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CHAPITRE XVIT

SOMMAIRE

Procès intenté à la Compagnie du Nord-Ouest par Lord Selkirk.— Arrivée des missionnaires, —Fléau des sauterelles à la Rivière Kouge, — Mission de lembina.—Intérét porté aux missionnaires par Lord et Lady Selkirk.— Union des deux compagnies, — Travaux des missionnaires loués par Sir George Simpson.— Paix

définitive établie dans tout le Nord-Cuest

Après le départ des missionnaires, Lord Selkirk, rassuré sur le sort de sa colonie, s'occupa tout particulièrement de la Compagniedu Nord Ouest pour lui demander compte des dommages qu'elle lui avait causés. Il intenta à celle-ci un procès qui fit retentir les tribunaux du Haut et du Bas- Canada et qui entraîna d'énormes dépenses.

Une Compagnie puissante, comme l'était celle du Nord-Ouest, n'est jamais à bout de moyens pour se défendre. La cause fut portée en Angleterre où elle fit beaucoup de bruit jusqu’à la mort de Lord Selkirk qui arriva au mois d'avril 1820. Mais la Compagnie du Nord-Ouest eut beau se débattre, l'établissement des missions lui avait donné un coup mortel.

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LA COMPAGNIE

DU NORD-OUEST avaient été restitués à leurs proprictaires dès le printemps de 1818.

Partout à la Rivière Rouge et dans le district d'Assiniboia, la paix fut définitivement rétablie.

En 1810, il y eut bien, dans les forts de l'extrême nord, quelques escarmouches entre Îles serviteurs des deux Compagnies, mais, en 1821, lassées de ces vuerres fratricides qui causaient leur ruine, elles se réunirent en une seule société, désignée sous le nom de Compagnie de la baie d'Hudson,

À partir de ce moment, il ne fut plus question de la Compagnie du Nord-Ouest ; son nom disparut ; la gloire des Seigneurs du nord était passée ; et un autre rèvne, celui de la civilisation, commençait.

Cependant les colons eurent encore à lutter contre une foule d'épreuves d'un autre genre.

“ Quand nous arrivâmes à la Rivière Rouge, dit Mer Provencher, cette colonie, dévastée pendant les troubles des années précédentes, était l'emblème de la pauvreté, et en réalité elle réunissait toutes les privations de la vie.

“ Traités avec beaucoup d'évards et de politesse, mangeant à la table du gouverneur de la colonie, les missionnaires ne furent pas exempts de prendre part aux privations du pays.

“On ne voyait sur cette table ni pain, ni légumes, mais uniquement de la viande de bison

séchée au soleil où au feu et un peu de poisson ; il n'y avait point de lait, point de beurre, souvent même ni thé, ni sucre.”

En ce temps-là, la plupart des fermiers ne cultivaient encore qu'à la pioche et semaient plutôt pour avoir de la semence, l'année suivante, que dans l'espoir de manger les produits de leur travail.

Le peu de grain que les colons semèrent, en 1818, avait une très belle apparence et promettait une abondante récolte, quand, le 3 du mois d'août, il tomba, dans toute la colonie, une nuée de sauterelles quidévorèrent tousles vrains et détruisirent, en quelques semaines, tout ce qui pouvait servir à la nourriture.

Au bout de quelques semaines, ces insectes s'envolèrent pour aller mourir ailleurs, mais, avant leur départ, elles déposèrent leurs œufs dans la terre et, l'année suivante, ces œufs produisirent des myriades de sauterelles qui rongèrent la vévétation jusqu'à la fin de juillet. Quand elles furent munies de leurs ailes, elles prirent leur vol

dans les airs en telle quantité que les rayons du

soleil le plus ardent en étaient obscurcis et ne faisaient pas cligner l'œil de celui qui regardait le départ de ces hôtes malfaisants. (Woées de Mor Provencher.)

[1 n'y eut aucune espèce de récolte cette année là. Au printemps de 1820, chacun s'empressa de

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LA COMPAGNIE

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semer une partie du grain qu'il avait en réserve, car on avait toujours soin d'en mettre un peu de côté. La saison fut favorable, tout poussait à merveille, l'espérance dans l'avenir faisait oublier les malheurs passés, lorsque le 26 juillet, il tomba de nouveau une pluie de sauterelles.

Cette fois le découragement s'empara des pauvres colons ; tout fut détruit aussi complètement que si le feu eut ravagé les campagnes, Mais ce qui contribua encore à les décourager davantage, ce furent les œufs de ces insectes déposés en terre en quantité prodigieuse. En 121, toute la verdure fut rongée et la terre dans les champs ec les prairies resta noire comme la poussière des chemins

Les sauterelles s'introduisaient partout et manveaient tout, linge, cuir, etc., etc. il ne fallait rien laisser à leur portée. (Votes de Mor Provencher).

