‹ L'Outaouais supérieur (volume 2)Chapitre 21 sur 51 · EUR · texte numérisé non relu

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cette province, À Kingston, an pied du lac Ontario. Puis ils revenaient & Montréal par le Saint-Laurent, n'ayant plus qu'à descendre le fleuve, et leur léger tirant d'eau leur permettant de sauter les rapides en toute sûreté.

Le parachèvement des canaux du Saint-Laurent, en 1846, devait rendre presque inutile la route du canal Rideau ; elle a perdu avec le temps, en grande partie, son importance, et ne sert plus guère à l'heure présenté que de voie de communication entre les districts riverains.

Le la Nipissing, qui s'étend de l'est à l'ouest, entre le 46e et le 47e degrés de latitude nord, et par 80° de longitude ouest, est situé sur le versant occidental de la ligne de faite, et appartient par couséquent au système des eaux qui se déversent dans le le Huron.

L'extrême longueur du lac Nipissing, d'une forme irrégulière, atteint trente milles, de l'est à l'ouest, et sa largeur extrême, du nord au sud, est d'environ vingt milles. On peut évaluer sa superficie à six cents milles carrés, en chifires ronds. Sa hauteur est de six cent trente-deux pieds au-dessus du niveau de la mer.

182 L'OUTAOUAIS SUPÉKIRUI

La rive septentrionale du lac consiste en rochers granitiques de peu d'élévation ; mais sur la rive sud, les rochers primitifs se dressent hurdinrent au-dessus de l'ean, qui atteint parfois jusqu'à trente brasses de profondeur, et, généralement, au moins trois brasses le long des bords.

La décharge du ing se fait par la célèbre rivière des Français, laquelle porte le tribus de ses eaux au lae Huron, après une succession de cascades. Ces cascades réunies opèrent une descente de soixante pieds environ. La première s'appelle la Chandière ; puis viennent, dans l'ordre suivant, le rapide des Pins, celui des Grands-Récollets et celui des Petites- Dalles.

La rivière des Français se verse dans le lc Huron par une multitude de chenaux différents, que forment des groupes nombreux de petites Îles. La rivière elle-même, quoique s'évasant parfois en un large bassin, est divisée en deux chenaux principaux sur la plus grande partie de son cours.

On peut, à proprement parler, dire que la rivière

des Français est plutôt une suite de Ines qu'un cours d'eau continu. Entre les différents rapides, la profondeur de l'eau est relativement très grande; lex intervalles de uappes liquides sont semés d'ilots,

revêtus à profusion de cbdres et de sapins, et présentant toutes les formes possibles de la beanté pittoresque ; pendant que, ch et 1à, de larges baies découpent le rivage jusqu'à des profondeurs telles, que de grandes flottes pourraient y trouver un mouillage, sans qu'on pôt les apercevoir à travers l'infini labyrinthe des iles. En dehors des baies, le cours proprement dit de la rivière ressemble plutôt à une passe étroite, n'ayant pas plus de deux à trois cents pieis de largeur, et encuissée entre des falaises gigantesques de granit, sans rives,

Chaque fois que l'on pénètre dans un bassin nouveau, il semble que les iles deviennent de plus en plus nombreuses, les baies de plus en plus variées, Ce spectacle est d'une beauté magique telle, les défilé les bassius et les baies offrent une multiplicité d'aspects si inattendue, si saisissante, qu'on croit avoir devant les yeux nn décor féerique à chaque instant renouvelé, et la pensée se reporte naturellement au panorama des Mille-Tles du Saint-Laurent. Celui reste néanmoins, comme magnificence et comme enchantement, bien au-dessous de celui qu'offre, dan: ses lointaines et obscures retraites, l'admirable, poétique et solitaire rivière des Français.

Depuis la construction du chemin de fer du Pacifque,la partie de le province d'Ontario qui porte le nom de district de Nipissing, sise au nord-est des districts de Parry-Sound et de Muskoka et au nord de la baie Georgienne, entre les 79° et 81° degrés de longitude, a été rapidement divisée en cantons, dont quelques-vns ont déjà acquis un développement marqué. Citons, entre autres, les deux cantons de Ferris et de Bon. field, qui abontissent, celui-ci au lac Talon, celui-là

lac à la Truite, en longeant la côte orientale du lac Nipissing. Ces deux cantons sont traversés par le lac Nasbonsing, à l'extrémité duquel se trouve la station de Callendar, village improvisé dont l'année 1884 vit bâtir les premières log-houses.

