‹ L'Otite du NotfrissonChapitre 52 sur 79 · RENTE · texte numérisé non relu

RENTE

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comprimée, un embout s’adaptant bien à la narine ÿ est appliqué, lélasticité de la poire aspire le contenu nasal. La désinfection peut être réalisée par une instillation de quelquesgouttes de solution d’argyrol, de collargol au 1/50, ou de glyctrine argyrolée à 10 °/, (Robert Leroux). Certains auteurs qui recommandent la désinfection systématique du nez à la naissance, s’étonnent que cette pratique ne soit pas devenue une règle aussi formelle et aussi absolue que le nettoyage de l’œil et Pinstillation de nitrate d'argent. |

Si l’otite du nouveau-né n’est pas une affection fréquente, il n’en reste pas moins probable que de petites infections tubaires transitoires du nouveauné peuvent créer une susceptibilité telle qu’une nouvelle infection trouvera le térrain déjà préparé, aussi ne doit-on pas négliger de supprimer cette cause d'infection par ane manœuvre aussi simple qu’anodine. | Ve

Le cavum est le grand responsable de toutes les infections de l’oreille, c'est donc sur lui que doit se concentrer l'attention de qui veut les éviter. Il faut d’abord éviter tout contact des nourrissons avec les personnes grippées, ou atteintes de rhume. A cet égard ces affections souvent traitées par le mépris chez l'adulte, devraient être redoutées pour le nour+ risson à l’égal de n'importe quelle affection contagieuse. Si dans la pratique, pareil isolement n’est pas toujours possible, au moins doit-on s’il y a voisinage dangereux, pratiquer des instillations prophylactiques d’argyrol ou de collargol.

Si ces précautions n'ont pas été prises où n’ont pas suffit, dès qu'il y a encombrement ou jetage nasal, la première indication est d’évacuer le plus souvent possible le contenu nasal. Il n’est pas possible de moucher le nourrisson, mais il y a deux procédés pour arriver à libérer le nez des sécrétions qui l’encombrent; soit aspirer les mucosités par le moyen que nous avons-indiqué tout à lPheure, ou bien provoquer l’éternuement; le nettoyage du vestibule nasal avec un petit {tampon de coton imbibé d'huile goménolée, suffit souvent à le provoquer, il en est de même de la pulvérisation à l'entrée de la narine d’un peu de mélange au quart, en poudre fine d'acide borique et de lactose. L’éternuement agit d’ailleurs beaucoup plus efficacement que Paspiration. C'est après l'évacuation du contenu des fosses nasales qu’une instillation d’argyrol et de collargol au centième peut agir réellement sur la muqueuse. (C’est spécialement au moment des tétées que doit être faite cette désinfection, puisque c’est le moment où se réalise le plus facilement la pénétration des fiquides dans la trompe, il semble tout indiqué d’en diminuer les chances ou au moins d’en atténuer les conséquences. Est-ce à dire que cette désinfection doive être faite avant chaque tétée ? Nous croyons excellent de le faire dans les périodes d'infection nasale avec jetage considérable. L'enfant n’a rien à y perdre; il respire plus facilement, donc tète mieux. Les liquides ne doivent naturellement pas être toxiques, ni irritants ; les solutions de collargol à la teneur de un pour cent ou deux pour

cent, nous semblent parfaitement réaliser ces conditions, et peuvent être employées trois ou quatre fois par jour sans le moindre inconvénient. Il est d’ailleurs à conseiller d’alterner l’usage des solutions de colloïdes d’argent avec celui d'huile eucalyptolée, soménolée ou résorcinée au centième, qui sont aussi très bien tolérées et compensent l'action un pen desséchante sur les muqueuses des solutions argentiques. Chez le nourrisson, le menthal doit être proscrit comme dangereux, parce que susceptible de causer des spasmes de la glotte.

Le reproche que l’on a fait à ces solutions huileuses, de diminuer l’appétit de l'enfant et de Île faire vomir, ne nous semble pas fondé, si comme on doit le faire, on n'utilise que deux ou trois gouttes dans chaque narine. (Ce traitement peut être continué pendant une dizaine ou une quinzaine de jours sans aucun inconvénient, si les solutions ne sont pas {rop concentrées, donc peu irritantes. Pour l'usage répété plusieurs fois par Jour, un pour cent est un maximum, et nous trouvons que les solutions au vingtième et au cinquantième, que les solutions glycérinées et surtout le protargol que recommandent certains auteurs, sont un peu trop irritantes pour que leur usage puisse être répété et surtout prolongé.

Quelles que soient les solutions employées, les instillations doivent être faites dans la position couchée, la tête bien rejetée en arrière, de façon à ce qu'elles ne descendent pas immédiatement Île long du voile dans le pharynx buccal, elles peuvent

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ainsi arciver au contact des orifices tubaires et agir sur le cavum. Dans les infections nasales sévères. il est même à recommander de faire chaque jour sous le contrôle du spéculum, le nettoyage au portecoton manié avec üne extrême délicatesse, en utilisant au besoin les solutions adrenalinées faibles, pour permettre aux solutions modificatrices d’entrer en contact avec la muqueuse, et non pas de ruisseler sur le muco-pus qui les tapisse. CrHaATIN reconimande pour la désinfection nasale, l’utilisation des collyres à l’argyrol qui agissent par l'intermédiaire. des voies lacrymales. Cette méthode semble être excellente dans les cas d'infections conjonctivales concommittantes, mais semble devoir être réservée à cette indication précise. D'ailleurs ne localiset-elle pas un peu trop l’action de la solution à Îla zone du cornet inférieur, tout en laissant indemne de tout contact la partie haute des fosses nasales et du cavum. Le tout n’est pas d’agir sur l’orifice des trompes, mais sur toute l’étendue de la muqueuse susceptible d'y déverser du muco-pus.

