‹ L'Outaouais supérieur (volume 2)Chapitre 19 sur 51 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

ee

d'Ontario et de Québec et la rivière Montréal, toute une contrée à peu près inconnue, qui ne renferme pas moins de mille milles carrés d'un sol avantageusement cultivable.

On y voyait naguère d'admirables forêts de pins, mais depuis 18 épétés les ont presque entièrement détruites,

La rivière Blanche arrose une étendue de terre argileuse de près de six cents milles carrés, équivalant à douze cantons de cinquante milles chacun en superficie; d'est la plus grande étevdue arable, en une seule section, de toutes les parties de la prov d'Ontario non encore colonisées.

Cette rivière, qui tire son nom de la couleur trouble de ses eaux, est navigable jusqu'à trente milles de son embouchure, à travers un pays plat, dont le sol a été reconnu excellent, partout où l'on a poussé les explorations. Ce pays constitue le bassin propre ment dit. 11 n'a pas encore de délimitation bien précise; mais on peut considérer en général son climat malogue à celui des bords du Saint-Laurent.

des incendies

comme

Ajoutons qu'il est couvert de vigoureuses forêts de bois durs, mais entièrement dépourvu de pins, à l'exception de quelques maigres bonquets que l'on en trouve sur les bords d'un lae où la rivière prend sa source, à la “hauteur des terres.” Mais là où lu ébouche dans le Témiscamingue, près de Ja

rivière

ligne frontière des deux provinces, le pin croit encore en abondance.

La rivière Blanche, dont l'embouchure forme un véritable delta, a une largeur moyenne de trois cent cinquante pieds, et est navigable, même aux basses eaux de l'été, pour des bateaux d'une capacité moyenne. Au printemps, elle débonde et submerge les ituées à son embouchure, et, durant tout l'été et l'automne, elle tient presque noy£es sous ses eaux de vastes et riches prairies de foin naturel. Ce foin est Ja principale nourriture des chevaux et des quelques bêtes à cornes que possèdent les rares colons de l'endroit. De même que les Indiens, ceux-ei le coupent en août et en septembre, l'entassent sur les lieux, et, Vhiver venu, le transportent à leurs demeures res-

pectives.

La rivière Blanche contient bon nombre de cascades et de rapides qui peuvent être utilisés comme moteurs hydrauliques. La vitesse de son courant varie suivant les différentes époques de l'année : en juillet, elle atteint deux milles par heure tandis ses eaux, elle ne dé-

qu'en septembre, époque des b passe pas un mille

La rivière abonde en poissons d'espèces recherchées, tels que le brochet, l'anguille, le poisson blane et le brocheton, L'orme, le bouleau, le frêne, l'épiuette rouge, l'épinette blanche, la plus belle de

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toute la province d'Ontario, le cèdre et jusqu'à l'érable et au chêne, lui font, des deux côtés, une bordure de forêts, où vivent et se multiplient, loin de la poursuite de l'homme, les orignaux et les caribous, ces fauves majestueux, élancés, rapides comme le vent, qui restent encore, après des chasses acharnées, les derniers grands hôtes de nos bois.

Le pays situé à l'est du lac, dans la province de Québec, forme une admirable série d'ondulations, sans montagnes, sans rochers, où croisent le pin blanc, l'épinette, le cèdre, le sapin, le tremble et le bouleau. ie loin en loin, on y trouve aussi des érables et des merisiers, par groupes clair.semés et sos. Ces ondulations, qui s'étendent sur des centaines de milles, offrent le plus beau champ possible à IR colonisation, outre que le climat y est moins rigoureux et plus uniforme que dans beaucoup d'en. droits situés sur les bords du Saint-Laurent,

11 faut remarquer que la région du Témiscamingu st à peu près sous la même latitude que celle du Saint-Jean, et que plus on avance vers l'ouest, moins la rigueur du climatse fit sentir. Le printemps y

commence d'aussi bonne heure qu'à Trois-Rivières, et l'automne y finitaussi tard. Les fermes qui ont été ouvertes jusqu'à présent, sur les bords du lac, produisent toutes sortes de légumes et de céréales ; et, à l'embouchui sédiments que charroïe perbes prairies de foin sauvage, semblables à celles qui se trouvent à l'embouchure de la rivière Blanche.

de la Loutre, les marais formés par les

tte rivière, donnent naissance À de su-

Cest ci, disait le Père Pardi, nn vaste qnys 1e colon ‘éeufennant non seulement quelques cantons, mais à vrai dire

soute ane province de bonne terre. Ordinirewent, le touriste qui remonte d'Ottawa, vorageant depuis Pembroke entre des masses de

nieune, s'imagine qu'il we doit y avor qu'une succession non iuterroupne de moutague bouleversées et de rochers duuudés, jusqu'au pôle nord.

miague, dignes des Alpas et de lu Suisse, il ue soupgoune pas qu un mille du rage, quelquefois à cinq arpents, £e trouve un soi

ranit, de gneiss de formation lurentienne on luro-

à aduuirant Les points de vue de Témisea.