Le canton Bonfeld doit son nom à un riche commerçant de bois qui possédait de grandes concessions de coupes dans le district de Nipissing. Le 4 avril 1886, ce canton fut érigé en paroisse, sous le vocable de Sainte-Philomène, par Mgr Lorrain, vicaire apostolique de Pontine, et constitué en municipalité le mois d'octobre suivant,

Déjà l'on y compte près de deux cents familles franco-canadiennes et sept ou huit familles irlandaises; les familles anglaises, protestantes, y sont au nombre d'une trentaine.

Ce sont des Canadieus-Français qui dirigent les affaires municipales, de même que celles des trois écoles catholiques établies dans le canton, Ils ont bâti une église au pied du lac Nasbonsing, à vingt arpents de la station de Calendar, ét une trentaine de maisons, entre ce point et le Inc. Eglise et maisons ne sont ni élégantes, ni coûteuses, ni même bien solides ; mais leur érection n'en offre pas moins un indice des progrès rapides de l'élément franco-canadien dans ces parages reculés. Et ce qui

démontre encore davautage jusqu'à quel point ces progrès s’accentuent de jour en jour, 'est qu'il est question de démembrer le divcèse de Toronto et de créer un vicariat apostolique au Sault-Sainte-Marie.

Une distance de treize milles à peine sépare de Bouñeld le canton Mattawan. Un chemin qui se construit actuellement les mettra en communication directe avant la fin de la présente année. Bonfield est à vingetrois milles tout au plus de North-Bay, endroit d'avenir, déjà très animé, qui se trouve sur le parcours de la ligne du Pacifique, au nord du lac Nipissing.

Il restait encore, au commencement de 1888, une

centaine de lots à prendre dans la paroisse de Saiute- Philomène, Pour entrer en possession, les colons a'ont presque rien à débonrser, les terres étant données gratuitement, dans Ontario, par le gouvernement, Un père de famille peut prendre deux lots ; un jeune homme de plus de dix-huit ans pent en prendre un. Pour faire inserire une concession de lots au bureau de l'agent des terres, un colon n'a d'autres formalités à remplir que de se présenter avec deux témoins qui déclarent sous serment que les lots ne sont pas oceupés… Puis il paie un dollar et demi et devient propriétaite des lots qu'il a retenus, à la seule condition de se bâtir une maison, de faire de la terre et de payer les taxes municipales. Cinq ans après la formalité de l'inscription, le colon reçoit son titre de propriété.

Les lots pris dès l'établissement du canton ne sont encore qu'imparfaitement défrichés, cela se conçoit.… Cependant, eux d'entre eux, d'une contenance de cent soixante acres, qui ont environ quarante acres en culture et qui cecupent une localité favorable, ne valent as moi à dix-huit cents dollars ; et, dans einq ans d'ici, ils en vaudront assurémeut quatre mille, pour peu que les colons mettent de diligence et d'intelligence

eue

qui

à les améliorer

Les cantons que traverse le chemin du Puc

entre Pembroke et North-Bay, offrent tous, au pre-

JEUR 187

ier aspect, de même que la rive de l'Outaouais, e presque uniforme d'escarpements plus où moins monstrueux, derrière lesquels se déyloie un pays plat dont on serait loin de soupçonner Ja fertilité, Ce pays est propre à la culture de toutes les espèces de produits que l'on récolte dans la pro vince de Québec.

une longue a

Le olinnat est très favorable

Ja santé ainsi qu'à l'agrie

galéure, dit un missimnaire de Bonfcld. La neige arrive vers lu

minovembre et avec le froid, « environs de Quélce. Jam

au dire de eux qui ÿ sout établis depuis six et septaus, jamais de

pas anse terrible que daus es

lus de trois pouces de ci

tempêtes qui aient duré un jour

Dès le quinze avril, le neige et le glace ne sout plus qu'au sou

‘de coummencer de boune heure Les tr

venir, un sorte qu'il et aisé vaux des chauaps L'eté est chaud, mais ee n'eut pus une chaleur aceablante ; cela st sans doute dau voisinage des foréts et de nombreux lacs dé ate grandeur, dont l'eux toujours froide est excellente à boire, L'automne, depuis deux as, à eté bien beau.

