SCENE V
JENNY, GERMAIN, ELOI et MATHIEU, q*i porte deux bouteilles.
éloi, portant le panier où sont les provisions. Mais arrivez donc, papa, pisque j* vous disons qu'il va venir.
MATHIEU
Un moment, que diable ! je ne t’ai jamais vu tant courir.
Éloi, apercevant Germain causant avec Jenny.
C’est que j’ai laissé ici M. Germain... M. Germain qui est pressé de vous voir... le voilà... (S'avançant entre Jenny et Germain.) Ah çà ! qu’est-ce que vous dites donc là tous les deux, nez à nez ? GERMAIN.
Nous causions horticulture... je disais: Ab!
que les foins sont donc beaux cette année !... ah ! les beaux foins!... Bonjour, monsieur Mathieu! MATUIED.
Bonjour, monsieur Germain... soyez le bien venu. Jenny, mets vite le couvert, mon enfant. JENNY.
Oui, mon père.
germain, tapant sur le ventre de Mathieu.
Je vois que ça va bien ; j’en suis enchanté. .. Je boirais bien quelque chose.
MATHIEU
Élol, du vin à M. Germain.
germain, regardant Jenny.
C’est dans le seul but de boire à la beauté... j’aime beaucoup boire à la beauté.
ÉLOI, tirant un pot de vin à même la feuillette ; à part.
Dieu! si je pouvais laper dessus sans beurtrer les convenances !... (Haut.) V’Ià de la piquette.
Il présenta le pol à Germain*.
germain, buvant.
C’est de votre petit vin qui fait danser... je l'aime beaucoup, il est original. Permettez-moi. aimable jeune, de boire à vos yeux de velours, à votre taille de guêpe, à vos dents de perles, à vos... mais que dis-je? 6 imprudent!
AlR : Au temps heureux de la Chevalerie.
Qu’ai-je promit, dana mon humeur grivoise ?
Pourrais-je bien, porter tant de santés ?
Je me récuse, ô belle villageoise !
En contemplant 1’ total de vos beautés.
A tant d’attraits dispenses-moi de boire,
C’était le vczud’un galant chevalier ;
Mais conv’nes-en, ça d’viendrail il érisoirc ;
Je n* peu» pas hoir’ jusqu'au jug’inent dernier.
A vos attraits, oui, si je voulais boire,
Ça m' conduirait jusqu'au jug'menl dernier.
il toit.
* Jenny , Gerinaiu, Eloi, Mathieu.
L’OURAGAN
MATHIEU
Pe*le !... c’eit diablement spirituel ce que vous dites lèl
éloi, à part.
K 11 aura lu ça dans quéque livre.
GERMAIN
J’ai la fatuité de croire que ça n’est point trop sot. .. ( ritournelle de l’air suivant) mais je crois entendre aboyer des chiens; {il va voir au fond) oui, oui, c'est la chasse qui arrive... voilà les piqueurs du comte.