À ces précautions, il faut joindre celle, recommandée par les pédiatres (Hutinel, Lesage, Marfan). Le nourrisson malade ne doit pas être laissé inerte dans son berceau, sansqu’ilsoitjamaischangé de position. Quand les circonstances le permettent, il faut le prendre dans les bras le plus souvent possible ; on ne peut trouver que des avantages à cette pratique : éviter la stagnation continuelle de muco-püs dans le bas fond du cavum où s’abouchent les pavillons tubaires n’est pas le moindre. Un autre s’y

ajoute : nous avons en étudiant la pathogénie de. l’infection de l'oreille, linfluence que nous attribuons à toutes les modifications de pression dans le cavum. Il suffit de constater comme nous l’avons fait, le bombement de là portion supérieure du tympan sous l'influence du cri, et la rapidité de passage, d’une solution colorée sous son Hilete au travers d’une perforation pour préjuger de son influence néfaste au cours des infections naso-pharyngiennes. Dans ces conditions, porter l'enfant un instant, suffit souvent pour le calmer et lui éviter ces cris incessants qui refoulent dans la trompe ce qui était à son entrée. Autant cette conduite est peu à recommander chez l'enfant en bonne santé, autant elle nous semble à adopter dans des circonstances pouvant faire craindre l’otite. S'il est presque impossible de le faire dans les crèches à cause du nombre des petits malades, du moins est-il possible de les faire toujours téter dans la position presque verticale, pendant la tétée les mouvements d'ouverture et de-fermeture de la trompe sous linfluence de la contraction des peristaphylins aideront à l’aération normale de la caisse si lortffice tubaire est libre, tandis qu’autrement ils contribueraient à leur pénétration par le muco-pus. Le ‘nourrisson qui boit couché, un biberon que l’on a tant bien que mal calé pour.que la tétine reste dans sa bouche, boit souvent gloutonnement (CS ’étrangle », se met à tousser, quelquefois régurgite ou vomit : autant de causes d’exagération de la pression dans lecavum et de pénétration dans le cavum du lait, excellent milieu

de culture. C’est pour cette raison aussi que Îles “nourrissons qui vomissent fréquemment, doivent être couchés sur le côté dans l'intervalle des tétées. Nous voyons dans Îles fréquents changements de position de l’enfant, un autre avantage. Nous avons constaté que la position couchée longtemps prolongée, produisait au niveau de la muqueuse des cornets, une modification un peu particulière. Impossible à constater sur le vivant, par suite des difficultés d'examen. nous l’avons presque constamment rencontrée au cours de certaines autopsies où nous avons pratiqué l'ouverture du caxwm en l’absorbant par létage antérieur et movsen de la base du crâne. Elle consiste dans-un état œdémateux, molasse de ce déclive de la muqueuse réalisant des manières de queues de cornets pâles, qui ne doivent pas uniquement représenter une modification cadavérique et doivent chez le vivant contribuer pour une certaine part à l'encombrement du cavum. | Enfin, les végétations adénoïdes étant l’une des

causes prédisposant le plus à l’otite, il est nécessaire de les dépister. Nous ne croyons pas inutile d'indiquer ici comment doit être fait l'examen du nez au moins chez le tout jeune enfant, les dimensions minimes de l’espace compris entre le voile et la paroi postérieure du pharynx ne permettent pas de pratiquer le toucher avec l'index. Nous avouons n'avoir pu tirer grands renseignements du toucher avec le petit doigt ; quand: il est possible, c’est la face unguéale de la phalangette qui arrive à se trouveren contact avec les points dont le toucher cherche

à connaître l’état, elle y est bloquée sans avoir la liberté de mouvement de latéralité qui seules peuvent confirmer une sensation de relief.

Ce n’est donc pas le toucher d’ailleurs traumatisant à cet âge, auquel on doit avoir recours, c’est à la rhinoscopie antérieure, celle-ci sera faite non pas avec un spéculum nasi dont les petits orifices narinaires ne permettent pas l’entrée, mais avec un spéculum d'oreille de diamètre assez petit pour voir pénétrer sans excorier la muqueuse. En s’aidant d’un netloyage des mucosités et au besoin d’un très léger attonchement à la solution d’adrénaline, on peut en général arriver avecun très bon éclairage à constater la présence de végétations. Si celles-ci sont sujettes à des poussées d'infection fréquentes, il ne faut pas craindre d’en débarrasser lPenfant, quel que soit son âge, ceci naturellement en dehors des poussées d'infection aiguës,

La notion qui doit guider les indications opératoires est, plus que le volume considérable, la facilité avec laquelle elles s’infectent. Les résultats à attendre de l’ablation sont souvent plus notables avec de petites végétations Insoupçonnées infectantes qu'avec les végétations volumineuses, évidentes uniquement « obstruantes »

Les résultats qui ont ét6 publiés récemment au sujet du traitement des végétations adénoïdes par les rayons ullra-violets, sont extrêmement intéressants. Sicelte méthode ne peut être employée pour les végétations volumineuses où elle est insuffisante, elle n’en reste pas moins intéressante dans les cas

de petites végétations péritubaires difficilement accessibles, ou dans ceux où le moment de l’intervention est sans cesse différé à la suite de poussées inflammatoires répétées.

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