Les gelées n'ont aueuneut

€ fait dommage aux grains seués en

aps raisannbe Je print

été boues non seulement sous le rapport de la qualité, mais aussi de le quantité dn grain. Le mil et le trèfle donnent ban rappore.

Partout le sol repose sur un fond d'argile eum- ; les gens de l'endroit le désignent, selon son

aimant, sous les noms de “terre jaune, tonjours fraîche et facile à travailler; de “terre

jaune légère,” et de “terre grise.” Celle-ci comprend ce qu'on appelle les “ prairies de castors,” pièces de terre déboïsées, jadis submergées jar les écluses des castors et anjourd’hui couvertes de foin.

On rencontre de ces prairies un peu partout ; elles sont pour la plupart faciles à égoutter et à semer de mil (féole des prés)

Les enstors étaient antrefois très nombreux dans tout le district du Nipissing. On peut même faire remonter à plusieurs siècles leurs ingénieuses constructions aquatiques. Ces intelligents et diligents animaux élevaient des barrages sur les ruisseaux et les petites rivières, et inondaient ainsi de grandes étendues cle forêts, les transformant en lagune

desquelles ils établissaient leurs colonies ét coustraisaïent leurs demeures à deubile étage. L'ean, reudue Stagnante, ne tardait pas À pourrir les mcines des arbres; l'un après l'autre, lentement mais sans relâche,

pendant de longues périodes de teps, ceux-ci tow-

Vuient, s'entassaient dans la lagune et la saturaient de leur matière en décomposition, qui, à son tour, s'enfonçait nuit üine épaisse couche inférieure de terre végé Avec le temps, les barrages des castors étaient brisés et empurtés par les inondations ; la pétite rivière repremait son conrs primitif dans un lit étroit, et tout l'espace environnant était bientôt

convert d'un brilliant tapis de verdure et de fleurs sauvages, champ de pâturage favori des élans, des cerfs et des chevrenils, en attendant qu'il devint plus tard un riche champ de fourrage pour le bétail du colon.

On ne saurait se figurer les terribles ravages aecomplis par le feu sur tonte la smmface de cette région. Des centaines de milles y ont passé ; l'œil

vergoit souvent, jusqu'aux horisons les plus lointains, que d'immenses étendues absolument dévastées. Les arbres, dépouillés de leurs branches, noircis, mais restés debout, pourrissent lentement dans une atmosphère éclatante et répandent un masque d'horreur sur la nature agonisant à leurs pieds. Cette forêt décharnée, grelottante, qui plonge daus ses propres cendres ses racines encore vivaces, semble crépiter ét craquer encore comme si l'ardente flamme, réfagiée dans ses trones, la dévorait mystérieusement. On dirait de loin une armée confuse de squelettes, restés debout dans la mort et brandissant toute espèce de tronçons d'armes et des hampes

eaux déchiquetés.

C'est au nord du district de Nipissing que se trouve le lac Tamacamingue, autre magnifique nappe d'eau d'une étonnante limpidité, pleine d'îles et bordée de rivages qui offrent une étrange physionomie, avec

leurs montagnes à demi sorties de terre et leurs forêts à demi renaissantes sous leurs cendres.

Ce Inc a deux débonchés, l'un au snd, par la rivière Esturgeon, qui va au lae Nipissing; l'autre au nord, par un cours d'eau qui va rejoindre la rivière de Montréal, laquelle tombe dans l'Outaouais, comme on l'a vu précédemment.

La compagnie de la baie d'Hudson y a un postés sur l'ile aux Ours, où se sont rassemblées une vingtaine de familles indiennes.

Le Tamacamingne est très poissonneux. Il se glace vers le commencement de décembre, et dégèle entièrement vers le milieu de mai.

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