‹ L'OuraganChapitre 29 sur 79 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RICHARD, MARIANNE, LANDRY (caché)

RICHARD, d'en haut.

J’ai cru que la maison allait être emportée. Ce vent terrible ne cessera donc plus?... (Apercevant Marianne, en bas.) Ali! vous êtes debout. Il est quatre heures, n’est-ce pas?

(Il descend.)

MARIANNE

Oui, quatre heures. Le jour paraîtra bientôt... Alors, c’est décidé, vous emmenez Jeanine?

RICHARD, près d'elle.

Je l’emmène et je la délivre.

MARIANNE

Ecoutez, Richard, j,e voudrais vous parler raison. Je 11e vous dirai pas que vous commettez un crime. Mais, au nom de votre paix, au nom de votre bonheur même, réfléchissez.

RICHARD

Elle m’aime et je l’aime.

MARIANNE

Jeanine est l’inconstance, l’enfant capricieuse, si vite lourde aux bras qui la portent. Avec elle, vous n’aurez que la femme de désir et de mort, dont la robe, derrière elle, sème le deuil.

UICHAUD.

Elle m'aime et je l’aime.

M AUI ANNE.

Elle vous aime... (Avec embarras.) Mais il eu esl une autre qui vous aime... Si vous m’aviez aimée, vous ne seriez point parti. Je voulais faire de vous le roi de cette île.

RICHARD

J’ai tout laissé, tout donné à mon frère, pour n'emporter que mon cœur saignant.

MARIANNE, continuant.

Eli bien! aujourd’hui, je vous offre encore la puissance. Restez, partagez Goël avec moi. N’est-ce donc rien que d’être le maître? Comment pouvez-vous préférer Jeanine à moi, Marianne, cette petite fille à moi, la reine, qui sait, qui veut et qui peut toutes choses?

RICHARD

Je ne désire qu’être aimé, et je ne veux qu’aimer moi-même.

MARIANNE, très humble.

Mais je vous aime, ne le voyez-vous pas? Richard, je vous aime à en être folle. Faut-il donc que je me mette à vos genoux, moi l’orgueilleuse, la souveraine ? Je baiserai vos pieds, je serai votre esclave... Et, si tu l’exiges, j’abandonne lotit, pour que Lu m’emmènes.

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