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art le Juge
de l'aprèsmaison du nple qu'un uit de l'éta- \ Ja maison ne lunette I. Rovers, M. Bourke, xlonie, l'acsi Île parti
vit alors se dirigeait re hostile.
ir Semple
demanda qu'une vingtaine d'hommes allassent avec lui vers ces cavaliers pour leur demander quel était leur but. La troupe entra dans l'établissement un peu au-dessous “du fort. (1)
“ Lorsqu'ils virent que le gouverneur Semple approchait d'eux, ils calopèrent immédiatement de son côté et l'entourèrent ainsi que ses gens : puis ils firent avancer un des leurs pour parler au gouverneur, Ce fut un nommé Boucher, fils d'un cantinier de Montréal, qui fut choisi comme parlementaire.
“ Lorsqu'il fut arrivé près du gouverneur, il lui demanda d'un ton insolent ce qu'il voulait,
lui et ses gens. Le wouverneur lui demanda à son tour ce qu'il voulait, lui et son parti. Nous voulons notre fort, répondit Boucher ; pourquoi l'avez vous détruit, S .....
. coquin que vous êtes ? Le gouverneur saisit alors la bride du cheval de Boucher en lui disant : “ Misé-
pa
rable, est-ce ainsi que vous me parlez ? Aussitôt
que ces paroles eurent été prononcées, Boucher
sauta à bas de son cheval et tout de suite un
des cavaliers tira un coup de fusil et tua
M. Nolt, commis au service de la Compagnie
de la baie d'Hudson qui avait accompagné le
(1) C'est-à-dire environ un mille plus bas que la grande station du Pacifique à Winnipeg.
“ œouverneur. Boucher courut alors vers les “ siens et aussitôt, du même endroit, il fut tiré ‘un second coup de fusil qui blessa le gouver- “neur Semple. En recevant sa blessure le
“ gouverneur cria à ses gens : /azles ce que vous
“ pourrez pour vous sauver ; mais les personnes “ qui l'accompagnaient au lieu de chercher leur ‘“ propre sûreté se pressérent autour du gouver- “neur pour savoir quel mal il avait reçu, et, “tandis qu'ils étaient ainsi rassemblés en un “ petit corps au centre, le parti de cavaliers “qui avaient formé un cercle autour d'eux “ firent sur eux une décharge générale, qui en “tua sur le champ la plus grande partie. Les “ personnes qui restèrent debout ôtèrent leurs “ chapeaux et demandèrent quartier, mais ce “fut en vain; les cavaliers coururent à eux ‘au galop et les tuèrent presque tous avec * des casse-têtes où à coup de fusils. Le dépo- ‘ sant (Heden) se sauva au milieu de la confu- “ sion jusqu'au bord de la rivière qu'il traversa “ dans un canot, avec un nommé Daniel McKay, “et tous deux purent se rendre au fort à l'en- ‘ trée de la nuit.”
M. Pitchard, dans son rapport dit :
“ En peu de minutes, tout notre monde fut “ tué ou blessé. Le capitaine Rogers qui était “ tombé, se releva er vint à moi; voyant tout
vers les il fut tiré e gouverlessure le # que VOUS personnes rcher leur lu gouvert reçu, et, és en un : cavaliers our d'eux ale, qui en utie. Les rent leurs r, mais ce nt à eux tous avec Le dépoe la confulil traversa iel McKay, ort à l'en-
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Joyant tout
LA COMPAGNIE DU NORD-OUEST 343 "notre monde ainsi tué ou blessé, je lui criai : * Pour l'amour de Dieu, rendez-vous. Il courut ‘vers l'ennemi dans cette intention et Jele suivis. I éleva les mains et demanda grâce. Alors un métis, fils du colonel William McKay, lui “ perça la tête d'un coup de fusil: un autre lui “ouvrit le ventre avec son couteau en pronon- “ çant d'horribles imprécations. Par bonheur ” pour moi, un nommé Lavigne joignit ses efforts “aux miens ét parvint quoique difficilement à me sauver du sort de mon ami.
* Les blessés furent achevés à coup de fusil, de couteau ou de casse-tête et les barbares exercèérent sur leurs corps les cruautés les “ plus horribles.
CS
Le
CN
M. Semple, cet homme si ‘aimable et si doux, couché sur le côté (il avait la cuisse cassée) et la tête appuyée sur “une de ses mains, s'adressa au commandant en chef des ennemis, et lui demanda s'il n'était “pas M. Grant. Celui-ci ayant répondu : oui, ‘le gouverneur ajouta: Je ne suis pas blessé “ mortellement; si vous pouvez me faire trans- “ porter au fort, je crois que j'en réchapperais. Grant promit de le faire et le confia immédiatement aux soins d'un canadien qui “rapporta ensuite qu'un sauvage de leur parti “Jui avait tiré un coup de fusil en pleine poi- “trine. Je suppliai Grant de me procurer la
Ca
montre du gouverneur, ou du moins ses
Le
cachets, pour les faire parvenir à ses amis, mais inutilement.
