dans les fragments osseux, l’étau destiné à les maintenir, déplace la réduction au moment de son serrage.

Il invente pour y remédier un nouvel appareil, composé d’une lame rigide sur laquelle glissent des étaux fixateurs orientables dans tous les sens, permettant l’immobilisation des vis dans la position où elles ont été enfoncées. Ce dispositif est d’une ingéniosité remarquable, mais d’un volume relativement considérable, par là même lourd, dif. ficile à manier, et difficile aussi à maintenir stérile sans un volumineux pansement. |

Nous ne ferons que mentionner d’autres appareils de prothèse externe, conçus par Steinmann, Lambret, Juvara, réalisant de diverses manières des réducteurs de fracture qui agissent à distance du foyer, pour étudier plus longuement celui de Chalier, inventé pendant la guerre et appelé par son auteur «le cramocn extensible ». DRE €

Celui-ci est composé de deux vis et d’une attelle formée de deux plaques métalliques en acier destinées à glisser l’une sur l’autre et perforées, la première par une longue fenêtre rectangulaire, la seconde par des trous carrés. Deux boulons, à tiges carrées, servent à maintenir la rigidité des plaques

PER fe fra

et permet leur adaptation à la longueur désirée grâce au dispositif en glissière. Deux longues vis à mèches perforatrices sont fixées à une des extrémités de chaque plaque.

Chalier place d’abord chaque vis à travers les

parties molles jusque dans le squelette en se servant au besoin d’un perforateur, une vis au-dessus, l’autre au-dessous du foyer de fracture, à une distance variable suivant les cas, mais en tissus sains, hors de la plaie par conséquent.

À ce moment la réduction est effectuée et maintenue par l’aide. Les plaques sont fixées sur les vis à la façon d’un pont métallique, dont le degré d'écartement est réglé grâce aux HG Are en glissière des deux plaques.

Cet appareil est déjà très simplifié. Il ne comporte que deux vis, deux plaques, deux boulons. Mais il présente un grave inconvénient : on ne peut employer que deux vis et celles-ci doivent être enfoncées très également et en rigoureux parallélisme pour permettre leur assemblage. :

| Le professeur Ombrédanne simplifie encore cet appareil. Il n'utilise plus qu’une seule attelle de connexion qui peut être placée quelle que soit la position primitive des vis, celles-ci pouvant être amenées en parallélisme, au GOTRISE moment, grâce

à un gauchisseur.

L'ostéosynthèse temporaire a pour but l'ablation de tout le matériel de prothèse métallique placé près d'un foyer de fracture, dès que la consolidation osseuse est faite (ce qui est rapide chez l’enfant). «ie ;

Cette facon de voir repose sur deux catégories d'arguments. Les premiers sont ceux que l'on peut formuler contre les ostéosynthèses à matériel perdu, aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte ; les seconds sont propres à l'ostéosynthèse pratiquée chez des êtres dont l’ostéogénèse de croissance n'est pas encore terminée.

Les griefs formulés contre l'ostéosynthèse à matériel métallique abandonné dans la profondeur, se résument à en discuter la tolérance par Porganisme. En effet incriminer l’asepsie de l'opérateur dans tous les cas où tôt ou tard il se produit des accidents tendant à l'élimination des pièces de prothèse, semble un raisonnement inexact. +

On sait, actuellement, qu'il se produit autour des vis, mal enfoncées prétendent certains, des phénomènes d’ostéite raréfiante. A leur contact, en effet,

se font des micro- traumatismes qui ont une action mécanique nuisible indiscutable, Certains métaux ont une action irritative par leur présence même ; témoin, deux observations de M. le professeur Alglave, où des fils de nickel durent être enlevés vingt jours après l'intervention, parce qu'ils avaient provoqué une réaction puriforme aseptique,' Enfin des expériences démonstratives ont appris dans ces dernières années, que lorsque le matériel employé comprend deux métaux susceptibles. de former couple électrique, il se produit toujours à son contact une ostéoporose tres marquée,

Ces quelques faits, bien connus de tous 1e RES rurgiens qui font des ostéosynthèses, et sur less : quels à desseins nous ne nous sommes pas étendu, montrent qu'il n'est pas sans inconvénient de laisser au contact de l'os un corps étranger métallique,

Chez l'enfant, des arguments plus importants encore, font envisager l’ostéosynthèse temporaire comme le seul procédé rationnel, |

La pathogénie couramment acceptée en matière d'ostéomyélite des adolescents, admet sans difficul: tés qu'après une pénétration microbienne au niveau d’une pans d'entrée, les agente d'infection peu- RC RE unes ta masse LH lique laissée à demeure, éminemment irritative comme nous l'avons vu, jouera très certainement tôt ou tard le rôle d'agent localisateur.

Enfin surtout trois reproches peuvent être faits

sA0 =

à l’ostéosynthèse à matériel perdu chez lenfant : le cal périostique excessif, la pénétration des pièces métalliques dans le tissu compact de l'os, les risques de fracture ttérative.

Ces trois ordres de faits sont démontrés de facon presque expérimentale dans une observation personnelle du professeur Ombrédanne : un cerclage au fil métallique avait été fait pour une fracture ‘oblique du fémur chez un enfant ; six mois après survenait une fracture itérative sous l'influence d’une cause insignifiante. Nouvelle intervention ; le plus grand fragment du fil métallique est retrouvé situé en plein dans le tissu compact de la diaphyse, un autre est tombé dans le canal. médullaire, un troisième fragment enfin est resté sous le périoste recouvert par une volumineuse production d'os nouveau, véritable périostose.

Ces faits s'expliquent facilement. Chez l'enfant il faut que l’os s’accroisse en diamètre aussi bien qu'en longueur : un fil métallique ne se laissera pas distendre par l’accroissement de l’os en diamètre ; il va se rompre ou s’incruster dans l'épaisseur du tissu osseux à la façon dont :il s'incruste dans un jeune tronc d'arbre qu'il solidarise à son tuteur. Pénétré dans le tissu osseux, sa présence va amener des phénomènes d’ostéoporose : resté sous le périoste, agent irritateur, il provoquera l’hyperostose. a

En présence de ces divers arguments, il semble indiscutable que chez l'enfant les pièces métalliques

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