Ai, aussi futile, ani aol aux travaux de 1e culture que cell des environs de Montreal.

Du reste, en dehors de sa situation géographiqué, il ne faut pas oublier que le climat d’une contrée dépend de circonstances nombreuses qui, toutes, in fluent sur sa production. Un long été, par exemple, n'active pas plus la production et la maturité des végétaux qu'un été plus comt, avee une atmosphè plus pure et plus brillante. Ainsi, dans tout le Domi-

mion, les côtes ,le la mer, où l'été est le plus long, de-

mandent d'autant plus de temps pour la maturité

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des céréales, qu'elles sentent moins les rayons du soleil et que l'atmosphère y est moins nette et moins claire. Au point de vue du climat, Gaspé et le lac Saint-Jean sont anssi propres à la eulture des grains que le Nord-Onest, Pour le prouver, il suffit de dire que certaines plantes, qui veulent plus de temps pour mûrir que les grains, mûrissent très bien autour des lacs Saint-Jean et Témiscamingue. Les gelées d'été n'y sont pas plus fréquentes que duns certaines parties d'Ontario. Du reste, ces gelées se produisent dans Les bas-fonds et non dans les terrains bien exposés, et les plantes que l'on trouve jusque dans le voisinage de la baie d'Hudson, indiquent que le climat n'y est pas plus rigoureux qu'à Québec.

Le gouvernement de la province d'Ontario à si vien compris l'importance et la valeur d'une ré gion comme celle du Témiscamingue, que, depuis plusieurs années, il ne cesse de faire tous ses efforts pour y développer la colonisation. L'année dernière encore, il a fait délimiter et arpenter en partie huit cantons nouveaux à la tête du Inc. Il avait déjà agi de la même manière à l'égard des vastes territoires connus respectivement sous les noms de Muskoka, de Parry-Sound et de Nipissing. Avant l'adoption de“ l'Acte des terres gratuites” passé immédiate. ment après la Confédération, ces territoires n'étaient qu'une immense solitude ; aujourd'hui ou y compte

au delà de cent cantons. A l'origine, il ne s'y trouvait pas un seul habitant ; à l'heure actuelle, la population dépasse quarante mille âmes, et elle envoie des représentants aux deux chambres, fédérale et provinciale.

Pour ouvrir et coloniser la région du Témiscamingue, les habitants de North-Bey, (endroit sitné eux le lac Nipissing, où il n'y avait pas une âme il y a quatre ans, et qui en renferme aujourd'hni sept à huit cents) ont songé à la construction d'un chemin de fer,

Le 2 février dernier, ils se sont rénnis en assemblée, et ont adopté une série de “ résolutions ” pour engager le gouvernement d'Ontario à construire une voie ferrée depuis North-Bay, qui est sur le parcours du Pacifique canadien, jusqu'aux bords du lac Témiscamingue et de là jusqu'à la baie de James, laquelle forme l'extrémité inférieure de l'immense mer du Nord appelée baie d'Hudson.

Si ce projet reçoit son accomplissement, la région du Témiscamingue se trouvera avoir, dans un avenir

prochain, deux voies communiquant avec le chemin de fer du Pacifique : la route de Mattawa, moitié par chemin de fer et moitié par eau, et la route projetée de North-Bay, par chemin de fer

L'ouraov:

La sortie du lac Témiscamingue, en remontant l'Outaouais, s'opère par la rivière des Quinze, nom qui lui vient de quinze rapides en succession qui forment la majeure partie de son cours, et qu'elle a donné à son tour an lac si imégulièrement et si singulièrement formé d'où elle s'échappe.

Le lac des Quinze, de même que le lac Témiscamingue, n'est autre chose, on le sait, qu'un élargissement de l'Outaouais. Ilen est ainsi du vaste Inc Migizowaja, situé plus haut, d'où, en remontant toujours l'Outaouais, après avoir fait portage le long de plusieurs rapides, on arrive à la branche sud-est de la rivière Abittibi, un peu en deçà dn 48e degré de latitude. U’est de ce dernier point qu'on se met en route pour les grands lacs Abittibi, qui se rencontrent à peu près au tiers du chemin entre le la et la baie de Jam

Cette route à

e Nipissing

re, pénible, interceptée par des marais et des savanes, qui se fait, tantôt à travers de grandes étendues de forêts, tantôt le long des cours d'eau, eoupés de rapides, qui servent de traits d'union entre les différents lacs, n'est guère connue

encore de nos jours et n'a guère été suivie que par les missionnaires et les chasseurs indiens.

