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LA COMPAGNIE DU NORD-OUEST avait des preuves authentiques pour confirmer la trop parfaite exactitude de ces récits.
Le 10 de février 1815, Cameron écrivait du fort Gibraltar où il passait l'hiver, les deux lettres dont nous allons citer des extraits : elles sont adressées à deux colons qui avaient longtemps résisté à ses sollicitations et qui semblaient consentir à passer en Canada. Les lettres leur furent remises par le bostonais Pangman de la Compagnie du Nord-Ouest.
A MESSIEURS DONALD LIVINGSTON et HECTOR MCEACHERN.
“ Messieurs,
“Votre lettre du 28 janvier, que vous m'avez envoyée par Jordan, m'a été remise entre les mains. Je suis charmé de voir que quelques-uns d'entre vous commencent à ouvrir les yeux sur la situation où vous vous trouvez dans ce pays barbare et que vous reconnaissez enfin la folie que vous avez faite, en obéissant aux ordres d'un brigand et, je puis le dire, d'un voleur de grand chemin.
“ Par pitié pour la situation déplorable où vous vous trouvez, car je vous considère comme étant ici dans la plus triste des prisons, j'accepte vos offres et je me trouverai heureux de pouvoir tirer de l'esclavage un aussi grand nombre de mes compatriotes qu'il me sera possible. Je sais que
Lord Selkirk ne renverra jamais personne de vous dans son pays.
“ Vous avez déjà été trompés et il n'aura pas honte de vous tromper encore, car faire des dupes est pour lui et Macdonell le commerce le plus profitable. Je me ferai un honneur d'être votre libérateur ; je ne vous demande pas un sou pour votre passage, non plus que pour les provisions dont vous aurez besoin sur la route. Vous allez dans un bon pays où vous pourrez procurer à vos familles une subsistance honnîte,
“ Nous nous oblisgeons à procurer des terres à ceux qui en voudront avoir, et nous ne mettrons aucun de vous sur le grand chemin comme des mendiants avant que vous ne soyez mis en état
de gagner votre vie. Je n'ai en vous faisant ces promesses aucun autre intérêt que celui que me
sugeère l'humanité . ... ....
“ Ne craignez pas que le capitaine Macdonell sache jamais aucun de mes secrets, mais prenez garde que madame McLean ne connaisse aucun des vôtres, car elle vendrait jusqu'à son frère.” (1)
Votre ami sincère,
(Signé) D. CAMERON.
(1) Alex. McLean était un colon dévoué à la cause de Lord Selkirk et content de son sort à la Rivière Rouge.
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