Elles ne quittèrent L. colonie qu'au mois d'août, quand leurs ailes leur permirent de s'élever dans les airs. Cette fois, il ne restait plus de semence dans le pays.

Le Gouverneur de la colonie fut oblivé d'envoyer chercher des grains de semence à la Prairie du Chien sur le Mississipi, à trois cents lieues de la Rivière Rouge. Ces grains furent apportés trop tard au printemps pour être semés, en sorte qu'il n'y eut aucune récolte en 1821.

En 1822, les champs furent ensemencés de

bonne heure au printemps. La saison fut très favorable à la végétation et les grains poussèrent avec une vigueur extraordinaire, Cette fois, les sauterelles ne parurent pas, mais comme s'il eut ,qu'un fléau tomberait, chaque année,

LA ’ LA Là été révlé

sur la colonie, il arriva tout à coup une multitude

de souris que commirent de grands dégâts dans

les champs : elles coupaient la tige du grain par le pied et hachaient la paille par petits bouts. Néanmoins les colons purent recueillir assez de blé pour ne pas être obligés d'en aller chercher

hors du pays.

Depuis 1817 jusqu'à 1821 les colons écossais allèrent chaque année passer l'hiver à Pembina avec les métis et les voyageurs canadiens, [ls se firent chasseurs comme eux et devinrent bientôt habiles à poursuivre le 4uffalo dans les prairies.

Au printemps, pendant que les fermiers allaient ensemencer leurs champs, les familles, pour éviter les fatigues d'un voyage de soixante-dix milles, restaient campées à Pembina. La meilleure entente régnait entre métis et écossais ; vivant dans le même camp, se rendant de mutuels services, preuve très évidente que les querelles du passé étaient l'œuvre de la Compagnie du Nord-Ouest.

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En 1818, au mois de septembre, M. Sévère Dumoulin, missionnaire, compagnon de Mer Provencher, alla demeurer à Pembina pour donner les secours religieux aux catholiques qui demeuraient en cet endroit. La population de ce Camp s'élevait à trois cents âmes environ. Dès la même année l'on y bâtit une chapelle et une école, ainsi qu'une résidence pour le missionnaire, Fous ces pauvres chasseurs abandonnés à eux-mêmes, depuis longtemps, étaient si heureux de voir un prêtre résidant parmi eux qu'ils étaient prêts à faire tous les sacrifices pour le varder.

À la Rivière Rouge la mission prit le nom de: St-Boniface. Jusqu'à l'arrivée de Mer Provencher les gens du pays désignaient cet endroit sous le nom de: la Fourche, à cause du confluent de l'Assiniboine et de la Rivière Rouge,

La mission de St-Boniface était loin de posséder les ressources de Pembina pour les besoins dela vie. Néanmoins, trois mois après son arrivée, le missionnaire aidé de quelques colons canadiens avait déjà construit une chapelle en bois, dans laquelle il se ménagea un logement pour luimême.

Pour presser les travaux de sa maison et la rendre logeable pour l'hiver, le missionnaire se fit bucheron, charpentier et maçon.

La charpente de cette maison fut dressée au commencement de septembre. Pour la couvrir,

il alla couper des jones et du foin plat dans un marais voisin et sen servit en guise de bardeau. Sur de mauvaises planches de tremble qu'il employa comme première couverture, il étendit une couche.de plaise sur laquelle il fxa le mieux qu'il put les roseaux qu'il avait coupés. On comprend qu'une telle construction ne payait pas de mine pour la résidence d'un prêtre.

L'historien Ross, parlant de l'arrivée des missionnaires catholiques à la Rivière Rouge, dit que cette arrivée fit doublement sentir aux pauvres écossais l'abandon dans lequel ils étaient sous le rapport spirituel.

* Pendant, dit-il, que les colonistes portaient le lourd fardeau des épreuves sans aucune consolation, quelques familles canadiennes françaises, à la tête desquelles étaient der x prêtres arrivèrent du Canada et se fixèrent dans la colonie. La vue de ces prêtres apportant les joies de la religion aux catholiques pendant que les écossais étaient privés de tous secours spirituels, leur fut très sensible.”

