‹ L'ouragan dramevaudeville en trois actesChapitre 44 sur 50 · GERMAIN, JENNY · texte numérisé non relu

GERMAIN, JENNY

Jenny va s'éloigner, Germain l'arrête.

Arrêtez, ô Jenny! un inot, û Jenny!

JENNY

Encore vous, monsieur Germain?

germain.

Encore moi, mamzelle Jenny.

JENNY

Sans cesse attaché à mes pas!

germain.

Sans cesse attaché à vos pas. On vous repousse, on vous trailo ici comme la dernière des dernières, et je viens m'offrir à vous pour être votre soutien, votre défenseur, frêle arbrisseau que vous êtes.

jknny, avec mépris.

Mon soutien... mon défenseur, vous!

germain.

Oui, mol, oui, moi... car je sais que vous êtes innocente... je sais que vous êtes pure comme le cristal de roche le plus pur, moi!

jrnnt.

Vous le savez, et tout- à -l'heure vous m’avez laissé accuser... vous n’avez rien dit pour ma justification.

germain.

Pas si bêle!

Quel intérêt avez-vous donc à me perdre ?

* Jenny, Mathieu, Éloi, Germain.

MAGASIN THEATRAL

GERMAIN

Vous perdre, Jenn y I. .. Ah I vous me connaisses peu !... Mais c'est précisément parce que je ne veux pas vous perdre 'que je ne les ai pas désabusés, ces stupides paysans.

JENNY

Quelle infamie!

GERMAIN

Mais non, c'rsl de la rouerie de ma part, une simple petite rouerie fort innocente, et qui vous prouve toute la consistance de mon amour!...

Jenny, cetÉloine pouvait vous comprendre. Par ses soupçons injurieus, il vient de se placer excessivement au-dessous de vous... Et maintenant, au lieu de cet homme, qui porte des chemises trèsgrosses, et qui a les mains criblées de durillons, j'ose me produire à vos yeux.

JENNY, d'un air méprisant.

Vous!

GERMAIN

Pcrmctlei-moi de vous faire mon prospectus, Jenny : j’ai de tré-grosses économies prélevées sur mes appoinlemens et sur une foule d'autres choses... J’ai acheté à Caudebec, en Normandie , mon pays natal, une fort jolie maisonnette, avec une prairie ornée de trois cents pommiers, et l'on doit dans cet asile champêtre filer des jours couleur de rose. Nous achèterons une vache, un àne... nous aurons des lapins, des canards... nous boirons du cidre pendant l'année courante... enfin, nous nous abreuverons de toutes les jouissances de la vie... Dites un mol, consentez à partir avec moi, à devenir madarneGermaln.

JENNY

Jamais, monsieur.

GERMAIN

Vous ne voulez pas me suivre, je m'y attendais; eh bien! soit, alors c'est moi qui vous suivrai.

JENNY

Vous !...

GERMAIN

Oh ! n’espérez pas m'échapper... je me cramponne à vos talons! je trotte à vos côtés comme le plus fidèle caniche... et en me vojant aussi constant, aussi caressant que ce modèle des quadrupèdes... je suis sûr que vous finirez par me dire : Germain , votre amour et votre persévérance ont triomphé de mon indifférence.

JENNY

Monsieur Germain , je quitterai seule cette maison. ..seule, vous m’entendez?... reprenez cet argent et remettez le au comte de ma part. Honnête et pauvre, je suis entrée dans cette ferme; pauvre et la conscience pure, j'en veux sortir.

Elle passe à gauche.

GERMAIN

Jenny, mamselle Jenny, réfléchissez.

JENNY

Je vous défends de me suivre !

Elle sort vivement et rentre cites elle.

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