En ligne droite, on compte, entre le lac Témiscamingue ct les les Abittibi, environ quatre-vingts milles, à travers un pays légèrement montueux et en général ondulé, dans lequel de nombreux petits lacs, semés de tous côtés, partagés eux-mêmes en maint et maint chenal par les flots qu'ils renferment, constituent de véritables labyrinth

La plus grande partie de cette région a été ravagée par le feu et est couverte d'une seconde pousse.

Le sous-sol est formé d'argile bleue portant une couche plus ou moins épaisse de terre végétale. Au reste, toute cette vaste contrée qui s'étend au nordouest de notre province, jusqu'au 50e degré de latitude, et, de là, dans tout le nord de la province d'Ontario, jusqu'au le Supérieur, embrassant près de trois degrés de latitude et une profondeur de plus de deux cents milles, est caractérisée par la formation argileuse inférieure, indice d'une terre fertile, qui est restée seule intacte, alors que les feux de forêts avaient brûlé et desséché tout le sol qui la recouvrait. C'est grâce à elle ai le pays n'a pas té complètement stérilisé, et si, chaque fois qu'on y a fait des essais de culture, les résultats obtenus ont émerveillé ceux qui croyaient toute culture impossible au delà d’une latitude déterminée,

Ce que l'on redoute le plus, ce sont les gelées, et l'on croit que les gelées suivent un développement graduel et régulier, au fur et à mesure qu'on avance vers le nord. Mais les gelées dépendent en grande putie de la nature du terrain, et les terrains argieux y sont plus exposés que les autres, parce qu'ils sont froids et humides; muis aussi, l'on peut les y combattre plus aisément par le drainage. C'est ainsi qu'on a combattu, dans les grands comtés de Grey et de Wellington, les gelées très fréquentes, à l'origine de ces établissements, et maintenant elles n'y sont plus à redouter, Il en sera de même dans toute la contrée qui s'étend au nord des lues Nipissing, Témiscamingue et Abittibi, jusqu'à la baie de James ellemême. Tous les récentes explorations s'accordent à recounaitre l'excellence de ce pays, dont où compare le climat à celui des environs de Montréal ; ct, quant

à sa richesse forestière, elle doit être énorme, puisque l'exploitation des bois ne s'y est pas encore exercée.

Dans le pays qu'arrosent les tribataires de la baie d'Hudson et que la province d'Ontario réclame, on voit d'immenses forêts d’épinettes, de tamaracs et de bouleaux. Sans doute, avant longtemps, le chemin

de fer en apportera des quantités considérables de bois, tirées principalement de la région appelée “ le plateaux argileux du Nord,” où se rencontre fréquemment de la terre arable d'excellente qualité et où l'on trouve en outre des gisements de houille, plus partieulièrement dans le bassin inférieur de la rivière Moose où de l'Orignal.

Quant au pays situé entre la limite nord de la province de Québec et la baie d'Hudson, quoique le pin y pousse jusqu'à vingt milles au delà de la limite, vers les portages qui aboutissent au lac Abittibi, il renferme beaucoup moins de bois de con merce et dé terre propre à la culture. On attribue ce fait à ce que les belles forêts qui bordent les rivières, principalement au nord du la Abittibi, ont souvent moins d'un mille de profondeur, et qu'au delà tout le terrain est couvert de tourbières d'une Î grande épaisseur, l'humidité du climat ÿ étant très favorable au développement des plantes dont la k décomposition produit les tourbières et en épaissit graduellement les couches. L'énorme quantité de combustibles qu'elles aceumulent peut donner à ces tourbières une valeur incaleulable, d'autant plus que ce combustible se venérait aisément dans nos villes, à des prix modérés, pour l'usage domestique où pour de nombreux travaux industriels ; d'autre part, le sol qui s'étend au-dessous de ces tourbières,

étant naturellement rétentif et résistant, donnerait, aussitôt mis à découvert, de fortes récoltes de foin et d'avoine, d'orge et de sarrasin, comme le sol que Ton a afranchi des tourbières de “ Blair-Drummond”, en Ecosse.

Mais la quantité de bois que cette région pourra produire, à quelque période future que ce soit, sera toujours bien moins considérable que celle que donnera Je territoire réclamé par l'Ontario. (1)

On trouve le pin blanc et surtout le pin rouge dis séminés sur toute la surface du sol entre 16 Témiscamingue et les lacs Abittiti, De même, l'épinette | blanche, le merisier et le cèdre y sont en assez grande quantité et de bonne taille, L'érable ainsi que la plaine se voient encore à la tête du lac Témiseamiugue, mais ne dépassent pas cette limite.