Mais ce qui dit er: plus sensible pour eux, ce fut le fait de voir !..,: 1 Selkirk, un de leurs co-religionnaires, se montrer si empressé et déployer tant de zèle pour l'établissement d'une mission catholique à St-Boniface, dans le voisinage immédiat de la colonie écossaise. Ils n'ignoraient pas les dons généreux que venait de faire à la mis-

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sion catholique Lord Selkirk, et ses démarches auprès de l'évêque de Québec pour assurer l'avenir de cette mission. Tout cela était certainement de nature à froisser le sentiment religieux des colons écossais. Cependant ils ne Murmurèrent pas hautement.

Lorsque Lord Seikirk apprit en Canada le bon accueil qu'on avait fait aux deux missionnaires, il en témoigna sa joie comme l'eut fait le catholique le plus zélé. 1 entrevoyait là, l'assurance d'une paix durable dans ce pays et par conséquent un appui solide pour sa colonie, qui en bénéficierait autant que les catholiques sous ce rapport.

À cette occasion, il écrivit à Mer Plessis, évêque de Québec, la lettre suivante :

de Monseigneur,

* Pendant le voyage que je viens de faire dans le Haut Canada, j'ai eu le plaisir de recevoir de la Rivière Rouge, des nouvelles qui m'ont annoncé l'heureuse arrivée de MM. Provencher et Dumoulin. Ces lettres, ainsi que le rapport verbal que J'ai reçu de M. de Lorimier, en arrivant ici, me marquaient que les habitants, et surtout les canadiens, anciens voyageurs avec leurs familles métisses, avaient témoigné la meilleure disposition à profiter des instructions des missionnaires et que les sauvages aussi leur avaient té MmOoigné

ce respect qui donne lieu de croire qu'ils montreront la même docilité. J'espère que cet heureux présage sera confirmé par le rapport que ces messieurs n'auront pas manqué de faire à Votre Seigneurie,

“En réfléchissant sur les circonstances qui

m'ont été communiquées, il me paraît que si elles étaient connues er Angleterre, on pourrait y obtenir des secours qui donneraient un appui solide à l'établissement de cette mission.

“Il y a parmi les catholiques, des familles

distinguées d'Angleterre (et je ne doute pas qu'on trouverait aussi des protestants) qui se feraient une gloire de contribuer au maintien d'une mission de cette nature, dès qu'ils seraient instruits du bien qui peut en résulter.

“ Si j'étais autorisé de la part de Votre Seigneurie à communiquer cette assurance, j'ai pleine confiance qu’en Angleterre on trouverait le moyen d'en retirer un résultat favorable.

‘“ J'ai ouï dire dernièrement qu'il y a probabilité que le Haut-Canada soit érigé en diocèse séparé : Si ce démembrement a lieu, j'espère que la Rivière Rouge restera dans le diocèse de Québec. J'aurais beaucoup de peine si cet établissement naissant ne restait pas sous la juridiction de Votre Seigneurie, sous laquelle elle à été si heureusement commencée.

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dernier, Votre Seigneurie à suggéré, qu'à la longue, ces pays éloiwnés devraient avoir un établissement indépendant : mais en attendant que la population ait pris cet accroissement qui serait nécessaire pour supporter, sans secours, un établissement séparé, il me paraît que tous ces pays sauvages devraient relever de Québec plutôt que d'aucun autre diocèse ; vu que les catholiques qui y sont répandus, ne parlent que la langue française, et que pour cette raison le Haut-Canada ne pourrait pas former des sujets propres à y remplir le ministère.

J'ai l'honneur d'être, etc., etc.

(Signé) SELKIRK.

Lady Selkirk ne se montra pas moins zélée que son noble époux pour aider la mission catholique. Elle écrit aux missionnaires pour leur dire qu'elle prépare une caisse dans laquelle elle met des linges et des objets pour le culte sacré, et, comme Lord Selkirk, elle se réjouit d'apprendre les bonnes dispositions des gens de la Rivière Rouge envers les prêtres.

Qui ne voit ici aue Lord Selkirk a été l'instrument dont a voulu se servir la divine Providence pour conduire les apôtres de l'évangile au Nord- Ouest.

À l'automne de 1819, Lord Selkirk, fatigué de ses voyages et miné par les ennuis que lui cau-

sautent ses luttes avec la Compagnie du Nord-

Ouest, passa dans le sud de la France avec son épouse dans l'espoir d'y rétablir sa santé. Mais ni le climat plus doux de la France ni les secours de l'art ne purent lui rendre ses forces ; il mourut dans la ville de Pau près des Pyrénées le 8 avril

Sa mort devait amener une organisation nouvelle dans la Compagnie de la baie d'Hudson et donner une autre marche aux affaires du Nord- Ouest. À cette date les deux Compagnies n'étaient pas encore réunies. On parlait seulement d'un traité de paix entre elles. Ce fut un moment d'inquiétude pour la colonie aussi bien que pour la mission qui perdait un puissant protecteur.

