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P. ANDERSON, D, A. G

Lorsque le régiment fut finalement licencié en Canada son Excellence sir John Sherbrooke

émana un Ordre de Garnison qui ferait honneur à tout régiment quelconque.

BUREAU pu D. A. G.,

QUÉBEC 26 juillet 1816.

“En se séparant du régiment de Meuron et

de Watteville que Son Excellence a eu l'avan-

tage de commander tous deux dans d'autres par-

ties du monde, Sir John Sherbrooke offre au

heutenant colonel de Meuron et au lieutenant

colonel May, aussi qu'aux officiers et soldats de

ces deux corps, ses félicitations de ce qu'ils ont,

par leur excellente conduite en Canada, soutenu

la réputation que leurs services passés leur avait

si justement acquise.

“ Son Excellence ne saurait hésiter à déclarer

que le service de Sa Majesté a tiré beaucoup

d'avantage pendant la dernière guerre de leur

bravoure et de leur bonne discipline.”

(Signé) J. Harvey, Lieut.-Col.

Dép. Ad). Gén.

“* Comme il n'est pas à supposer qu'un général anglais soit homme à louer des gens qui ne le

méritent pas, peut-on croire que ceux quon

ugeait dignes d'un tel éloge, se seraient souillés

e seraient devenus des brigands en accompa-

venant le noble seigneur écossais Lord Selkirk et

en désirant s'établir sous la protection d'un gouvernement qu'ils avaient appris à apprécier durant le temps qu'ils l'avaient servi.

Ilet 1816.

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LA COMPAGNIE

DU NORD-OUEST 510 “ La Compagnie du Nord-Ouest avance qu'ils étaient ivres le jour qu'ils entrèrent dans le fort William.” Je déclare que cet avancé est absolument faux; pas un des hommes n'ayant été le

moins du monde ivre, et n'ayant pas eu le moyen de l'être."

(Signé) G. A. FAUCHE,

Lieutenant au régiment de Meuron.

gime NOTE,

La Compagnie du Nord-Ouest à cherché, dans ce qu’elle à écrit pour sa défense, à salir la réputation de tous ceux qui ont embrassé la cause de Lord Selkirk et de ses colons. Il n'y a pas de mensonge qu'elle n'ait inventé pour la noircir. D'après elle, Lord Selkirk, Miles Macdonell les officiers et les soldats du régiment de Meuron n'étaient tous que des voleurs et des bandits, indignes de paraître dans une société civilisée, Vingt fois, la même accusation est répétée dans la brochure publiée par la Compagnie. Mais quand il s'agit de leurs associés, oh! alors ce sont tous des gentilshommes pleins de douceu: et n'usant de la force que pour repousser les agressions dun ennemi acharné, La brochure de la Compagnie, en parlant de M. Alexandre McDonell qui avait réuni les métis au fort Qu'Appelle durant l'hiver de 1815 à 1816 et préparé l'attaque contre la colonie, le montre comme un homme plein d'humanité et d'égards pour les colons. La brochure le peint. recommandant à Grant, au moment de quitter le Portage de la Prairie pour aller tomber sur l'établissement ; de passer loin du fort Douglas, et de ne molester personne.

“ Cependant le même McDonell en apprenant le massacre de la Grenouillère s'écrie dans un moment de philantropie. ‘“S'... #0om de Dieu ! Bonnes nouvelles ! Vingt-deux anglais de tués!!!”

Le même homme avait déclaré peu de temps auparavant au chef sauvage en conseil “que si les colons faisaient quelque résistance la terre serait abreuvée de leur sang.”

Quelques semaines auparavant M. Alexandre McDonell apprenant la nouvelle que dix-huit serviteurs de la Compagnie de la baie d'Hudson étaient morts de faim dans l'extrême nord annonce immédiatement cette nouvelle à son ami Cameron, en s'écriant : glorieuses nouvelles d'Athabaska ! !

L'horrible assassinat de M, Keveny par ordre de Arché MecLellan, associé de la Compagnie du Nord-Ouest : la conduite barbare de Norman MecLeod envers les colons écossais, chassés de la Rivière Rouge, prouvent amplement que Îles ennemis de Lord Selkirk sont loin d'être des modèles d'humanité.

La Compagnie du Nord-Ouest s'est eflorcée de faire retomber immédiatement sur le vouverneur Semple toute la responsabilité du sinistre drame de la Grenouillère, affirmant que la mort des siens n'est due qu'à l'imprudence commise par lui, de sortir du fort avec des hommes armés pour aller couper le chemin aux serviteurs de la Compagnie du Nord-Ouest.

C'est une question importante de savoir si le

gouverneur Semple a commis une imprudence,

ou bien s'il est mort victime de son devoir.

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Au fort Douglas le gouverneur était chargé du soin des colons et par devoir de conscience obligé de voler à leur secours si quelque danger les menaçait soit de la part des sauvages, soit d'ailleurs. Les hommes et les armes qu'il avait dans le fort lui avaient été donnés dans ce but. C'est ainsi qu'autrefois, dans les commencements de la colonie en Canada, on bâtissait des forts et on y mettait une petite garnison pour défendre les colons canadiens contre les incursions des sauvages. Quand les Iroquois, en grand nombre faisaient irruption dans la colonie et menaçaient de la détruire, les gardiens des forts allaient à leur rencontre sans compter leurs hommes :

Dollard Desormeau n'avait que 16 compagnons à apposer à la grande armée des Iroquois au pied du Long-Sault.

Le gouverneur Semple savait de source cer taine (des sauvages l'en avaient averti deux jours auparavant) que la colonie serait attaquée le 19 juin par les serviteurs de la Compagnie du Nord- Ouest et que les colons seraient tous chassés ou massacrés, S'ils opposaient la moindre résistance,

Eh bien ! nous demandons à tout militaire qui connaît son devoir et qui a du cœur pour l’accomplir, même au dépens de sa vie, si, dans la circonstance du 19 juin 1816 , le gouverneur Semple pouvait rester tranquille, dans son fort, pendant que les colons qu'il était chargé de

protéger, allaient se voir exposés aux mille avanies des serviteurs de la Compagnie du Nord-Ouest ?

Qu'on ne vienne pas nous dire que les soix-

ante-dix cavaliers qui passaient au loin dans la

prairie s’en allaient au bas de la rivière Winnipeg porter des vivres à leurs gens. Cette histoire est usée et ne peut plus être acceptée que par ceux qui n'ont pas fait une étude approfondie de l'histoire de la Rivière Rouge de 1810 à 1816.

Pour nous, nous n'hésitons pas à dire que le gouverneur Semple est mort victime de son devoir. Il peut se faire qu'il ait manqué de tactique et qu'un militaire habitué à l’art de la guerre eut tiré meilleur parti de la position; mais ceci ne change pas la question.

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