L L'arbre le plus abondant de cette région, au nord de la limite de l'érable, c'est le tremble, suivi de près

} Nous n'avons que des notions très radimentaires sur la con. À axé à l'est des les AbittiL, et aur la vallée de la rivière Hurri 2 neïssange au-dessous du 48e paral à de dix milles an nord du lue Victoria. Il serait fort a cours de cette rivière et de le vallée qu'elle ariove, puisque co cours commence vingt milles au sud de celui de l'Abittibi belles foréts de pins. On.

canaw, dont es sonrces pren

lle, à mo

à désirer qu'aue exploration füt 1

l'an & trouvé en abondance de r le découment de ce mine, dans le parte est de la région.

suinit. sui peut-être explo

cuivre, M. Richardhou, de Ia Commission géologique, y ayai

vert uu

par le bouleau, l'épinette et le baumier du Canada. On trouve encore, mais rarement, l'orme et le frêne dans les bas-fonds qui s'étendent jusqu'aux lacs Abititi.

Ces lacs, auxquels on a donné respectivement les noms de “ Lac supérieur ” et de “ Lac inférieur,” n'en sont à proprement parler qu'un seul, dont les deux sections sont reliées entre elles par une étroite passe.

Le lac Abittibi, dirons-nous, pour être plus court, s'étend de l'est à l'ouest, au nord du 48e parallèle, sur une longneur de cinquante-cinq milles et une largeur variant de cinq à quinze milles. C'est un lac peu profond, boueux, rempli d'iles et entouré de vastes marais, où s'abattent en passant d'innombrables volées d'outardes, dane leurs migrations d'automne vers le sud.

Le caractère physique et géologique de cette contrée est à peu près le même sur toute sa surface. Partout pays de montagnes ne s'élevant qu'à une faible hauteur, terrain ondulé, formation granitique et roches éruptives ; mais les étendues de terre arable sont considérables. A mesure qu'on avance vers le nord, le sol renferme plus d'éléments productifs. En certains endroits, la terre végétale, qui recouvre le fond uniforme d'argile bleue, atteint une épaisseur de trois à cinq pieds, comme on peut le voir à cent cinquante milles même au delà du Témiscamingue, sous le 50e degré de latitude.

A l'extrémité occidentale du lue, débouche la rivière Abittibi, qui a une largeur moyenne de trois arpents. un courant très vif, des chutes et de nombreux rapides qui nécessitent autant do portages. De chaque eûté de la rivière, sont les territoires de chasse des Indiens, autour de petits lacs et le Tong de petits cours d'eau. Pour se reconnaitre, se guider eux-mêmes et guider les autres chasseurs qui Xiendront après eux, les Indiens ont imaginé une sorte de sténographie imagée, représentant des animaux dans différentes attitudes, qu'ils dessinent sur des écorees de boulean fixées à des bâtons plantés en terre. Ces caractères sauvages sont parfois très ingénieux, et même assez compliqués pour que les missionnaires du Nord croient nécessaire de les enseigner aux petits Peuux-rouges qui vont aux écoles établies dans les différents postes de le compagnie de la baie d'Hudson.

L'embouchnre de la rivière des Quinze, est à 612 pieds au-dessus du niveau du fleuve devant la ville des Trois-Rivières ; et celle de la Mattawan, située cent vingt milles plus bas, est à 250 pieds au-dessus de ce même niveau. Il y a done, entre la tête du lac Témiscamingue et la Mattawan, une descente de quatre-vingt-douze pieds, qui s'effectue par les rapides du Long-Sault, de la Montagne, des Erables et de la Cave,

162 L'OUTAOUAIS SUPÉRIEUR Les eaux du lac, très hautes au printemps, baissent dehuit ou dix pieds jusqu'au mois de septembre, t les pluies d'automne n'en augmentent guère le volume. D'après M. Proudfoot, géomètre d'Ontario, le niveau du Témiscamingue s'est élevé de trois pieds dans le cours des quatorze dernières années. “ Certains endroits de la rive, dit-il, où naguère on coupait le foin, sont aujourd’hui submergés, du commencement à la fin de la belle saison. Comme je ne saurais témoigner de la valeur scientifique des raisons qu'on aa données de ce fait sur les consigner dans mon rapport.”

es lieux, je m'atstiens de

L'éen du Témiscamingue, comme disait le Père Paradis, c'est sa partie supérieure, là où débouchent la rivière Blanche et ln rivière des Quince, celle-ci entre des rivages aux molles et fléchissntes ondulations, chargés des sues les plus généreux de la terre et offrant aux colons les plus riunts et les plus attrayants aspects ; l'autre, comme l'eau qui s'échappe d'une urne trop pleine, coule à travers des prairies à moitié submergées, lourdes de leurs grasses couches d'allnvion, et flottantes, pour ainsi dire, comme des champs d'algues que l'onde recouvre et redresse tour à tour, dans un mouvement uniforme ct cadencé, Ah! la belle et luxuriante terre promise aux colons de l'avenir, et comme on sunge en là contemplant, avec une amère et douloureuse mélancolie, à toute