Mer Plessis écrivant à Mer Provencher, à ce sujet, lui disait :

* On parle d'un traité de paix entre les deux sociétés d'Hudson et du Nord-Ouest. Je ne sais si la religion y trouvera son compte, ni si la colonie subsistera, supposé que le lot tombe dans le partage du Nord-Ouest. La suite fera voir ce qu'il faut en penser. Si comme je n'en doute pas, Dieu a des desseins de miséricorde sur cette partie du nouveau monde, il trouvera bien moyen d'y soutenir et d'y propager son royaume.”

La Providence, en effet, qui se rit des machinations des hommes pour s'opposer à l'accom-

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plissement de ses plans, fit disparaitre complètement la Compagnie du Nord-Ouest, un an après la mort de Lord Selkirk, quand elle paraissait encore à l'apogée de sa gloire et de sa puissance.

Les catholiques de la Rivière Rouge peuvent regarder Lord Selkirk comme le premier et le plus grand bienfaiteur de cette mission. Il est juste que l'histoire paye un tribut de reconnaissance et rende hommage à la mémoire de cet illustre personnage qui, malgré les calomnies dont l'ont couvert ses ennemis, restera toujours dans les annales de notre pays une belle et grande figure.

Après l'union des deux Compagnies ce fut M. Walkett beau-frère de Lord Selkirk et son exécuteur testamentaire qui fut chargé de veiller aux besoins de la colonie écossaise.

Avant son arrivée, il y avait, au fort Douglas, un gouverneur dont la tâche était fort embarrassante. Malgré la meilleure volonté du monde et l'administration la plus fidèle, il est facile de comprendre qu'il ne pouvait pas faire régner l'abondance dans un pays ruiné par tant de fléaux consécutifs et où les travaux des cultivateurs n'avaient pas encore rapporté de quoi à nourrir un dixième de la population.

Le gouverneur de la colonie, en 1818, à l'arrivée des missionnaires, était M. À. McDonell. L'historien Ross fait de lui un portrait peu flatteur. Il nous le montre comme un fléau aussi dévastateur que celui des sauterelles, et il ajoute que les colons le nommaient le Gouverneur Saulerelle, parce qu'il détruisait au-dedans du fort, autant que les sauterelles détruisaient au dehors. (Pendant, dit:l, que les colons souffraient de toutes sortes de privations, lui, dans son fort, faisait bombance avec ses amis.) Cette accusation nous paraît une exagération qui frise la calomnie.

Quand les missionnaires débarquèrent à la Rivière Rouge ils furent reçus au fort Douglas et y demeurèrent pendant deux mois, mangeant, durant tout ce temps, nous l'avons déjà dit, à la table du gouverneur; ils y furent témoins du

genre de vie qu'on menait dans ce fort; cependant Mer Provencher affirme “qu'à la table du gouverneur il n'y avait que de la viande de buffalo

et qu'il n'y avait ni pain, ni légumes, ni beurre, ni thé, ni sucre.” Si on appelle cela faire bombance, il faut avouer que le menu à la table du gouverneur, n'était pas varié,

Est-ce parce que M. A. McDonnell était un catholique, que l'historien Ross a fait peser sur lui de si graves accusations ? on pourrait le soupçonner, car dans plus d'un endroit de son histoire,

n 1818, à McDonell.

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il laisse percer son fanatisme en jetant à la face des catholiques l'épithète de Papistes. En prenant la défense des Ecossais dans le cours de

cette histoire, nous avons montré plus de géné-

rosité et de justice que M. Ross, qui évite de

prononcer, même une seule fois, le nom de

l'évêque Provencher dans tous le cours de son

ouvrage. Pourtant Mer Provencher est une des

figures les plus marquantes dans l'histoire de la

Rivière Rouge ; il faut fermer les yeux bien

justes pour ne pas l'apercevoir.

Anéantie deux fois par la Compagnie du Nord- Ouest, la colonie de Lord Selkirk était destinée

à disparaître sans l’action vivifante de la religion

apportée par les missionnaires, et si Mor Pro-

vencher ne fut pas le fondateur de cette colonie,

il en fut le restaurateur et un des principaux

soutiens, par la paix, que plus que tout autre, il

contribua à maintenir dans la Rivière Rouge.

Ce fut la présence de l'évêque catholique, qui Ï 1 Î

après chaque nouvelle épreuve, ramena le courage

et la confiance au cœur de la population. Après

le fléau des sauterelles et surtout après le désastre

de l'inondation en 1826, tous les colons voulaient

s'en aller du pays, le regardant comme inhabi-

table.

et plusieurs habitants quittèrent la Rivière Rouge

En réalité il y avait de quoi décourager

pour toujours.