“ Nous étions vingt-huit, et sur ce nombre vingt-un furent tués et un blessé.”
“ Les chefs du parti ennemi étaient Grant, Fraser, Ant. Houle et Bourassa (tous métis)” Sur les soixante-dix cavaliers il n’y avait que six sauvages. Voici leurs noms: Kattigons, Shani-
castan,Okematan, Nidisonsojibwan, Pimicantous, Wevgitané. Tous les autres étaient des serviteurs de la Compagnie du Nord-Ouest et des métis anglais et canadiens engagés pour la circonstance.
Pendant que ce massacre avait lieu, il y avait auprès du fort Douslas un camp de sauvages de la tribu des Cris qui ne prit aucune part à cette affaire: au contraire, ils se montrèrent profondément affligés de ce malheur. Ce furent
ces sauvages qui, le lendemain, recueillirent les corps sur la prairie et leur donnèrent la sépulture. Le chef de ce camp se nommait Proouis. (1)
Sur le soir, les prisonniers faits dans la colonie furent conduits au camp de Grant à l'endroit appelé La Grenouillère.
(1) Tous ces corps furent enterrés dans le fond d'une coulée desséchée, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'hôtel-de-viile, à Winnipeg. La personne qui nous a donné ce renseignement assistait, jeune enfant, à l'enterrement de ces corps. C'est là que reposent les restes du gou-
verneur Semple, — Xécit de Reine Lajimonière, témoin oculaire.)
is, mais “ Lorsque je fus arrivé à la Grenouillère, “ continue M. Pritchard dans sa relation, M.
nombre “ Grant me dit que le fort serait attaqué durant “ la nuit et que, si nos gens tiraient un seul coup, - Grant, ‘ils seraient tous massacrés. Vous voyez, me métis)” “ dit-il, que nous n'avons pas fait de guartier : t que six “eh bien, maintenant si l'on fait la moindre résiss, Shani- “ tance, on n'épargnera personne, ni homme, ni Re ‘ femme, ni enfant. Fraser ajouta : Xobertson à ere “ dit que nous étions des noirs, il verra que la | pre ‘“ couleur de nos cœurs ne dément pas la couleur ' ste “ de nos corps. Persuadé que la perte de ces
“ malheureux était inévitable, je demandai à “ Grant s’il n'y avait aucun moyen de sauver ces
il y avait ou Pt “ pauvres femmes et enfants ; je le suppliai d'en
sauvages ! és À AS à avoir pitié, au nom de son père qui était leur e par | x :
Be “ compatriote. Il me répondit alors que si nous ontrerent sul ee l A | .
haut voulions lui livrer tous les effets des magasins
ann] “ du fort, il nous laisserait aller en paix et nous
irent les |
nr “ donnerait une escorte pour nous conduire ausépulture. k | :
<. ( ù ‘“ delà des lignes de la Compagnie du Nordis. (1
‘ Ouest, dans le lac Winnipeg, ajoutant que ‘“ cette escorte serait pour nous protéger contre “ deux autres corps de métis que l'on atten- “ dait d'un moment à l’autre et qui étaient com- “ mandés, l'un par M. William Shaw, et l’autre “par M. Simon MecGillivray, fils de l'hono- “rable William MecGillivray. Je voulais porter “ cette proposition à M. Macdonell qui com-
la colonie l'endroit
: coulée dessé- +, à Winnipeg.
t, jeune enfant, restes du gou-
culaire.)
‘“ mandait à la colonie, mais les hommes de Grant ne voulaient pas me laisser partir. Je leur parlai quelque temps et m'adressant enfin à Grant je lui dis : M. Grant, vous me connaissez et je suis certain que vous répondrez de mon retour corps pour corps. Il consentit à me laisser partir.
“ Arrivé au fort, j'y fus témoin d’une scène de désolation impossible à décrire. Les femmes, les enfants et tous les parents de ceux qui avaient été tués, plongés dans le désespoir le plus profond, pleuraient ceux qui étaient morts, tandis que le sort des survivants les remplissait d'épouvante.
“ Je dois dire que lorsque je laissai La Grenouillère, la nuit était déjà avancée et que M. Grant m'accompagna jusqu'au lieu où j'avais vu tomber mes meilleurs amis sous les coups
‘ de ces barbares. Le lendemain, le jour ne me découvrit que trop ce que m'avaient caché les ombres de la nuit : je veux dire le spectacle de ces cadavres défigurés et morcelés. D'après
‘ce que je vis, je crois qu'il n’y eut guère plus du quart de nos gens qui furent blessés à mort et que les autres furent inhumainement mas-
sacrés.
‘“ Après trois allées et venues du camp des métis au fort, nous en vinmes à une convention. Tous les effets furent inventoriés et livrés à la
le Grant Je leur enfin à nnaissez de mon it à me