cette vaillante et vigoureuse jeunesse canadienne qui déserte ses foyers ét s'en va consumer sa force dans les fabriques américaines ! Comme on déplore de ne pas la voir venir ici plutôt se déployer en liberté et conquérir en peu d'années, sans trop de peine, cette aisance heureuse, cette plénitude bénie de toutes les choses nécessaires qui fait les peuples contents de leur sottautant que modestes dans leurs dé laborieux, honnêtes, c: rudes épreuves aux jours fatals, parce qu'ils ont conservé toute leur vigueur, parce que rien n'a altéré en eux ni les sources vitales de l'énergie, ni cette abondance de jeunesse qui accompagne jusque dans la maturité les peuples bien formés et bien constitués !

jrs, peuples pables de soutenir les plus

De quelque côté qu'on tourne les regards, sur les profondes et fertiles étendues qne baigne le Témiscamingue, dès qu'il commence à écarter au loin ses rives et à s'élurgir en liberté, au sortie de l'étroit et tumultueux cours dé la rivière des Quinze, on ne voit nulle patt de montagnes, de brusques saillies du sol, de reliefs

fortement accentués, mais une lougue ondulation de prairies alternant avec des coteaux délicatement! esquissés, surmontés au loin de plateaux qui étendent leur large surface jusqu'aux dernières limites de l'horizon,

Lorsqu'en remontant le Témiscamingue, on arrive à la rivière des Quinze, on longe la “ Réserve des Indiens,” territoire fédéral où un groupe de l'ancienne uibu des Algonquins possède un petit village et cultive une étendue de terre déterminée, que le gouvernement à fait diviser en lopins pour chaque famille séparément.

La dimension de lu réserve est d'environ 38,400 acres. C'est I exactement, nn pou au-dessus de la rivière Blanche, par 47° 37 de latitude nord, que se trouve la ligne frontière entre les deux provinces de Québec et d'Outario.

Pendant plus de quatre milles, depuis son embouchure jusqu'au premier rapide qui lintercepte, la rivière des Quinze est navigable, et assez profonde même pour qu'un grand bateau à vapeur puisse raser presque le rivage. De chaque côté, le terrain,

diversement et gracieusement accidenté, présente un aspect des plus pittoresques, qui rappelle, à s'y méprendre, le ravissant paysage de l'embouchure de la Mistassini, au lac Saint-Jean.

L'OUTAOVAIS SUPÉRIEUR 165

A sa droite, on a la vive orientale, où croit une forêt épaisse et où se dressent lentement des coteaux, portant un sol végétal rempli de promesses, A gauche, se trouve la “réserve des Indiens,” où

s'élève, sur une petite auteur, tont près de la rive, Técole sauvage destinée à donner les preuriers rudiments de l'éducation à ces grossiers enfants de la

mature.

C'est, au moins, un spectacle peu commun et des plus piquants, à conp sûr, que cette école de saur vages fondée par des blancs là où les blancs ont encore à peine pénétré. Au confins déserts d'une provinee immense, dout pas même la centième partie n'est habitée, au delà d'une région à peu près inconnue, où de rares colons se sout dressé à la hâte un abri préeuire, au delà de l'immensité en apparence ufranchissable des forûts, des lues, dles vallées mystérienses et des plateanx à perte de vue, nu delà de plus lointaines retraites, innezcssibles jusqu'ici à tot

ontact du dehors et à toute civilisation, on découvre alurs que le voyageur perdu dans sa pensée, cher “he le secret de ces étranges courants qui portent et disséminent les hommes sur tons les points du globe __on déconvre une école de sauvages organisée, agissante, bien réelle, de véritables petits Peaux-rouges qui s'y rendent tous les jours, qui s'y tiennent assis sur des banes pendnt des heures entières, et qui

L'OUTAOVAIS SUPÉRIEUR

écoutent un maître leur enseignant À trouver un sens dans des signes tracés les uns à côté des autres sur une ardoise, et à former eux-mêmes d’autres sens avec d'autres signes, sans le secours de la parole où du geste !

C'est 1à le prodige, c'est Ià le triomphe de l'enseiguement chez ces natures primitives, grossières, rebelles à toute idée abstraite, incapables de voir dans les signes autre chose que l'image exacte, que

la représentation rigoureuse de ce que l'on veut primer. Des signes, qui ne sont que de convention, dépassent l'intelligence commune des Indiens, lesquels ne comprennent absolument que ce qui tombe sous les sens. La sphère de leurs idées étant très étroite, bornée à ce qui les entoure immédiatement, sans qu'ils puissent rien soupçonner an delà, il en résulte que leur langue est nécessairement peu étendue, et cependant elle est très riche, très imagée, tel lement susceptible, dans son état rudimentaire, de recevuir toutes les empreintes, qu'on peut lui trouver des mots pour exprimer jusqu'aux plus subtiles nuances dés choses.

