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Du plaisir discret
Qu'amour promet , Cet éclat semble l'aurore.
Va , crois-nous , Cesse d'être craintive.
Attendre ua époux !
Qu'autant bous en arrive.
BI.'SOIT , frappant en dehors.
Ma nièce , puis-je entrer ?
ETJPHÉMIE.
Oui , mon oncle.
BENOIT, aux demoiselles.
Mesdemoiselles, ne vous de'ranj^ez pas. ( A part.) Me voilh dans un bel embarras! La tante qui s'est retire'e dans sa chambre ... le mari qui est retourné boire du punch . . . c'est moi qui reste chargé de la fin de la cérémonie , de ce qu'il y a de plus délicat. . . comment vais-je m^en tirer?... avec ça que ma nièce... C'est une justice à rendre à la manière dont j'ai soigné sou éducîitiou. . . mais je suis sûr qu'elle n^a pas une idée... depuis qu'elle est avec moi, elle n'a pas pu acquérir l'ombre d'une idée. . . EUPHÉMIE , aux demoiselles , dont le groupe s'entr''ouvre et la laisse voir.
Merci, merci, mes bonnes amies. . . j'accepte les vœux que vous faites pour mon bonheur. . . Ah! s'il ne dépendait que de vous . . .
BENOIT
Euphéraie!..
Mon oncle . . .
EUPHEMIE.
BENOIT
J'ai à te parler, mon enfant... Pardon, Mesdemoiselles... vous permettez. . . Viens par ici. . . {U La fait avancer sur le devant de la scène. ) C'est entre nous. . . il ne faut que personne entende.
EUPHÉMIE
Je vous écoule.
BENOIT, à part.
Si je sais le premier mot de ce que je vais lai dire
( Haut. ) Vois - tu , mon enfaut , c'est comme oncle que je vais parler. . . et quand une jeune personne n'a ni père ni mère... un oncle est... comme un père... et un père est... comme une mère... ainsi c'est une exhortation purement maternelle que je. . . dont je. . . tu conçois.
EUPHÉMIE
Non.
BENOIT
Tu ne conçois pas? , . . {A part.) O ma sœur ! ma sœur ! c'est bien inde'Iicat de votre part. . . Peut-on laisser le soin que je remplis à un oncle... et surtout à un homme? {Haut.) Ma bonne Euplièmie , tu sens bien qu'à-pre'seut que te voilà nne dame, ton mari... car enfin il est ton mari, c'est clair.
EUPHÉMIE
Hélas î
BENOIT
Il ne faot pas soupirer pour ça . . . Je ne veux pas te faire de morale. . . c'est seulement pour te. . . Tiens, pour te rappeler ce que M. le maire. . . {A pari.) Oui, m'y voilà... un biais.. . ( Haut.) Tu sais bien ce qu'il t"a lu ce matin, M. le maire, sur l'obéissance d'une femme., , parce que la femme. . . doit. . .
Obéir à mon mari... non, mon oncle, mon parti est pris. . . je ne lui céderai en rien.
BENOIT
Hein. . . plaît-il?
EUPHÉMIE
Oui, mon oncle, je veux faire l'épreuve de sa soumission.
BENOIT
Par exemple! . . . qui est-ce qui t'excite donc contre lui? ( // aperçoit Poulot , qui a enlr' ouvert la porte du boudoir pour écouter. ) Mais que vois-je? Je vous ai vu, M. Poulot. . . sortez. . . je vous ai vu. . . ( Allant le chercher, et l'amenant sur V avant-scène.) Qu'est-ce que vous faites donc là, M. Poulot? pourquoi n'étes-vous pas couché?
POULOT
Papa , c'est que . . . c'est que . . .
BENOIT
C'est que quoi?...
POl'LOT, vivement.
C'est mon cousin qui in"a dérangé, en me donnant \\r\e commission.
BENOIT , s'emporlanU
Là . . . encore un désordre dont il est cause! . . . Mais ce militaire là est donc un démon : il fait danser ma sœur , au point de lui brouiller sa coiffure, et de lui faire descendre son tour de cheveux en guise de mentonnière... il empêche mon fils de se coucher.. . il révolutionne h plein verre de punchtouteslesjeunes têtes du pays... jusqu'à sa femmequ'il n , je ne sais comment, rendue rehelie au pouvoir marital , chose dont il n'y avait pas d'excmpîe dans tonte la ville de Caudcbec. . . Non. . . ce ne serait pas pire, quand j'aurais choisi pour neveu un régiment de dragons tout entier. . . ( Transition hnisque,^ Et pourtant, ma nièce , votis n'en devez, pas moins avoir pour lui, ce soir, la déférence, la docilité. . . la . . . ( Tirant l'oreille à Poitlot , qui est descendu à droite, et qui écoule.) Veux-tu bien t'en aller, petit drôle... ( /i part.) Ma foi , je m'en vais aussi... qu'ils s'arrangent entr'eux. . . j'ai fait ce que j'ai pu . . . il n'y a pas de ma faute. . . Voilà une noce qui aura bien mal tourné. (Haut.) Mesdemoiselles. . .
( Reprise de la seconde moitié' du Chœur, pendant lequel Benoît embrasse Euphc'mic. )