L'évêque catholique, en fondant, au milieu des plus rudes épreuves, des institutions stables à St-Boniface, donnait foi dans l'avenir de ce pays et affermissait ainsi les volontés chancelantes.

Jusqu'à ce jour, les historiens anglais qui ont écrit sur les premiers temps de la colonie de Lord Selkirk n'ont jamais dit un mot de Mer Provencher et ont exalté les efforts des anglais et des écossais pour répandre la civilisation dans le pays. Nous ne voulons pas diminuer le moins du monde le mérite de ceux qui ont contribué en quelque manière au bien du pays et de ses habitants, mais, dans l'histoire, il faut être juste et donner à chacun ce qui lui appartient. Or, varder le silence sur les œuvres d'un homme, comme Mer Provencher, quand on se mêle, d'écrire l'histoire d'un pays qu'il a évangélisé ; c'est manquer de justice etse montrer fanatique. Ce reproche nous pouvons l'adresser sans crainte à MM. Gunn et Ross. les deux historiens de la Rivière Rouge.

Sir George Simpson, gouverneur de la Com-

pagnie de la baie d'Hudson, quoique protestant avait des idées beaucoup plus larges sur le mérite de l'évêque de St-Boniface et il ne crai-

gnait pas de les exprimer. En toutes circons-

tances il faisait les pius grands éloges de Mer

Provencher et il voulut se montrer reconnaissant

milieu des stables à le ce pays elantes, us qui ont colonie de jt de Mer es anglais ation dans r le moins contribué et de ses être juste ient, Or, 1 homme, se mêle, angélisé ; fanatique.

ns crainte ens de la

la Combrotestant ss sur le ne crai- Circonsde Mer nnaissant

pour le bien, même temporel aiquel son action avait contribué dans tout le Nord-Ouest,

Voici l'extrait d'une résolution passée au con-

seil de York Factory à la suggestion de Sir

George Simpson lui-même. Nous la prenons

dans le texte original.

EXTRACT FROM THE MINUTE OF COUNCIL Hela at York factory, 2 Fulr, 1825,

“ Great benefit being experienced from the

benevolent and indefatigable exertion of the

catholic mission at Red River in welfare and moral

religious instruction of its numerous followers ;

and it being observed, with much satisfaction,

that the influence of the mission under the direc-

tion of the Right Reverend Bishop of Juliopolis,

has been informly directed to the best interest of the settlement and of the country at larve, it is Resolved : That, in order to mark our appro-

bation of suchlaudable and disinterested conduct

on the part of said mission, it be recommended

to the Honorable Committee that a sum of 430

per annum be given towards its support &c &c.”

Voilà comment des hommes à larves vues

savaient apprécier le bien opéré par Mer Pro-

vencher dans la colonie de la Rivière Rouge, non

seulement dans l'ordre élevé du salut des âmes,

mais aussi dans l'ordre des choses temporelles,

Le pays qui jusqu'à l'arrivée des missionnaires

n'avait jamais vu que divisions, haines, jalousies et vengeances vit tout à coup régner entre les habitants sans distinction de race, l'union la plus parfaite.

Cette bonne entente, entre les premiers habitants de la Rivière Rouge est un fait qui mérite d'être signalé, quand on sait, qu'en Amérique, presque toutes les colonies, formées du mélange de différentes races, ont commencé par la manifestation du plus déplorable fanatisme ; témoins les premiers établissements dans l’est des Etats- Unis où, pendant longtemps,les catholiques furent persécutés à outrance. À la Rivière Rouge, au contraire, après 1818, Anglais, Ecossais, Irlan dais, Canadiens, Métis, tous vécurent en parfaite harmonie et semblaient heureux de se rendre de mutuels services.

En l’année 1820 M. Provencher qui n'était encore que simple prêtre s'absenta du pays pour descendre à Québec. Mer Plessis avait demandé et obtenu des bulles pour un évêque à la Rivière Rouge et c'était à M. Provencher qu'elles étaient adressées. Son séjour en Canada fut de deux ans. Avant de retourner dans ses missions, il fut sacré à Trois Rivières le 12 mai 1822, avec

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le titre d'évêque de Juliopolis. 11 partit de Mont réal le 19 mai et fut de retour dans son diocèse le 7 août. À partir de ce moment la hiérarchie catholique était établie dans le Nord-Ouest, Après 1822 l'histoire politique et sociale de ce pays marchera de pair avec l'histoire des missions. Ce sera la matière d'un autre volume.

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