Dans un voyage qu'il a fait l'année dernière, l'auteur de ce livre a visité l'école sauvage du lac Témiscamingue. 11 y a compté vingt et un élèves, dont la vlupart pouvaient lire et dont plusieurs écrivaient passablement. IL a été surpris de leur prononciation,

d'autant plus qu'ils ne parlent que leur langue et ne lisent que muchinalement l'anglais, sans rien com. prendre aux mots qu'ils profèrent. Ou ne songe donc pas à leur faire d'inntiles questions, et l'on se demanderait quel peut être le résultat d’un enseignement aussi forcément limité, si l'on ne savait que l'école est le meilleur instrument de civilisation, et que le seul fait de réunir les enfants, pour des exercices et des efforts communs, est le premier et le plus sûr moyen de les hal l'idée d'une vie sociale supérieure au simple groupement des individus.

C'est depuis une conple d'années tout au plus que les commerçants de bois ont poussé leurs bandes destructrices jusqu'au pays des Quinze. Avant 1885, ils wavaient guère dépassé la région du lac Kippewa; aujourd'hui, leurs concessions de coupe atteignent la igne de partage des eaux. Même, afin d'éviter les rapides des Quinze, où le flottage est difficile, on parle de pratiquer un canal, eu s’aidant du cours de quelque rivière, depuis la tête des Quinze jusqu'au lue Témiscamingue. Il parait que des arpenteurs du gouvernement sont allés explorer le terrain dans ce but,

Ce qui est certain, c'est qu'avant longtemps l'exploitation forestière se eoncentrera surtout dans la ré gion des Quinze, de sorte que l'embouchure de cette

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rivière deviendra un poste des plus avantagenx et de la plus grande importance.

Lorsqu'après être parvenu à la hauteur du lac Témisenmingue, on veut rebrousser chemin et descendre l'Outaouais, on passe devant la “ réserve des Indiens,” puis devant l'embouchure de la rivière Blanche, en suivant un chenal étroit et peu profond, le long de prairies à fleur d'eau. On laisse, à sa droite, la pointe Wabee, riche en excellente pierre à chaux ; on dépasse, à gauche, l'embouchure de la Loutre et 'ile de M. Bonaparte- Wyse, à laquelle on a donné le nom de Sainte-Hélène ; on longe les emplacements que se sont réservés sur le bord du lac les actionmaires de la future colonie française, et l'instant d'après, on est tout surpris de voir le bateau accoster doucement le long d’un petit quai naturel, formé de roches de granit qui semblent s'être placées les unes à côté des autres avec une symétrie préméditée. Au bout de ce quai, lon descend sur une espèce d'appontement, en forme de chevalet, qui à été installé pour faciliter le débarquement des voyageurs, depuis qu'un bateau à vapeur parcourt le Témi

mingue.

Tout le paysage, depuis le rapide des Quinze, n'a fait que glisser comme un rêve sous les yeux, et le voyageur se trouve déposé sur nne petite pointe de rochers granitiques qui s'avance d'une centaine de pieds tout au plus dans le lac, et, devant lui, flotte et se déploie an loin un orbe de forêts et de coteaux aux nuances mobiles, vaste panorama d'une grâce de con. tours exquise et d'une majestueuse harmonie.

C'est ici la pointe Piché, fameuse parmi les chasseurs et les Indiens, à œanse de l'homme qui lui a donné son nom, le père Piché, type le plus parfait de ces traiteurs d'autrefois qui s'aventuraient seuls jusqu'aux dernières limites habitables du nord, et y vivaient des années entières, sans communion possible avec lenrs semblables et n'ayant de rapport,

deux fois l'an, qu'avec les Indiens en route pour les pays de chasse, et à leur retour, aux premiers jours du printemps.

Mais le père Piché, lui, n'était pas seul, contrairement à l'antique usage. Il avait une femme po

remplir les longues et aceublantes heures de la solitude. Perit à petit les enfants, augmentant en nombre et grandissant tour à tour, avaient formé une famille qui était tout un petit monde dans le dé L'an cienne chaumière, qui n'avait été d'abord qu'un abri contre les rigueurs des saisons, v'était transformée insensiblement en une demeure de campagne sem-

blable à celles des bords du Saint-Laurent, grande, bien divisée, bien aménagée, confortable, offrant les images et les ressources de la civilisation.

Relativement enrichi par son commerce de four rures avec les Indiens, le père Piché avait réussi à faire donner une éducation complète et parfaite à unatre de ses filles, dont les deux dernières, qui habitent encore aujourd'hui le toit paternel, en char ment et emnoblissent l'intérieur, par l'hospitalité affable, la courtoisie digne qu’elles exercent envers Vétranger, ét par une distinction de manières, une sûreté et une élégance de langage qu'on ne rencontre que dans la meilleure société des villes.

