‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 104 sur 121 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

SOMMAIRE

Les colons rappelés sur leurs fermes.—-Lord Selkirk passe l'été au Fort Douglas.—Distribution gratuite de terres. —kRequête for. mulée, au nom des catholiques, par Lord Selkirk pour demander des missionnaires.—Lettre de Lord Selkirk à l’'évêquede Québec.— Intrigues de la Compagnie du Nord-Ouest pour empêcher les missionnaires d'aller à la Rivière Rouge.--Dons généreux de Lord Selkirk à la mission catholique.— [Instructions données par l’évêque de Québec à ses missionnaires sur la conduite qu’ils doivent tenir dans les missions.

Les colons chassés vers la baie d'Hudson s'étaient arrêtés, comme la première fois, à l'extrémité nord du lac Winnipeg, conservant toujours l'espoir de revenir sur leurs fermes, d’où ils ne

s'étaient éloignés qu'à regret.

Après la reprise du fort Douglas, un courrier leur avait été envoyé pour les avertir de revenir dans la colonie, où Lord Selkirk les dédommagerait en partie de leurs pertes : ils reprirent donc tous la route de la Rivière Rouge et, dans le cours du mois de juin 1817, la colonie renaissait de ses cendres et reprenait un air de vie.

Lord Selkirk établit son camp auprès du fort

«se l'été au equête forrx demander e Québec.— her les misux de Lord par l’évêque

loivent tenir

Hudson à l'extrétoujours où ils ne

\ courrier

Le revenir édommarent donc s le cours

sait de ses

ss du fort

et commença une enquête sur les malheureux événements de l'année précédente,

Les métis, soustraits désormais à la malione influence des Bourgeois du Nord-Ouest, devinrent

les meilleurs amis des colons et l'entente la plus

cordiale continua toujours, dans la suite, à révner entre eux. Lord Selkirk concéda à ses colons, des terres libres de toute redevance, Aux soldats qu'il avait amenés avec lui, il distribua des fermes sur les bords d'une rivière qu'il nomma 7zvière des /1Ulemands (1) parce que la plus grande partie de ces soldats étaient allemands.

Dans les rapports qu'il eut avec les gens du pays, canadiens, métis et sauvages réunis autour du fort Douglas, Lord Selkirk comprit que, pour assurer l'avenir de sa colonie, il fallait le souffle vivifiant de la religion et que la prudence humaine seule ne suffisait pas pour affermir une telle œuvre. D'ailleurs un grand nombre de voyageurs canadiens, sortis du service de la Compagnie, désiraient avoir des prêtres à la Rivière Rou et n'attendaient que le moment de leur arr pour se fixer définitivement dans ce pays.

Lord Selkirk profita des bonnes disposit ons de tous ces gens pour leur faire adresser à l'évêque de Québec une requête en due ne, exprimant l'ardent désir de tous les catholiques

Cette rivière maintenant le nom de r/rière la Seine

de la Rivière Rouge d'avoir des prêtres résidents parmi eux. De son côté, Lord Selkirk leur promit d'user de toute son influence pour faire agréer leur demande,

Voici cette requête avec les noms des

sionataires :

A SA GRANDEUR, MGR PLESSIs,

Evêque de Québec.

“ Les soussignés, habitants dela Rivière Rouve, exposent très humblement qu'il y a une population, chrétienne établie dans ce pays et qui, se propose d'y faire leur demeure ; que cette population, composée en partie de canadiens qui, ayant été autrefois engagés au service des traiteurs et ayant ac'isvé le terme de leur enga-

wement, sont connus sous le nom de canadiens

libres et en partie de nouveaux colons qui sont natifs des différents pays d'Europe.

: Que les canadiens, depuis leur résidence ici, ont toujours été sans aucune instruction religieuse, sans aucun pasteur pour les diriger vers le bien par ses conseils ou leur administrer les secours salutaires de l'Eglise.

“# Que les enfants des chrétiens qui sont natifs de ce pays et qui sont vulogairement connus sous le nom de efis où PDois-Brilé, ne montent qu'à trois ou quatre cents hommes, dans une étendue de plusieurs cents lieues.

sidents irk leur ur faire

ns des

: Rouve, populaet qui,

de cette

iens qui, ice des ur eng'anadiens qui sont

ence ICI, ivieuse, s Je bien

SECOAFS

nt natifs nus sous montent lans une

“ Que ces métis sont presque tous bien disposés et d'un caractère doux et paisible, et n'auraient pas eu part dans les malheureux événements qui ont eu lieu, s'ils n'y avaient été poussés par leurs supérieurs, mais qu'ayant été informés, par des personnes mal disposées, qu'ils étaient les maîtres du sol, que c'était leur devoir de chasser les gens qu'on nomme ordinairement les azglars, et ayant reçu des promesses d’être soutenus et récompensés, ils ont cru qu'en les chassant du pays, ils feraient un acte elorieux et méritoire.

* Que pour prouver qu'il n'existe parmiles Métis aucune inimitié contre les blancs, il suffirait de considérer qu'ils ont été presque tous engagés au service des blancs et que ceux qui s if ordinairement désignés sous le nom d'azglais, sont les seuls qui ont essuyé des mauvais traitements de leurs mains.

“ Que presque toute la population chrétienne, tant canadiens libres que nouveaux colons, sont de là religion catholique romaine.

Que tout est à présent tranquille ici et que les soussionés croient fermement qu'avec le ministère d'un prêtre catholique, rien ne leur manquerait pour rendre cette tranquillité durable et conserver à l'avenir le bonheur du pays.

“ À ces causes, les soussionés vous supplient, au nom de leurs espérances d'une vie à venir, de

vouloir leur accorder le secours d'un prêtre de

leur sainte religion, secours que leur conduite aura mérité, si elle est irréprochable, et qui ne leur sera que plus nécessaire, si elle est regardée

comme fautive.”

(Signé) :

J-BTrE MaRsOLAIS.

LOUIS NOLIN.

AUGUSTIN CADOTTE.

FRaNÇois ENoO dit DELORME.

JAcQUuES HAMELIN.

Page 1