‹ L'Ouest canadien [microforme]Chapitre 3 sur 121 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

L'OUEST CANADIEN : tel est le titre que nous adoptons pour ce livre, Voici pourquoi,

D'abord pour distinguer l'Ouest-Canadien de l'Ouest- Américain dont il est limitrophe ; ensuite pour ne pas confondre l'Ouest-Canadien avec le Nord-Ouest dans lequel n'est pas comprise, ordinairement, la Province de Manitoba : enfin parce que ces immenses contrées ont été découvertes par des Canadiens, explorées par des Canadiens et évangelisées par des missionnaires Canadiens. Pour ces diverses raisons et surtout pour la dernière, nous appelons ce pays : l'Ouest- Canadien.

Si, aujourd'hui, les Anglais sont en majorité dans les Provinces de l'Ouest, ce n'est pas pourtant à eux que revient la gloire d'avoir découvert ce pays, ni d'y avoir porté les premiers germes de la civilisation.

Il est bon de rappeler ce fait au peuple qui domine actuellement dans Manitoba et au Nord- Ouest, afin qu'il sache bien, que les Canadiens-

français ne sont pas là des étrangers venus à la dernière heure. Il y a cent cinquante-cinq ans

que le sieur de la Vérendrye et ses fils ont traversé les immenses prairies de l'Ouest jusqu'au pied des Montagnes-Rocheuses et en ont pris possession au nom du Roi de France; il y a un siècle et demi que nos voyageurs canadiens les parcourent en tous sens, comme les pionniers de la civilisation ; il y a soixante-dix-sept ans que les missionnaires catholiques ont commencé à prêcher la parole de l'Evangile aux pauvres infidèles de ces pays sauvages. Non, les Canadiensfrançais ne sont pas des étrangers au Nord-Ouest!

En écrivant cette histoire de l'Ouest-Canadien, nous avons cherché à porter, sur les faits que nous racontons, un Jugement exempt de toute partialité. Ilest très difficile d'écrire l'histoire d'une manière impartiale ; on est porté, généralement, à excuser les fautes de ses compatriotes. Si nous eussions voulu nous laisser guider par de tels sentiments, nous aurions porté sur certains événements un jugement tout autre que celui que nous portons.

Prêtre, missionnaire, canadien-français, nous prenons la défense des écossais protestants traités odieusement par la célèbre Compagnie du Nord- Ouest. L'opinion que nous adoptons en parlant des luttes entre Lord Selkirk et cette Compaonie surprendra probablement le lecteur ; mais après avoir, durant de longues années, pesé la valeur des documents que nous avions entre les

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