Voilà plus de viugt ans que le père Piché habite sa pointe et qu'il y fait avec les Indiens le commerce de fourrures, en opposition à la compagnie de la baie d'Hudson, qui avait autrefois le privilége exelusif de

la traite. Son mungasin, rempli d'effets, de vêtements et de provisions, qu'il troque contre des peaux, est une espèce de hatte noire, à moitié ensevelie, dont on ne voit guère que le toit hors de terre, et, dans Le pignon, une porte solidement cadenassée.

C'est dans ce “ réduit obscur et ténébreux;” que le père Piché a gagné laborieusement une honnête fortune, qui lui a permis de s’entourer de tout le luxe que comporte un séjour loin des hoummes ev des

eommodités les plus délicates de la vie. Ces commodités, il a réussi, cependant, À s'en assurer un assez bon nombre, par la enlture de la terre et aussi grâce aux talents domestiques de sa femme et de ses filles. À ces dernières est dévolu le soin du jardin spacieux qui s'éteud en arrière de la maison, et qui renferme une variété surprenante de légumes, de fruits, de plantes et de fleurs. Nous y avons vu, uu peu après la mi-juillet, des melons à la veille de mûrir, des citrouilles en abondance, plusieurs variétés de fèves, des oignons, des pruniers sauvages, des groseilliers d'une très belle venue, des corisiers à grappes, des pommiers, des rosiers roses, des pavots, des pensées, des lis de Pensylvanie, et enfin, sans que nous voulions faire ici une énumération qui aurait l'air d'une nomenclature fastueuse, de vigoureux plants de maïs, des tomates, et jusqu'à des melons-citronelles, fruits qui mürissent difficilement même sous des latitudes plus favorables que celle du haut Outaouais.

Au delà du jardin, on peut voir un beau champ de pommes de terre, et tout près, broutant l'herbe des enclos, les seules bêtes à csrnes qu'il y ait encore

dans toute la partie supérieure du Témiscamingue. Quelle admirable terre à pâturages, pourlant, que cette région si bien arrosée, si bien découpée, et comme il faudra peu de temps aux colons qui com

menceut seulement à pénétrer dans le canton Guigues, pour découvrir les sources de profits qu'ils pourront tirer de l'élevage des bestiaux et des industries variées qui en découlent !

Aujourd'hui, ce n'est pas seulement le bétail qui inanque dans cette partie de la province, mais aussi les colons eux-mêmes, lesquels sy jetteraient par centaines, si on leur donnait des chemins. A l'heure actuelle, à peine l'arpentage même du canton est-il complété. T1 est difhcile de comprendre avec quelle lenteur traditionnelle on procède là, comme ailleurs, à cette opération indispensable qui doit précéder les défrichements, opération sans laquelle ils sont im possibles, sans laquelle, du moins, les colons sont

exposés à toutes sortes de déboires, de troubles dans leur possession, de conflits inattendus et décourageants.

Le gouvernement d'Onturio a fait arpenter, l'année dernière, huit cantons à la fois dans le haut Témiscamingue, avant même qu'il y eût un seul défrichement effectué, mais uniquement dans la prévision que les défrichements ne tarderaient pas À suivre les arpentages. Pour nous, fidèles aux habitudes routi-

nières et processives qui ont été de tout temps le caractère distinctif de nos opérations, nous lai-sons a colonisation se faire au hasard ;et faute de mesures préliminaires qui, dans bien des cas, peuvent devenir des mesures préventives, nous laissons les difficultés se préparer tranquillement sous uos yenx et s’entasser jusqu'au jour où elles deviendront irrémédiables où insolubles

Faute de chemins, les quelques colons établis au jourd'hui dans l'intérieur du canton Guigues, sont obligés de payer de quatre à ing dollars pour faire transporter à dos d'homme un baril de farine dusqu'à leurs lots respectifs. Comment veut-on que la colonisation progresse dans des conditions sem-

blables? Combien sont justes les reproches d'imprévoyance et d'inertie qu'on a adressés, de temps à

autre, aux administrations antérieures à celle d'aujourd'hui !

Quelques milles plus bas que la pointe Piché, À peu près à lu ligue d'intersection des cantons Guigues et Duhamel, le bateau arrête à un endroit connu sous le nom de “ Mine d'argent de Wright.”

Quoique cette dénomination date d’une époque toute récente, la mine était déjà conne depuis fort lougtemps. Avant la Conquête, des géographes et des géomètres français avaient pénétré presque partout jusqu'aux dernières linites du vaste territoire connn

174 L'OUTAOUAIS SUPÉIIEUR

sous le nom de “ Nouvelle-France.” Ainsi, dès 1733, Normandin, arpenteur français, s'était rendu à deux cents milles au nord-ouest du la Saint-Jean, plus loin qu'aueun arpenteur moderne ne l'a fuit encore, et avait dressé de toute cette région la carte la plus fidèle et la plus détaillée que l'on possèd. Bien avant ui, on 1688, Jean-Baptiste- Louis Franquelin, hydrographe du roi, avait exploré l'Outaouais supérieur; it

avait reconnu le même mine qui porte aujourd'hui le

nom de Wright, et avait douné à l'endroit où elle se trouve celui d'Anse de la Mine. C'est ce que nous avons pu constater d'après un exemplaire unique, conservé à Québec, au ministère res, d’une carte dressée par lui sous ce long titre :

4 Carte de l'Amérique Sepientriovale, depuis Le 266 jusqu'en 5e degré de latitude environ:

140 et 295 de longitude,

Coutenant es pays de Camus, Nouvelle France, la Lisiane, du Floride, Virginie, Nouvelle Sutde, Nouvelle York, Nouvel Auglterre, Acadie, Isle de Terreueur erdre des Gouverneur et Jutendauts du Pays, pour le service dut

et Relations qu'il a eu sou de reewvilir, éxuelement par le même

L'OUrAOUAIS Su»ÉRIEUR 175 ordre et pendant Je méêwe temps, de tous les Voyageurs les plus entendus, qu'il a consaltez et coufroutez avee une applicacion toute particulière En l'anvée 1888, Jua-Barristi- Louis FRANQUELIS, Hydrograhe du Koÿ, À Quebec en Canale. (1)

La # mine d'argent ” estaujourd'huj la propriété de MM. Wright, Goodwin et Brophy, d'Ottawa. On l'a dit remarquablement riche ; mais, jusqu'à présent, elle n'a été que faiblement entamée, malgré différentes tentatives faites de temps à autre pour l'exploiter dans des conditions lueratives. Nous croyons

que les circonstances n'ont pas encore été assez favorables, et que les propriétaires attendent, pour ouvrir à fond le précieux gîte, que la population soit plus nombreuse dans le canton et que les communications deviennent plus fuciles.

En face de l'anse de la Mine, de l'autre côté du lac, dans la provinee d'Ontario, s'étend une des plus admirables régions agricoles du Canadn.

ralement, du eôté de la province de Québec, le littoral du lac, sur une profondeur variant de deux à

() Nous ferons remarquer ici que Franquelin emploie l'ortho. graphe originale € où dans tous les mot où l'uxage moderne, ré de l'anglais, à preuque généralement substitué le double v. Ainsi 31 érit ‘+ Outaoua,” et ou pas Ottawa, Mataouan au Tieu de Mata

van, et ainsi de suite.

trois milles, est brisé et montagneux ; les coteaux et les vallées ne commencent qu'au delà de cette barrière, qui a donné si longtemps au pays toutes les apparences de la stérilité. Mais, du côté d'Ontario, le sol est cultivable à partir de la rive. Cest 1h, croiton, que devra abontir la ligne du chemin de fer de North-Bay au Témiscamingue. La moitié supérieure de la rivière de Montréal arrse la contrée d'alentour ta servi seule jusqu'ici de chemin aux “ bourgeois de chantiers” et à leurs “engagés,” chemin lent et pénible; mais grâce au nouveau chemin de fer, on sera transporté en quelques heures sur le bord du lac, en face de la portion du pays qui sera peut-être la plus importante dans un avenir prochain.

Cette section du le gèle de bonne heure, en sorte que les colons de Guigues et de Duhamel pourront se rendre aisément, l'hiver, au chemin de fer de North- Bay, en attendant qu'ils aient le leur, à travers le comté de Pontiac; tandis qu'à Opémikan, huit milles en aval du Long-Sault, où l'on parle également de faire aboutir la ligne nouvelle, le Ine est plein de éourants ; la nvière Kippewa, débouchant violemment dans les environs, empêche la glace de s'y former assez tôt et assez solidement, et les culons, de ee côté, courraient grand risque, la plupart da temps, de ne ponvoir se rendre au chemin de fer, ce qui aurait sans doute

pour eflèt de détourner la colonisation trop largement au profit de la province d'Ontario,

Voici maintenant l'ile Brûlée, qui renferme en abondance de la pierre à chaux. Les Indiens, em ployés au travail de l'extraction par le Père Fafard, économe de la Mission des Oblats, la détachent avec le pic et la cuisent sur place. La chaux eît ensuite vendue aux colons et transportée sur le bateau à vapeur, la Minerve,

En ligue avec l'ile Brûlée se présentent, un peu plus bas, la Grande-lle, puis l'ile des Sœurs, et enfin la pointe au Vin, qui forme l'extrémité occidentale de la baie des Pères, centre detont le pays de Témiscamingue, future ville et poste assez important pour avoir déjà conquis une véritable célébrité.

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